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Barbara CASSIN

chargée de recherche au C.N.R.S.

Auteur de

ACHÉRON
Dans la demeure d'Hadès, aux Enfers, coule l'Achéron ; par ses sonorités plus que par une stricte étymologie, il « coule » et « roule le deuil ». Circé et Homère (Odyssée, X, 512 sqq.) y font confluer le Pyriphlégéton (le fleuve « brûlant de feu ») et le Cocyte (« gémissement ») où se déverse l'eau du Styx (le « Haineux »). C'est ce « lac… Lire la suite
AGÔN, théâtre grec
Substantif grec correspondant au verbe agô, « mener », qui désigne l'assemblée, puis le concours, en particulier sportif (Agôn personnifié — cf. Pausanias, Description de la Grèce, V, xxvi, 3 — avait sa statue à Olympie, tenant des haltères) et, plus généralement, toutes sortes de luttes et de combats. En rhétorique, le… Lire la suite
ALAIN-FOURNIER HENRI-ALBAN FOURNIER dit (1886-1914)
« Quelque chose désespérément me réclame et toutes les routes de la terre m'en séparent. » Alain-Fournier et Augustin Meaulnes, le héros du Grand Meaulnes (1913), se rejoignent dans cette phrase. Les analogies entre la vie de celui qui prit, en 1907, juste après la khâgne, le pseudonyme d'Alain-Fournier et son roman sont manifestes : La C… Lire la suite
ALCMÉON DE CROTONE (~520 env.-env. ~450)
Philosophe grec né en Grande-Grèce, à Crotone, où il a pu suivre les leçons de Pythagore (Diogène Laërce, VIII, 83). Il écrit, comme presque tous les penseurs de son époque, un traité Sur la nature. La tradition reconstruit avec les six brefs fragments conservés et divers témoignages, dont ceux de Théophraste (De sensibus, 25 sq.… Lire la suite
ARISTOXÈNE DE TARENTE (~IVe s.)
Aristoxène le Musicien, né à Tarente entre ~ 356 et ~ 352, élève d'Aristote et ami de Dicéarque, a participé aux grands travaux historiques et scientifiques du Lycée sous le scolarquat de Théophraste, en écrivant — sur la musique, son histoire, son enseignement, ses instruments, ses principes — des ouvrages qui eurent une influence considérable. P… Lire la suite
COPULE, logique
Du latin copula (cum apio, « attacher avec, ensemble ») : « lien », puis « lien charnel », copule désigne dans nos langues indo-européennes le verbe « être » dans sa fonction de prédication, c'est-à-dire de lien entre un sujet et un attribut, ou prédicat, au sein d'une proposition. Cette fonction copulative ne s'étend pas seuleme… Lire la suite
CREVEL RENÉ (1900-1935)
« Je sais à quoi m'en tenir et que je suis affligé non du classique complexe d'Œdipe, mais du simplexe anti-Œdipe [...]. Malheur à l'homme qui n'a pas voulu coucher avec sa mère ! » (Êtes-vous fous ? 1929). René Crevel a quatorze ans lorsque son père, imprimeur de musique, se pend, et « ce suicide, écrit Crevel, pour ma formation et ma dé… Lire la suite
DIOGÈNE LE CYNIQUE (~413-~327)
Diogène de Sinope, du nom de sa ville natale sur la mer Noire, est plus connu sous le sobriquet de Chien (Aristote, Rhétorique, 1411 a 24), qui le désigne comme fondateur de la secte cynique. Il mourut à Corinthe, qui lui consacra une colonne surmontée d'un chien, tandis que ses concitoyens lui élevaient une statue. Sa vie est un tissu d'… Lire la suite
DISCOURS
Le terme de discours (du latin discurrere, « courir çà et là ») n'est pas à l'origine directement lié au langage. Quand, dès la fin de la latinité (cf. Codex Theodosianus, IX, xxiv, 1), discursus prend le sens de discours, c'est d'abord comme chemin hasardeux de la conversation et de l'entretien, avant de renvoy… Lire la suite
DITHYRAMBE
Genre lyrique consacré à Dionysos et, comme tel, caractéristique de tout un aspect du monde hellénique. Le mot est d'origine incertaine, probablement non grecque, comme en témoignerait la légende rapportée notamment par Hérodote : Arion de Méthymne (fin ~ viie s.), transporté par un dauphin au cap Ténare, en Grande-Grèce, aurai… Lire la suite
DODONE
Sur la croupe du mont Tomaros, en Épire, Dodone, « la venteuse », est le plus ancien et le plus célèbre oracle de Zeus. Y pousse un bois de chênes, et Zeus y répond aux mortels, « prodige incroyable », par ces « chênes parlants » (Eschyle, Prométhée, v. 832) ou par l'un d'entre eux, « le divin chêne haut feuillu » que consulte Ulysse (Hom… Lire la suite
ÉLOQUENCE
L'éloquence est ce qui fait un discours ou un orateur persuasifs. Elle a partie liée avec la rhétorique, qui enseigne l'art de persuader, qu'on la considère, ainsi que le fait Quintilien, comme le résultat de règles purement formelles ou, selon Cicéron, comme « don naturel » de l'homme cultivé : « Ce n'est pas l'éloquence qui est née de la rhétori… Lire la suite
ÉPITHALAME
« Ô hymen ! Ô hyménée ! » scandait dans l'ancienne Grèce la marche des époux vers la demeure du mari ; ce cri devint le refrain de l'épithalame (du grec épi, « sous, près de », et thalamos, « chambre », en particulier « chambre nuptiale, lit »), ou poème, et, après Stésichore, chant choral en l'honneur des nouveaux mariés. Le psa… Lire la suite
GORGIAS (~483 env.-env. ~374)
Né en Sicile, dans la colonie chalcidienne de Léontinum, Gorgias est avec son contemporain Protagoras le plus ancien et le plus fameux de tous les sophistes. Diogène Laërce (VIII, 58-59) en fait le disciple d'Empédocle. Ses concitoyens l'envoyèrent en ambassade à Athènes en 427 pour demander de l'aide contre les Syracusains, et son talent de rhéte… Lire la suite
HÉCATE
Astérie, « l'Étoilée », fille du Titan Coios et de sa sœur Phoibé « la Brillante », unie à Persès, eut une fille unique, Hécate, unique en effet par la nature et l'étendue de son pouvoir : « Car, de tous ceux qui sont nés de la Terre et du Ciel et qui ont obtenu leur part d'honneur, d'eux tous elle a le lot » (Hésiode, Théogonie, 420 sqq.… Lire la suite
HÉLÈNE DE TROIE
« Le blâme ne peut rétribuer Troyens et Achéens aux bonnes jambières de souffrir de si longs maux autour d'une telle femme : elle ressemble trop terriblement aux déesses immortelles », murmurent les Troyens en voyant Hélène aux bras blancs s'avancer sur leurs remparts (Homère, L'Iliade, III). Hélène, née d'un œuf comme Castor, Pollux et C… Lire la suite
HÉRACLIDE DU PONT (~388-~315)
L'un des philosophes éminents de l'Académie, né à Héraclée, dans le royaume du Pont. Platon confia à Héraclide la direction de l'École lors de son dernier voyage en Sicile, et il faillit succéder à son maître Speusippe comme scholarque. De la profusion de ses œuvres il ne reste que les titres, qui témoignent de la diversité des sujets traités (géo… Lire la suite
HYMNE
Sans doute dérivé de la racine uph (« tisser »), le mot « hymne » peut désigner toute sorte de chant, avec la même extension qu'« ode » (tout ce que « chante » l'« aède »). Cependant, Platon, définissant les lois jadis respectées de la musique, caractérise les « hymnes » en les différenciant des « thrènes », des « péans », des « dithyramb… Lire la suite
KRONOS ou CRONOS
Kronos, fils de Terre et de Ciel, appartient à la deuxième génération divine : « Puis vint le plus jeune d'entre [les Titans], Kronos aux pensers courbes, le plus terrible des enfants ; et il prit en haine son géniteur florissant » (Hésiode, Théogonie). La légende de Kronos est d'abord placée sous le signe de la haine et de son redoubleme… Lire la suite
LEUCIPPE (~Ve s.)
Abdère, Milet, Élée... se disputent la gloire d'être le lieu de naissance de Leucippe. Il fut le disciple de Parménide, de Mélissus, de Zénon, de Pythagore. Aristote parle presque toujours de « Leucippe et Démocrite » ; Nietzsche appelle le maître et son célèbre disciple « deux doubles ». Pour Épicure enfin, il n'y eut pas de philosophe nommé Leuc… Lire la suite
MÉLISSUS ou MÉLISSOS (~Ve s.)
Philosophe grec né à Samos, en Ionie. Mélissos commande la flotte saméenne lorsqu'elle l'emporte sur la flotte athénienne en ~ 442. Disciple de Parménide (Diogène Laërce, IX, 24), il s'est attaché comme Zénon, mais sans utiliser sa méthode paradoxale de réfutation, à défendre les thèses éléates contre les partisans d'une pluralité d'étants en mouv… Lire la suite
MUSES LES
« Par les Muses héliconiennes commençons le chant » : le début de la Théogonie d'Hésiode est le plus riche « document » sur les Muses et sur leur rapport au poète. Parfois filles d'Harmonie, ou de Terre et de Ciel, la tradition hésiodique les fait naître des neuf nuits où Zeus s'unit à Mémoire qui enfanta, avec « neuf filles de même souff… Lire la suite
NONSENSE
«  A piece of nonsense », c'est en anglais courant une bêtise, une absurdité : un « non-sens » bien sûr ; et pourtant, le terme anglais a une richesse spécifique. Anglais d'abord parce que la langue anglaise en est le lieu sonore d'élection ; ainsi les « nursery rhymes  », telles « Humpty Dumpty... », chères à Mallarmé autant qu'… Lire la suite
PÉAN
Chant choral grec, généralement accompagné de lyre ou de flûte, caractérisé par le retour du cri Iô paian en refrain. Il est dédié par excellence à Apollon, le dieu guérisseur, dont péan est aussi l'épithète (cf. Péan, le nom du médecin d'entre les dieux, dans l'Iliade). Un péan demande la délivrance d'un mal : ainsi les Achéens… Lire la suite
PINDARIQUE ODE
Nous sont parvenus quatre des dix-sept livres de poèmes pindariques recensés par Aristophane de Byzance : les Olympiques, les Pythiques, les Isthmiques, et les Néméennes, toutes « épinicies », ou odes triomphales, mais nous manquent presque toujours les indications du lyrisme choral ; parfois on ne sait établir… Lire la suite
PRODICOS (entre ~470 et ~460-apr. ~399)
Sophiste ionien originaire de Julis, dans l'île de Céos, Prodicos est surtout connu par les dialogues de Platon. Socrate, le louant et le ridiculisant à la fois, dépeint Prodicos comme un frileux Tantale dont, tout omniscient, ou omnisage, et divin qu'il soit, la voix de basse produit un bourdonnement qui rend ses paroles indistinctes (ProtagoLire la suite
PROSOPOPÉE, rhétorique
Terme qui désigne l'un des procédés de la rhétorique, et que recense déjà Philodème le Philosophe dans son traité Sur les poèmes. Le terme est forgé sur prosôpon, « ce qui se tourne vers, se présente à (pros) la vue (ôps) », donc la face, le front, le visage, puis la personne, et même le masque, et sur poieïLire la suite
RÉFÉRENT
Le référent est l'élément extérieur à quoi quelque chose peut être rapporté, référé. La linguistique saussurienne, pour qui « le signe linguistique unit, non une chose et un nom, mais un concept et une image acoustique » (Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale), oblige à distinguer entre la fonction référentielle, ou dénota… Lire la suite
SÉNAC JEAN (1926-1973)
« La poésie ne peut avoir de répit ni se limiter à ses circonstances » (Jean Sénac, Avant-corps). Pour Sénac, d'essentielles circonstances lient la poésie à l'amour — « ... l'humble déraison d'ajuster à l'orgasme / le souffle même des mots  » (« Premier poème iliaque », Avant-corps) —, en même temps qu'à la lutte politiq… Lire la suite
SOPHISTIQUE
La sophistique est d'abord ce mouvement de pensée qui, à l'aube présocratique de la philosophie, séduisit et scandalisa la Grèce entière. Hegel qualifie les premiers sophistes, dans l'Athènes de Périclès, de « maîtres de la Grèce » : au lieu de méditer sur l'être comme les Éléates, ou sur la nature comme les physiciens d'Ionie, ils choisissent d'ê… Lire la suite
THÉÉTÈTE (~415 env.-env. ~369)
Mathématicien grec, élève de Théodore de Cyrène. Le dialogue de Platon qui porte le nom de Théétète permet de situer approximativement sa naissance en ~ 415 et sa mort (à la suite d'une blessure de guerre et d'une dysenterie) vers ~ 369. Théodore le présente à Socrate comme un élève d'une nature exceptionnelle, à l'esprit à la fois aigu et pondéré… Lire la suite
THÉODORE DE CYRÈNE (fin ~Ve-déb. ~IVe s.)
Mathématicien grec, qui enseignait à Cyrène (on ne doit pas le confondre avec Théodore l'Athée, dit aussi Théodore de Cyrène). D'après Diogène Laërce (III, vi), Théodore de Cyrène aurait connu et même instruit Platon, lors de son passage dans cette ville. Platon fait d'ailleurs de lui un des personnages de la trilogie du ThéétèteLire la suite
THÉODORE L'ATHÉE, dit LE DIVIN (fin ~IVe-déb. ~IIIe s.)
Théodore l'Athée, dit aussi Théodore de Cyrène (à ne pas confondre avec un autre Théodore de Cyrène, mathématicien du siècle précédent, dont Platon suivit les leçons), aurait succédé à Aristippe le Jeune à la tête de l'école de Cyrène fondée par Aristippe l'Ancien, ou du moins d'une partie de cette école, puisque Diogène Laërce parle de théodorien… Lire la suite
THÉTIS
Fille du sage Nérée, lui-même fils de Flot et de Doris, la fille d'Océan, Thétis aux pieds d'argent est une déesse marine. Élevée par Héra, elle refuse l'amour de Zeus, à moins que l'oracle de Thémis — dont Prométhée se sert pour agir sur Zeus (cf. Euripide, Prométhée enchaîné) —, oracle selon lequel le fils qui naîtra d'elle sera plus pu… Lire la suite
TITANS LES
Les Titans sont les six fils de la Terre (Gaia) et du Ciel (Ouranos) : Océan, Coios, Crios (Bélier), Hypérion (« qui va au-dessus », Soleil ou père du Soleil), Japet et Cronos « aux pensers courbes » (Hésiode, Théogonie, I, 134 sqq.). Le dernier-né mutile son père, qui les maintenait tous au sein de leur mère ; c'est, dit Hésiode, le Ciel… Lire la suite
XÉNOPHANE DE COLOPHON (~VIe-~Ve s.)
Fondateur de l'école d'Élée et maître de Parménide, bien que d'autres sources doxographiques, par exemple Platon (Sophiste), fassent remonter l'origine de l'école plus loin encore. Les principales indications biographiques sont fournies par Xénophane lui-même, dans certains des quelque quarante fragments qu'on a conservés de lui : « Soixa… Lire la suite
ZEUS
« Père des dieux et des hommes », Zeus est à la fois, et sans doute dès l'origine, un dieu parmi les autres, avec un cycle légendaire propre, et le dieu par excellence. Hésiode, dans sa Théogonie, nous dit comment le dernier fils de Cronos échappe au dieu dévorant par la ruse de sa mère, qui lui donne une pierre dans des langes ; puis, él… Lire la suite

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