Le « Divin Parleur » Tyrtamos d'Érèse, surnommé Théophraste, étudia pendant une trentaine d'années sous la direction d'Aristote, avant de lui succéder à la tête du Lycée quand le Stagirite se retira à Chalcis dans l'île d'Eubée (~ 322). La vision d'ensemble qu'il avait de l'œuvre du maître — seul Eudème de Rhodes peut lui être comparé à cet égard — et ses qualités d'orateur attirèrent de nombreux auditeurs à l'école qui atteint alors son acmé.
Quoi qu'il en soit de son apport propre dans le Corpus Aristotelicum (cf. travaux de J. Zürcher, 1952), Théophraste semble plus annoncer la pensée de Straton, son successeur au Lycée, qu'expliciter celle d'Aristote, du moins dans les rares textes qui nous sont parvenus d'une œuvre considérable (deux cent quarante titres, selon Diogène Laërce). La forme aporétique de sa métaphysique (dont on possède neuf fragments) et surtout la nature des limitations apportées à la finalité révèlent les réticences d'un esprit positif à l'égard de la philosophie première. En logique, il paraît, de la même façon, s'être plus intéressé à la théorie des modalités qu'à la fonction métaphysique du syllogisme, et les classifications qu'il propose e […]
