MOZART WOLFGANG AMADEUS

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La musique mozartienne

Mozart n'a créé aucun langage. Sa vie durant, il ne laissa pas d'être à l'affût de tous les idiomes dont il pouvait prendre connaissance, et, quand il les adoptait, loin d'en rester au formalisme des procédés, il les recréait de l'intérieur. Mozart n'a été le maître d'aucun langage : il a été maître de tous ses langages, jusqu'à les parler comme autant de langues maternelles, et c'est là la vraie maîtrise.

Et pourtant, il leur imprime la marque « mozartienne » qui les dépouille de tout particularisme national ou culturel. On ne peut cependant pas, à son propos, parler d'originalité : il n'a pas marqué son œuvre du cachet de ce qu'on nomme la personnalité de l'artiste, ainsi que firent un Beethoven ou un Wagner. Il n'y a pas de style mozartien ; il n'y a pas, même dans ses opéras, de « monde », de climat mozartien. Et pourtant, sa musique a quelque chose d'unique, qui se décèle dès l'audition de quelques mesures, quelque chose d'insaisissable.

Et cela est constant en dépit de la versalité des ethos, lesquels changent, souvent, d'un moment à l'autre. Innombrables, en effet, sont les aspects opposites de cette œuvre protéiforme : légèreté badine et gravité pathétique, galanterie salonnière et romantisme farouche, distinction aristocratique et bonhomie (Gemütlichkeit), voire truculence populaire, tendresse alanguie ou rêveuse et âpreté, violence virant parfois à l'atroce. Musique si facile d'accès et en même temps si savante, avec des structures accessibles aux seuls connaisseurs. Faut-il privilégier tel ou tel de ces aspects pour y voir le vrai Mozart ? Et de quel droit ? Comme, longtemps, on avait insisté sur la grâce et la légèreté, on a, par réaction, souligné les aspects graves et tragiques. Mais, à suivre la ligne d'évolution de sa création musicale, on voit combien il est simpliste de dire qu'il ait tendu de la galanterie de cour à la « grande » musique : les œuvres de la dernière année récapitulent tous ses styles et rejoignent – question de métier mise à part – celles de l'enfance. Une chose, par contre, est patente : c'est que le marasme [...]

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Léopold Mozart et ses enfants, Wolfgang Amadeus et Maria Anna, Carmontelle

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Jean-Victor HOCQUARD, « MOZART WOLFGANG AMADEUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wolfgang-amadeus-mozart/