BADURA-SKODA PAUL (1927-2019)

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Issu d’une famille d’ascendance hongroise et morave, Paul Badura-Skoda naît à Vienne le 6 octobre 1927. Il étudie le piano et la direction d’orchestre au conservatoire de la capitale autrichienne sous la férule de Martha Wiesenthal, Viola Thern et Otto Schulhof. Il y obtient en 1948 les plus hautes distinctions dans ces deux disciplines. La même année, il remporte le deuxième prix du concours international de piano Béla Bartók de Budapest, devant un jury présidé par Zoltán Kodály. En 1949, il se classe troisième au concours international Marguerite Long-Jacques Thibaud. Depuis plusieurs années, il se perfectionnait également à Lucerne auprès d’Edwin Fischer, dont il était devenu l’assistant. Dès 1949, il est invité par Wilhelm Furtwängler et Herbert von Karajan. L’éclatant succès qu’il remporte en 1950 au festival de Salzbourg, en remplaçant au pied levé Edwin Fischer, lance sa carrière. Au cours de trois grandes tournées internationales, il s’affirme comme un remarquable soliste mais aussi comme un solide chef d’orchestre à la tête de l’Orchestre symphonique de Vienne, en formation de chambre, qu’il dirige du clavier.

En compagnie de Jörg Demus (1928-2019), Paul Badura-Skoda se passionne pour les instruments anciens, leur répertoire et le style d’interprétation qu’ils exigent. Il prône le retour aux manuscrits d’origine, supervise de nombreuses éditions critiques et se bat sans relâche pour imposer le retour des pianos-forte, dont il possède une impressionnante collection. Il publie plusieurs ouvrages : L’Art de jouer Mozart au piano (avec son épouse la musicologue Eva Badura-Skoda, 1962), Les Sonates pour piano de Beethoven (avec Jörg Demus, 1970), L’Art de jouer Bach au clavier (1988) et Être musicien (2007). Au disque comme au concert, il s’exprime dans un vaste répertoire qui s’étend de Bach à Britten, Hindemith et Milhaud. De Franck Martin, il crée le Deuxième concerto pour piano (créé en 1970) et la Fantaisie sur des rythmes flamenco, partition dont il est dédicataire (1973). Très vite cependant, il se concentre sur la musique viennoise. Aussi à l’aise sur un Bösendorfer impérial de 1923 que sur un piano-forte Kirkman de 1780, il enregistre successivement, sur pianos modernes puis sur instruments historiques, l’intégrale des sonates pour clavier de Mozart, Beethoven et Schubert. Une importante discographie garde la trace de ses rencontres avec de prestigieux chefs d’orchestre : Hans Knappertsbusch, Hermann Scherchen, George Szell, Josef Krips, Adrian Boult ou Carl Schuricht. En musique de chambre, il s’associe avec David Oïstrakh, Wolfgang Schneiderhan, Anner Bylsma, Elisabeth Söderström et, bien entendu, pour les œuvres à 4 mains ou 2 pianos, avec son complice de toujours Jörg Demus. Il forme avec le violoniste Jean Fournier – frère cadet du violoncelliste Pierre Fournier – et Antonio Janigro (violoncelle) un trio resté célèbre. L’interprète Badura-Skoda montre un scrupuleux respect du texte musical, un sens aigu de l’architecture, un jeu à la fois imaginatif et précis, une articulation exemplaire et un toucher subtil. Il complète certaines pages inachevées de Mozart et Schubert et compose des cadences pour les concertos pour piano de Mozart. Il nous laisse quelques partitions personnelles : une Messe en ré majeur pour chœur et orgue (1948), une Élégie pour piano (1982) et une Sonate romantique pour flûte et piano (1984). Pédagogue recherché, il enseigne à Essen (Allemagne), à l’université du Wisconsin (États-Unis) et donne de nombreux cours dans toute l’Europe. En 2014 paraît un livre d’entretiens avec Antonin Scherrer, Paul Badura-Skoda, dans l’intimité des maîtres.

Paul Badura-Skoda meurt à Vienne le 25 septembre 2019.

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Pierre BRETON, « BADURA-SKODA PAUL (1927-2019) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/badura-skoda/