VIRUS NEUROTROPES

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Pathologies du système nerveux central associées aux virus neurotropes

Lorsque les virus ont atteint une cible dans le système nerveux, le tropisme viral (c’est-à-dire les organes et le type cellulaire préférentiellement infectés), la mortalité cellulaire et la réponse immunitaire associée à la présence du virus se combinent pour façonner « une » maladie.

Localisation des principales cibles cérébrales des virus neurotropes

Dessin : Localisation des principales cibles cérébrales des virus neurotropes

Dans la plupart des cas, les virus neurotropes ne s'attaquent directement ou indirectement qu'à un nombre limité de cibles, ce qui explique la diversité des symptômes qu'ils provoquent. Ainsi, une atteinte virale des méninges provoque une méningite. D'autres s'attaquant à la moelle... 

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Mécanismes de la pathogenèse

L’induction de l’apoptose (mort cellulaire programmée) de cellules neuronales par certains virus est l'une des principales causes de neurodégénérescence. C’est le cas par exemple du poliovirus qui induit une destruction majeure des neurones moteurs de la corne ventrale de la moelle épinière. Mais le mécanisme majeur des maladies du système nerveux consiste en l’activation d’une réponse inflammatoire incontrôlée qui survient principalement au stade aigu de l'invasion du système nerveux central. En effet, si les réponses inflammatoires ont pour rôle initial de contrôler, voire d’inhiber la réplication virale, elles peuvent s’avérer délétères pour l’organisme lorsqu’elles sont excessives. Les cellules cérébrales – y compris les macrophages et la microglie résidents, les cellules endothéliales, les neurones et la glie (astrocytes et oligodendrocytes) – expriment des molécules immunitaires et pro-inflammatoires (cytokines) qui induisent le recrutement de leucocytes dans les compartiments infectés du système central. Cette capacité favorise l'élimination des pathogènes par le biais d’une réaction inflammatoire. Mais cette dernière peut prendre une telle intensité qu’on l’appelle parfois « orage de cytokines » ou encore « tempête cytokinique », en raison de la production massive et incontrôlée de cytokines pro-inflammatoires et anti-inflammatoires, potentiellement dévastatrice pour le tissu nerveux environnant.

Les infections virales du système nerveux central peuvent être classées en fonction du site anatomique de l'inflammation du parenchyme neuronal : méningite pour une infection des méninges ; encéphalite lorsqu’elle touche le cerveau ; myélite pour la moelle épinière. Quand une combinaison de régions est affectée, les termes « méningo-encéphalite », « encéphalomyélite » ou « méningo-encéphalomyélite » sont utilisés. Les maladies neuro-infectieuses sont associées à des changements aigus des fonctions mentale et motrice, qui peuvent être prolongés par un dysfonctionnement neurologique et, dans certains cas, persister longtemps après la phase aiguë de l’infection voire se chroniciser.

Encéphalites virales

De nombreux virus de familles différentes peuvent être responsables d’encéphalites. Les conséquences de cette pathologie peuvent se révéler graves. Le tableau clinique de l’infection se caractérise par l’apparition de fièvre associée à des maux de tête et des déficits neurologiques cognitifs et moteurs tels que des troubles de la conscience – obnubilation (état de conscience altéré), confusion, coma – des troubles du comportement – agitation, agressivité, prostration, apathie –, mais aussi épilepsie convulsions, ataxie (manque de coordination fine des mouvements volontaires). Malgré une phase aiguë très souvent résolutive, des issues fatales sont possibles ainsi que des impacts à long terme. L’électroencéphalogramme et l’imagerie médicale (scanner, IRM) peuvent révéler des anomalies caractéristiques principalement au niveau des lobes temporaux du cerveau.

Plusieurs catégories de virus peuvent être responsables d’encéphalites. Les entérovirus (poliovirus) et les alphavirus (EEEV, WEEV, VEEV, pour Eastern, Western et Venezuelan equine encephalitis viruses) sont capables d’infecter directement les neurones moteurs du cortex cérébral en provoquant leur destruction, souvent par un mécanisme apoptotique induit par une ou plusieurs protéines virales. Les virus des encéphalites équines, frappant chevaux et humains, sont transmis par des moustiques et sévissent surtout en Amérique. Certains alphavirus peuvent également provoquer indirectement la mort neuronale par la libération de cytokines pro-inflammatoires.

Les méningites virales sont relativement rares en France. L’encéphalite herpétique y est quant à [...]

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Caractéristiques des principaux virus neurotropes

Caractéristiques des principaux virus neurotropes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Lieux de projection du système olfactif

Lieux de projection du système olfactif
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Structure fine de la barrière hémato-encéphalique

Structure fine de la barrière hémato-encéphalique
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Franchissement de la barrière hémato-encéphalique par le virus SARS-CoV-2

Franchissement de la barrière hémato-encéphalique par le virus SARS-CoV-2
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Écrit par :

  • : virologiste, maître de conférences, université de Montpellier

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Pour citer l’article

Yannick SIMONIN, « VIRUS NEUROTROPES  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/virus-neurotropes/