VIRUS NEUROTROPES

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Atteintes du système nerveux périphérique

Parmi les atteintes du système nerveux périphérique associées aux infections virales, on distingue le syndrome de Guillain-Barré ou polyradiculonévrite aiguë inflammatoire. C’est une maladie auto-immune rare qui se caractérise par une atteinte des nerfs périphériques par le système immunitaire, associée à une démyélinisation (la myéline étant la substance gainant les nerfs). Le syndrome de Guillain-Barré est le plus souvent déclenché par une infection – bactérienne ou virale par le CMV, l’EBV, le VZV ou encore les virus de la grippe. Il peut atteindre les nerfs qui contrôlent les mouvements musculaires, ainsi que ceux qui transmettent les sensations thermiques, tactiles et de douleur. Il peut ainsi entraîner une faiblesse musculaire et la perte de sensation dans les jambes et/ou les bras. Cette paralysie est dite extensive car elle débute généralement par les jambes et les bras puis s’étend au reste du corps. Les symptômes durent généralement quelques semaines et la majorité des patients se rétablissent sans présenter de complications neurologiques graves à long terme. Il existe cependant certaines formes de la maladie avec atteinte respiratoire pouvant nécessiter une hospitalisation en réanimation. Ainsi, l’épidémie de virus Zika (ZIKV), sous la forme qu’elle a revêtue principalement en Amérique latine en 2015, a été associée à des formes graves de Guillain-Barré, parfois mortelles. Ces formes sont considérées comme étant plutôt atypiques avec l’hypothèse d’une atteinte directe de la myéline par le virus et pas uniquement la conséquence d’une réaction auto-immune.

La paralysie faciale périphérique dite a frigore (ou paralysie de Bell) résulte quant à elle d’une atteinte inflammatoire du nerf facial. Elle est caractérisée par une paralysie de l'ensemble des muscles du visage, généralement unilatérale et survenant de façon brutale. Différentes virus sont associées à cette pathologie : entérovirus, virus de la grippe, virus ourlien, EBV, HSV, VZV, HIV… L'évolution est variable, mais se fait le plus souvent vers la guérison complète sans séquelles.

D’autres virus neurotropes peuvent induire des névrites optiques qui correspondent à une inflammation primaire du nerf optique associée à une démyélinisation. Le diagnostic de la névrite du nerf optique se fait notamment par l’évaluation d’une baisse aiguë de la vision chez le jeune adulte ou d’âge moyen. Lorsqu’elle est d’origine virale, elle se situe souvent dans le cadre d’une atteinte du système nerveux central. Elle peut être responsable d’une perte soudaine partielle ou complète de la vision, unilatérale ou bilatérale. Le pronostic fonctionnel est favorable, mais ces phénomènes le plus souvent réversibles peuvent aussi évoluer vers une quasi-cécité. Différents virus ont été incriminés : HSV, VZV, CMV, EBV ou encore ZIKV…

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Caractéristiques des principaux virus neurotropes

Caractéristiques des principaux virus neurotropes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Lieux de projection du système olfactif

Lieux de projection du système olfactif
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Structure fine de la barrière hémato-encéphalique

Structure fine de la barrière hémato-encéphalique
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Franchissement de la barrière hémato-encéphalique par le virus SARS-CoV-2

Franchissement de la barrière hémato-encéphalique par le virus SARS-CoV-2
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Écrit par :

  • : virologiste, maître de conférences, université de Montpellier

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Pour citer l’article

Yannick SIMONIN, « VIRUS NEUROTROPES  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/virus-neurotropes/