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GISCARD D'ESTAING VALÉRY (1926-2020)

Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, 1969 - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, 1969

Né le 2 février 1926 à Coblence, en Allemagne, dans une famille de la haute bourgeoisie d'origine auvergnate, Valéry Giscard d'Estaing fait l'École polytechnique avant d'intégrer l'École nationale d'administration (ENA) de 1949 à 1951. Il est nommé inspecteur des Finances en 1952 puis directeur adjoint au cabinet d'Edgar Faure, président du Conseil, en 1954. Membre du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), il est élu à partir de 1956 député du Puy-de-Dôme, succédant à son grand-père maternel Jacques Bardoux. Trois ans plus tard, il devient secrétaire d'État aux Finances, puis ministre des Finances et des Affaires économiques à partir de 1962 dans les gouvernements Debré et Pompidou. La même année, pour les élections législatives, il anime le nouveau groupe politique des Républicains indépendants (RI), allié à la majorité gaulliste. Libéré de ses fonctions ministérielles en décembre 1965, il s'attache dès lors à consolider son parti tout en le démarquant quelque peu de la majorité ; il ira jusqu'à faire voter « non » au référendum du 27 avril 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Le non l'emporte avec 52,41 p. 100. Le général de Gaulle, prenant acte du désaveu des Français, démissionnera le lendemain. Giscard d'Estaing n'en retrouve pas moins, en juin de la même année, après l'élection de Georges Pompidou à la présidence de la République, le portefeuille de l'Économie et des Finances qu'il conservera jusqu'en 1974.

Un destin présidentiel

Candidat à l'élection présidentielle d'avril 1974, Giscard d'Estaing fait campagne sur le thème d'une « société libérale avancée ». Il obtient au premier tour près de 33 p. 100 des voix contre 43,3 p. 100 à François Mitterrand et 14,5 p. 100 à Jacques Chaban-Delmas ; au second tour, il l'emporte avec 50,8 p. 100 des suffrages exprimés contre 49,2 p. 100 à François Mitterrand. Sa présidence s'ouvre avec un gouvernement dirigé par Jacques Chirac (1974-1976) et au sein duquel on retrouve à l'Intérieur Michel Poniatowski, qui fut longtemps secrétaire du groupe des Républicains indépendants qu'avait présidé Giscard d'Estaing.

Valéry Giscard d’Estaing - crédits : Bettmann/ Getty Images

Valéry Giscard d’Estaing

Son septennat débute sous le signe des réformes. Jean-Jacques Servan-Schreiber aura même (brièvement) le titre de ministre des Réformes dans le premier gouvernement. Ces réformes touchent plus aux mœurs qu'aux structures économiques de la société française : ainsi l'âge de la majorité est abaissé à dix-huit ans le 5 juillet 1974, l'avortement est autorisé, tout comme le divorce par consentement mutuel le 11 juillet 1975. Et elles sont parfois mieux accueillies à gauche que dans l'électorat giscardien et plus encore chiraquien. Les tensions traditionnelles dans la Ve République entre le président et son Premier ministre culminent pendant l'été de 1976. Jacques Chirac souhaite des élections anticipées pour éviter la victoire de la gauche qui se profile. Valéry Giscard d'Estaing s'y oppose et, pour la première fois, un Premier ministre de la Ve République annonce sa démission devant les caméras de télévision.

Raymond Barre - crédits : James Andanson/ Sygma/ Getty Images

Raymond Barre

La France est touchée de plein fouet par la crise économique et Valéry Giscard d'Estaing nomme Premier ministre celui qu'il considère comme le « meilleur économiste de France », Raymond Barre. Deux ans plus tard, la défaite de la gauche aux élections législatives de 1978 permet au président d'ouvrir une nouvelle phase du septennat.

Les difficultés viennent des alliés néo-gaullistes qui défient le président : aux élections municipales à Paris, en 1977, Jacques Chirac avait battu le candidat giscardien, Michel d'Ornano ; à l'élection présidentielle de 1981, Valéry Giscard d'Estaing est bien en tête au premier tour,[...]

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Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, 1969 - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, 1969

Valéry Giscard d’Estaing - crédits : Bettmann/ Getty Images

Valéry Giscard d’Estaing

Raymond Barre - crédits : James Andanson/ Sygma/ Getty Images

Raymond Barre

Autres références

  • BARRE RAYMOND (1924-2007)

    • Écrit par Éric PHÉLIPPEAU
    • 938 mots

    Homme politique français, Raymond Barre naît le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de la Réunion. La carrière universitaire le séduit dans un premier temps. Il commence en effet par obtenir son agrégation de droit et de science économique en 1950 et est nommé professeur à la faculté de...

  • BOCUSE PAUL (1926-2018)

    • Écrit par Jean-Claude RIBAUT
    • 1 432 mots
    • 1 média

    À quelques jours de son quatre-vingtième anniversaire, Paul Bocuse, qui dès 1965 avait obtenu son troisième macaron Michelin, phénomène unique dans les annales de la gastronomie française du xxe siècle, conviait ses amis et quelques-uns de ses pairs pour fêter ses « quarante ans sous trois étoiles »....

  • BOKASSA JEAN BEDEL (1921-1996)

    • Écrit par Bernard NANTET
    • 718 mots
    • 1 média

    Jean Bedel Bokassa naît en 1921 à Bobangui, dans l'ancien Oubangui-Chari, un des quatre territoires de l'Afrique-Équatoriale française qualifiée autrefois de « Cendrillon de l'empire français ». Orphelin à six ans, il est élevé par les missionnaires. En 1939, la carrière militaire s'offre...

  • CHIRAC JACQUES (1932-2019)

    • Écrit par Universalis, Christian SAUVAGE
    • 2 004 mots
    • 5 médias
    ...(1971-1972), ministre de l'Agriculture et du développement rural (1972-1974), il est, à la mort de Georges Pompidou, ministre de l'Intérieur. Il s'oppose alors à la candidature de Jacques Chaban-Delmas avec quarante-trois parlementaires gaullistes et favorisel'élection de Valéry Giscard d'Estaing.
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Voir aussi