TYPHUS

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Le terme de typhus, du grec tuphos (stupeur), est assez vague et ancien. En effet, il a été appliqué pour la première fois avec exactitude à la maladie infectieuse appelée actuellement rickettsiose à pou, par Boissier de Sauvages, au xviiie siècle. Mais il a désigné longtemps plusieurs maladies pestilentielles. En médecine humaine, en dehors des rickettsioses, le terme sert encore à désigner soit la fièvre jaune qui est une arbovirose (typhus amaril), soit certaines spirochétoses (typhus récurrent), soit enfin certaines formes de salmonelloses (typhus ambulatorius). En médecine vétérinaire, le typhus du chat est une gastro-entérite ou une leucopénie infectieuse, affections qui n'ont rien à voir avec les rickettsioses. Le typhus du chien est une leptospirose grave, hémorragique. Quant au typhus murin, c'est une zoonose transmise par les puces. Au sens restreint, le mot typhus désigne une maladie épidémique très grave, transmise chez l'homme par les poux infectés par Rickettsia prowazekii.

Le typhus à pou a été longtemps séparé des autres typhus, qui sont tous des zoonoses, car ce n'est qu'en 1909 que Charles Nicolle reconnut le pou du corps, Pediculus corporis, pour vecteur de la maladie ; mais cet insecte ne transmet pas à sa descendance la rickettsie qui le tue en général. Il a donc fallu expliquer l'existence des périodes interépidémiques. La rickettsie n'étant pas conservée chez le pou, E. G. Price a supposé qu'elle se conservait chez l'homme ; cet auteur a, en effet, trouvé une rickettsie dans un ganglion vingt-deux ans après un typhus. Cela confirmait les hypothèses de N. E. Brill et de H. Zinsser pour les typhus résurgents. On a aussi pensé à une persistance de la rickettsie dans les déjections du pou et dans les vêtements ; ou bien encore à l'épidémisation du typhus murin, hypothèse qui invoque la transformation possible de R. mooserii en R. prowazekii et qui fait du typhus épidémique une zoonose indirecte. Enfin, une troisième explication a été fournie par la découverte de rickettsies de type épidémique sur des tiques.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'existence d'un vaccin et le traitement aux antibiotiques ont réduit à des proportions modestes ce qui fut une des grandes « pestes » de l'histoire de l'humanité. Le typhus n'en constitue toujours pas moins une menace quand se trouvent réunies par le jeu des événements (guerre, catastrophe naturelle) un grand nombre de personnes dans des conditions d'hygiène précaires.

—  Marcel CAPPONI

Écrit par :

  • : docteur en médecine, ancien chef de laboratoire à l'Institut Pasteur

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Pour citer l’article

Marcel CAPPONI, « TYPHUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/typhus/