NICOLLE CHARLES (1866-1936)

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Après son internat aux hôpitaux de Paris et une thèse préparée au laboratoire du docteur Roux à l'Institut Pasteur, Charles Nicolle, fils d'un médecin rouennais, est nommé professeur suppléant à l'école de médecine de Rouen.

Ses efforts pour créer un centre d'enseignement et de recherche dans le laboratoire de microbiologie de cette école n'aboutissant pas, il pose sa candidature pour le poste de directeur de l'Institut Pasteur de Tunis.

Il occupe durant trente ans ce poste, accomplissant une œuvre considérable et parvenant à des découvertes qui lui ont valu de recevoir les plus hautes distinctions françaises et internationales (prix Nobel de physiologie et médecine, 1928).

Sous son impulsion, l'Institut Pasteur de Tunis rend d'immenses services à toute la population, et Nicolle organise la lutte systématique contre les maladies infectieuses et parasitaires, endémiques ou épidémiques, qui ravagent ce pays : rage, variole, paludisme, typhus exanthématique, fièvre récurrente, fièvre typhoïde, dysenterie bacillaire, amibiase, peste, choléra, helminthiases. Mais surtout, il fera de son institut un centre de recherche de réputation mondiale.

L'œuvre scientifique de Nicolle est vaste et diverse. Ses principales découvertes sont :

– la culture sur milieu artificiel, que nul n'avait encore obtenue, de deux leishmanies (Leishmania tropica, agent du bouton d'Orient, et L. infantum, agent du kala-azar infantile ou leishmaniose méditerranéenne) ;

– la transmission expérimentale de ces leishmanies au singe et au chien à partir de ces cultures ;

– le rôle du chien comme réservoir de virus de la splénomégalie infantile ;

– la découverte et l'étude du pouvoir pathogène expérimental pour de nombreux animaux de laboratoire d'un parasite nouveau, Toxoplasma gondii, trouvé fortuitement chez des gondis, petits rongeurs du Sud tunisien ;

– la découverte du mécanisme, très singulier et assez déroutant pour les esprits logiques, de la transmission à l'homme de la fièvre récurrente par le pou ;

– la découverte du rôle du pou dans la transmission à l'homme du typhus exanthématique (1909) ;

– la découverte du virus filtrant de la grippe (1918) ;

– la reproduction du trachome chez le chimpanzé et les petits singes, et celle de la brucellose chez le cobaye, devenu depuis ce temps le réactif habituel de cette maladie au laboratoire ;

– la reconnaissance de l'extension et de l'aggravation progressive de la brucellose humaine, d'où l'appellation de maladie d'avenir qu'on lui a donnée et qui est devenue classique ;

– la mise en évidence des propriétés préventives des sérums de convalescents dans plusieurs maladies (typhus exanthématique, rougeole), constatation qui devait aboutir aux méthodes longtemps employées de la séroprotection et de la séroatténuation (R. Debré) qui conduisirent à la découverte des gammaglobulines ;

– l'obtention de nouveaux procédés de préparation des vaccins contre les infections staphylococciques, la coqueluche et le chancre mou.

Charles Nicolle fut aussi un écrivain auquel on doit notamment : Le Destin des maladies infectieuses, La Biologie de l'invention, Les Responsabilités de la médecine, ouvrage qui contient ses leçons au Collège de France ; il écrivit aussi des romans, des poèmes, des pièces de théâtre.

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Écrit par :

  • : docteur en pharmacie et en médecine, chef de service honoraire à l'Institut Pasteur

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Pour citer l’article

Pierre NICOLLE, « NICOLLE CHARLES - (1866-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-nicolle/