TRITIUM

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

En 1934, Ernest Rutherford découvre l'existence du tritium. En bombardant une cible de deutérium par des deutons (noyaux de deutérium), il observe l'émission de neutrons et de protons qu'il attribue à la formation d'un isotope de masse trois de l'hélium (3He) et de l'isotope de masse trois de l'hydrogène (3H). Quelques années plus tard, en 1939, Luis Walter Alvarez sépare les deux isotopes. Il montre que l'hélium 3He est stable, alors que le tritium 31 H est radioactif et s'apparente chimiquement à l'hydrogène 11 H.

Le tritium est l'isotope radioactif de l'hydrogène de masse atomique 3,016 050 u. Il est représenté par le symbole T ou 3 1 H ou 3H. Il s'agit d'un émetteur β pur, il se désintègre avec émission d'un électron e (dont l'énergie moyenne est de 5,71 keV et l'énergie maximale 18,61 keV) et d'un antineutrino v̄ pour former de l'hélium 3 : T → 32 He + e + v̄.

La demi-vie du tritium est de 12,32 ans et son activité massique de 3,59 × 1014 Bq.g–1 (donc 1 gramme de T a une activité de 3,59 × 1014Bq = 359 TBq). Le fort coefficient de diffusion et la très faible énergie de son rayonnement βen font un corps radioactif relativement peu dangereux. Ainsi, la pénétration de son rayonnement n'est que de 4,5 mm dans l'air et de 6 μm dans l'eau ou dans les tissus humains. Dans ces derniers, 90 p. 100 des β sont absorbés dans 1 μm, alors que les cellules sensibles de l'épiderme ou du derme sont situées à des profondeurs comprises entre 20 et 100 μm. Le rayonnement ne peut endommager les cellules que dans la mesure où le tritium est ingéré ou injecté chez l'être humain. Le tritium exige donc un minimum de précautions dans son emploi. Les doses maximales admissibles légalement, en exposition continue, décroissent d'année en année.

Limite légale du tritium

Limite légale du tritium

Tableau

Limite admissible légalement de concentration de tritium dans l'air et dans l'eau. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Comme le deutérium, le tritium est présent dans les différentes zones terrestres. Il se forme dans l'atmosphère, entre 10 [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : enseignant-chercheur à l'Institut national des sciences et techniques nucléaires-Commissariat à l'énergie atomique, Saclay

Classification


Autres références

«  TRITIUM  » est également traité dans :

HYDROGÈNE

  • Écrit par 
  • Paul HAGENMULLER
  •  • 3 566 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Isotopes et formes allotropiques »  : […] Trois isotopes sont connus. L'hydrogène (symbole H) léger, dont le noyau est formé uniquement d'un proton, est de loin le plus répandu. Le deutérium (symbole D), dont le noyau contient également un neutron, n'existe qu'à un taux de 0,015 p. 100 dans l'hydrogène naturel. Le tritium (symbole T), dont le noyau contient un second neutron, est un isotope artificiel. Le deutérium est obtenu à partir de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hydrogene/#i_3370

NUCLÉAIRE - Applications militaires

  • Écrit par 
  • Paul BOUÉ, 
  • Thierry MASSARD, 
  • François OLIVE
  •  • 8 604 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Fonctionnement »  : […] Dans une arme à fission, le combustible nucléaire se trouve, au repos, dans une configuration telle qu'il ne puisse réagir accidentellement. Ce combustible est accompagné d'un ensemble de dispositifs visant d'abord à assurer la sûreté de l'ensemble et à éliminer tous les risques au cours de manipulations, ensuite à commander le rapprochement des composants actifs, enfin à effectuer le rapprocheme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nucleaire-applications-militaires/#i_3370

NUCLÉAIRE (PHYSIQUE) - Isotopes

  • Écrit par 
  • René BIMBOT, 
  • René LÉTOLLE
  •  • 5 429 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Systèmes D/H et T/H »  : […] Le système D/H intéresse surtout l'eau. Une relation simple a été trouvée pour les eaux météoriques entre les compositions isotopiques de l'oxygène et de l' hydrogène dans les systèmes en équilibre. La relation est plus complexe dans le cas de fractionnement cinétique sans obtention d'équilibre isotopique. Les milieux tampons riches en 18 O (silicates, carbonates), pouvant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nucleaire-physique-isotopes/#i_3370

THERMONUCLÉAIRE ÉNERGIE

  • Écrit par 
  • Robert DAUTRAY, 
  • Pascal GARIN, 
  • Michel GRÉGOIRE, 
  • Guy LAVAL, 
  • Jean-Paul WATTEAU, 
  • Joseph WEISSE
  •  • 19 239 mots
  •  • 33 médias

Dans le chapitre « Principe de la fusion par confinement inertiel »  : […] Le rayonnement du laser éclaire uniformément une très petite sphère de l'ordre du milligramme d'un mélange équimolaire de deutérium et de tritium (DT) à l'état solide (fig. 9) . Il en résulte une ablation progressive de la périphérie de la sphère et la formation d'une couronne de plasma qui absorbe le rayonnement jusqu'à sa densité de coupure, densité pour laquelle pulsation du rayonnement laser […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/energie-thermonucleaire/#i_3370

Pour citer l’article

Akli HAMMADI, « TRITIUM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tritium/