THÉOLOGIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Analyse du langage théologique

Questions épistémologiques

Le langage théologique se présente comme l'ensemble des signes organisables en un ensemble de propositions descriptives qui ne peuvent être comprises qu'en fonction d'un terme clef : « Dieu ». Ce terme spécifie à lui seul un ensemble propositionnel plus vaste : le langage religieux, dont il détermine le sens soit en étant un élément explicite d'au moins une proposition de cet ensemble, soit formellement à titre de modificateur logique de l'énoncé, soit les deux à la fois. La distinction entre langage religieux et langage théologique est due à la religion occidentale dominante, le christianisme : par elle on vise, depuis Abélard, à isoler les énoncés scientifiques décrivant Dieu et ses relations avec les hommes et le monde, et organisés en un corps de propositions systématiquement ordonnées, des énoncés religieux dont la détermination et la précision sont suffisantes pour exprimer une prière, effectuer un acte liturgique ou prescrire une forme de vie, mais qui n'ont pas forcément une intention scientifique ou critique.

La question : le discours théologique est-il scientifique ? ne se dissocie plus d'une autre, plus radicale : le langage religieux a-t-il un sens ? Ce n'est pas seulement la possibilité de connaître Dieu qui en est en question, mais la possibilité même d'en parler sans se limiter à transposer ses émotions dans un langage objectivant. En rejetant le langage religieux comme non-sens, les positivistes du Cercle de Vienne répétaient l'attitude traditionnelle adoptée, pour d'autres raisons, par les mystiques en climat théocentrique : alors que ces derniers voyaient dans le langage religieux un instrument impuissant à représenter celui qui est au-delà de tout nom, celui qui ne peut être connu que comme inconnaissable, les positivistes logiques ont dénoncé dans l'« objet » visé par le langage religieux un pseudo-objet, un objet conçu de telle façon que le discours qui le décrit soit invérifiable. Dans un cas, Dieu échappe aux prises de prédicats qui ne conviennent [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 20 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  THÉOLOGIE  » est également traité dans :

ABÉLARD PIERRE (1079-1142)

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 1 341 mots

Si l'œuvre et la carrière d'Abélard font de lui le type des premiers professeurs urbains, l'histoire de sa vie personnelle est singulière. Il vient parmi les tout premiers en trois domaines : philosophie, logique et théologie scolastique. Mais son apport dans ces deux dernières disciplines a été très vite intégré ou dépassé. En un siècle où le savoir s'accroît sans cesse, sa position d'avant-gar […] Lire la suite

TERRE ÂGE DE LA

  • Écrit par 
  • Pascal RICHET
  •  • 5 142 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La chronologie : une préoccupation chrétienne »  : […] Accepté au Moyen Âge aussi bien à Byzance que dans le monde musulman et en Occident, le petit univers d’Aristote centré sur la Terre ne fut pas remis en cause pendant près de deux millénaires. L’éternité du monde fut en revanche vite contestée par les chrétiens parce qu’elle contredisait clairement le tableau biblique de la Création minutieusement brossé par la Genèse. Pour les tout premiers chrét […] Lire la suite

ALBERT LE GRAND (1193?-1280)

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 724 mots

Dans le chapitre « Le théologien »  : […] En théologie, Albert peut apparaître moins original. Cependant, sa marque propre affecte tous ses ouvrages : Commentaires des Sentences de Pierre Lombard, des quatre Évangiles , de Job , des prophètes, de Denys le pseudo-Aréopagite ( Noms divins , Théologie mystique , Hiérarchie céleste ) ; Somme de théologie (inachevée). Il a trouvé, dans la doctrine dionysienne de la création comme théophanie ( […] Lire la suite

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « Le point de départ « aristotélicien » : histoire d'un contresens »  : […] Si l'histoire de la « théorie aristotélicienne de l'analogie » est l'histoire d'un contresens médiéval, ce contresens fait partie de l'histoire même de la transmission des textes d'Aristote. Interprétée en termes de corpus, la théorie médiévale de l'analogie se présente comme la fusion forcée de trois textes d'inspiration, de portée et de signification différentes : la distinction entre synonymes, […] Lire la suite

ANCIENS ET MODERNES

  • Écrit par 
  • Milovan STANIC, 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 5 038 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les deux cultures »  : […] À la différence des humanistes, les inventeurs de ce que nous appelons aujourd'hui les sciences exactes ne nourrissent aucun complexe à l'égard de l'Antiquité. Conscients des progrès qu'ils réalisent, ils les expriment dans les langues vulgaires et délaissent progressivement le latin, réservé, écrit Descartes dans le Discours de la méthode (1637), « à ceux qui ne croient qu'aux livres anciens ». […] Lire la suite

APOLOGÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Bernard DUPUY
  •  • 3 540 mots

Dans le chapitre « Du Moyen Âge à l'époque contemporaine »  : […] La démarche apologétique classique du christianisme avait été formulée par saint Anselme dans son Proslogion (1078) : fides quaerens intellectum . La foi recherche les motifs qui, sans prétendre démontrer ce qui demeure mystérieux pour la raison, permettent de croire, et fondent un « jugement de crédibilité ». Mais les motifs de crédibilité ne sont pas la foi. Leur rapport à la foi restait à éluc […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 834 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Être quelconque et être suprême »  : […] Cette dualité est déjà saisissable dans le célèbre Proœmium (Prologue) de la Métaphysique (A, 1 et 2), où Aristote analyse l'idée traditionnelle de la philosophie. S'il est clair que la philosophie est un savoir de type scientifique qui s'élève au-dessus de la sensation par l'intermédiaire de l'imagination, de la mémoire et de cette première forme de généralisation qu'est l'expérience, s'il est c […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME

  • Écrit par 
  • Hervé BARREAU
  •  • 2 240 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La métaphysique »  : […] Les éditeurs d'Aristote ont rassemblé dans une collection dite « les livres qui viennent après les livres physiques » les ouvrages d'Aristote qui traitent de sujets divers, qui sont tous objets de controverses. Ces livres constituent ce qu'on appelle depuis lors La Métaphysique d'Aristote. On ne saura jamais si et comment Aristote aurait introduit un ordre parmi ces livres, qui ne sont pas d'une […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 4 995 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'« aristotélisme commun » et la représentation de la nature »  : […] Restent les données de fond de l'aristotélisme, ce qu'on pourrait appeler l'« aristotélisme commun », la multitude des emprunts et des garanties que la science et les sciences aristotéliciennes fournissent au savoir médiéval. La matière est ici inépuisable. L'idée même de science et des critères de la scientificité est, durant toute la période scolastique, proprement aristotélicienne : le De ortu […] Lire la suite

ART (Aspects esthétiques) - Le beau

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 5 573 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Du Beau transcendantal »  : […] Cette relation entre le Beau et le Bien se renforce durant le Moyen Âge. La pensée médiévale est ainsi influencée à la fois par le néo-platonisme et par Aristote. Elle accentue le privilège du Beau-Bien intelligible au détriment de la dimension du vécu et de l'expérience de plaisir. Ce privilège tient aux nombreux penseurs du Moyen Âge qui font du Beau un des transcendantaux – ces propriétés qui […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

20 avril 2008 Paraguay. Élection de Fernando Lugo à la présidence

théologie de la libération », Fernando Lugo, a renoncé à sa charge épiscopale en 2006 pour entamer une carrière politique. Il était candidat de l'Alliance patriotique pour le changement, une coalition regroupant des mouvements sociaux de gauche représentant le monde paysan et indigène ainsi que le Parti libéral radical authentique, principale formation […] Lire la suite

20-28 mai 1997 Afghanistan. Revers militaire pour les talibans

théologie » s'emparent de Mazar-i-Charif, bastion du général ouzbek Rashid Dostom, avec le concours de l'ancien bras droit de celui-ci, Abdul Malik, et des forces du parti chiite pro-iranien Wahdat qui trahissent leurs anciens alliés. Les jours suivants, les talibans progressent en direction des positions tenues, dans le Nord-Est, par les forces du […] Lire la suite

5-11 février 1996 Vatican. Visite du pape Jean-Paul II en Amérique centrale et au Venezuela

théologie de la libération à laquelle il oppose la doctrine sociale de l'Église, « ciment » de la « nouvelle évangélisation ». Le 7, au Nicaragua, Jean-Paul II efface le mauvais souvenir de son premier voyage, perturbé par les sandinistes. « La paix est revenue au Nicaragua, assortie d'une véritable liberté religieuse », déclare-t-il. Toutefois, dans […] Lire la suite

30 septembre 1991 Haïti. Coup d'État militaire contre le président Jean-Bertrand Aristide

théologie de la libération et principalement attaché à combattre la pauvreté, le père Aristide avait été, le 16 décembre 1990, le premier chef de l'État haïtien démocratiquement élu, obtenant près de 67 p. 100 des voix. Le chef de la junte militaire qui prend le pouvoir est le général Raoul Cédras, ancien responsable du Comité pour la sécurité des  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Henry DUMÉRY, Claude GEFFRÉ, Jacques POULAIN, « THÉOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/theologie/