STÉRÉOCHIMIEStéréochimie organique

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Chiralité et synthèse asymétrique

Durant les dix dernières années, de grands progrès ont été accomplis dans les méthodes d'études des structures chirales. Celles-ci sont importantes car elles interviennent dans beaucoup de processus biologiques. La majorité des molécules d'intérêt biologique sont chirales (polypeptides, enzymes, stéroïdes, prostaglandines, etc.). Les plus simples d'entre elles peuvent être obtenues par synthèse totale, mais seul l'énantiomère ayant la configuration absolue désirée (cf. supra, figure) doit être sélectivement préparé.

Le terme chiralité est dérivé du nom grec kheir (χέιρ, main) et caractérise deux objets qui, comme une main droite et une main gauche, sont différents tout en paraissant similaires. La distinction ne réside pas dans des dimensions ou des formes respectives. Une main gauche et une main droite ne peuvent être amenées en superposition, elles se déduisent l'une de l'autre par une symétrie par rapport à un plan. Presque tous les constituants chimiques des systèmes vivants sont chiraux : polypeptides, protéines, glucides, acides nucléiques ; la chiralité est une des caractéristiques des organismes vivants. C'est, toutefois, à une date relativement récente (1950-1960) que ce terme utilisé par le physicien lord Kelvin au début du siècle a été introduit en chimie par Cahn, Ingold, Prelog, Mislow. Il devenait, en effet, indispensable de disposer d'un mot caractérisant des espèces moléculaires les plus variées qui peuvent exister sous forme de deux stéréo-isomères, image l'un de l'autre par rapport à un plan miroir. Le mot chiralité ne fait pas appel à des considérations de symétrie, il s'applique à tout composé pouvant avoir une image non superposable, appelé composé antipode ou énantiomère. Par exemple, l'acide lactique (formule 63) est dépourvu d'éléments de symétrie (c'est un composé asymétrique), le trans-diméthyl-1,2cyclopropane (formule 64) comporte un axe de symétrie d'ordre 2 (C2), le perhydrotriphénylène (formules 65 et 66) comporte un axe [...]


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Écrit par :

  • : professeur de chimie à l'université de Paris-Sud, membre de l'Académie des sciences
  • : professeur à la faculté des sciences de Paris, à l'École centrale des arts et manufactures de Paris et à l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses

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Pour citer l’article

Henri B. KAGAN, Charles PRÉVOST, « STÉRÉOCHIMIE - Stéréochimie organique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stereochimie-stereochimie-organique/