SOPRANO

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Terme musical qui désigne la voix aiguë chantée par les femmes et les enfants ou bien la partie supérieure d'une composition instrumentale (ainsi, les violons ou les flûtes sonnent souvent au soprano). Suivant le caractère, on distingue, eu égard à la tessiture, à l'éclat et au timbre, plusieurs sopranos dont les emplois lyriques et expressifs sont différents. La difficulté qui se rencontre dans leur nomenclature provient des vocabulaires différents employés en Italie (tradition du bel canto), en France et en Allemagne. Citons : 1o le soprano colorature (leggiero acuto), la plus haute de toutes les voix, qui chante jusqu'au fa''', avec un timbre pur, léger et cristallin ; c'est le soprano de la Reine de la Nuit (La Flûte enchantée de Mozart), de Zerbinetta (Ariane à Naxos de Richard Strauss). 2o Proche de celui-là, le soprano « dramatique » (leggiero coloratur des pays germaniques), lui aussi très brillant et capable de vocalises impressionnantes (Lucia di Lammermoor de Donizetti, Constance de L'Enlèvement au sérail de Mozart, La Somnambule de Bellini) ; son registre est légèrement inférieur au précédent, le timbre en est peut-être plus nuancé. 3o Le soprano lirico (leggiero lirico) est une voix de colorature plus limitée quant à ses possibilités lyriques (La Traviata de Verdi, Mathilde dans Guillaume Tell de Rossini, Manon de Massenet, Gilda dans Rigoletto de Verdi, Micaela dans Carmen de Bizet, Marguerite dans Faust de Gounod). 4o Le soprano « soubrette » coloratur possède un timbre léger et apte ordinairement à l'emploi de rôles dramatiques (Blondchen dans L'Enlèvement au sérail de Mozart, Adèle dans La Chauve-Souris de Johann Strauss). 5o Au soprano « soubrette » ordinaire correspondraient des rôles tels que Papagena (La Flûte enchantée), Suzanne (Les Noces de Figaro de Mozart), Marcelline (Fidelio de Beethoven). 6o Le soprano lyrique (en terminologie française) conjugue les qualités de plusieurs types de voix féminines ; il est puissant, brillant, mais non dramatique et non coloratur, il ne vocalise pas, il est dit aussi soprano wagnérien ; c'est le soprano de Pamina (La Flûte enchantée), de Madame Butterfly et de Mimi (La Bohème, Puccini). 7o Le soprano lirico spinto est proche du soprano léger dramatique (Elsa dans Lohengrin, Élisabeth dans Tannhäuser, Senta dans Le Vaisseau fantôme, de Wagner ; Desdémone dans Otello de Verdi ; rôles principaux dans Aïda de Verdi et dans Tosca de Puccini). 8o Le soprano dramatique (drammatico) possède un timbre plus sombre et plus grave (Fidelio, Norma, Salomé, Elektra ; c'est Isolde de Tristan und Isolde et Brünnhilde de L'Anneau du Nibelung). 9o Le soprano léger demi-caractère, par son timbre gracieux et agréable, de puissance moyenne, et possédant une heureuse souplesse dans un registre peu étendu, convient parfaitement à l'oratorio, à la cantate et surtout aux lieds.

Quoique les écoles de bel canto ignorent le mezzo-soprano, on entend ordinairement par là un soprano dramatique léger ou bien un alto lyrique, chaud et de quelque ampleur, capable de monter plus haut que le contralto ; le mezzo-soprano peut avoir la tessiture d'une voix de soprano dramatique, mais avec un timbre proche des voix ordinaires d'alto. Le soprano « dugazon » élevé est une voix assez courte, de faible tessiture (Barberine et Chérubin dans Les Noces de Figaro) ; il est parfois appelé alto « soubrette » ou « dugazon » : il est alors tenu pour le plus léger des altos (Siebel dans Faust). Le mezzo-soprano « dugazon » grave est un alto lyrique (appelé aussi « galli-marié ») ; c'est celui de Rosine (Le Barbier de Séville de Rossini, et rôles principaux dans Carmen de Bizet, Mignon d'Ambroise Thomas). Il y a aussi le mezzo coloratur (L'Italienne à Alger de Rossini), le mezzo dramatique (Alceste de Gluck), le mezzo lyrique (Passions de Bach, messe en ut mineur de Mozart, Requiem de Verdi).

Dans quelques instruments à vent, on désigne par soprano ceux qui possèdent la tessiture la plus élevée ; ainsi le saxophone soprano en si bémol, voire le saxophone sopranino en mi bémol ou en fa, usité dans quelques orchestres d'harmonie et que Ravel a utilisé dans le Boléro. La clarinette soprano ou petite clarinette en la bémol, en ou en mi bémol a été rarement utilisée à l'orchestre symphonique (Till Eulenspiegel de Richard Strauss, Symphonie fantastique de Berlioz).

Clarinette soprano : exemple sonore (2)

Son : Clarinette soprano : exemple sonore (2)

Clarinette soprano : arpèges avec variations. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « SOPRANO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/soprano/