RESNAIS ALAIN (1922-2014)

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Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada

Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Alain Resnais

Alain Resnais
Crédits : A. Benedetti/ Corbis

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Smoking/No Smoking, A. Resnais

Smoking/No Smoking, A. Resnais
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Le principe d'ironie

À la différence de Jean-Luc Godard, Resnais ne fait pas du cinéma le lieu d'enjeux essentiels. Pour lui, il n'est rien de plus qu'un moyen d'expression parmi d'autres. Il n'y a pas de mystique du cinéma chez Resnais, sa pratique à la fois passionnée et lucide ne cherche pas à en faire accroire, mais a néanmoins son ambition qu'il faut découvrir dans l'invisible relatif produit par ce moyen d'expression et par lui seul. Resnais, en effet, exploite l'aptitude du cinéma à produire un rythme purement intérieur, des images sonores ou visuelles fantomatiques, des « effets latéraux ». L'esprit du spectateur où s'élabore le film activement et comme sous hypnose, latéralement, devient le lieu d'une expérimentation. Il est possible d'envisager l'ensemble des films de Resnais comme irrigués par l'ironie. Il n'y a d'art chez lui que du semblant, de l'humour, de l'ironie sur fond de cliché (les vagues se brisant sur les rochers dans Stavisky..., les transparences de Providence, le mélo tout autant revendiqué que la chanson de variété). Il est plusieurs lieux où déceler une telle ironie : dans les dialogues, les portraits, les situations, les actions, dans les images, la mise en scène (la séquence Crépax-Godard dans La guerre est finie), la musique (le « refrain » de Smoking tout particulièrement)...

Hors ces moments ponctuels, il existe chez Resnais, et plus tôt qu'on ne le croit, une forme ironique globale que les œuvres de sa dernière période, comme Les Herbes folles (2009), Vous n’avez encore rien vu (2012), ou Aimer, boire et chanter (2014) mettront en lumière. Sans chercher à entrer dans les complications terminologiques qui, distinguant humour, trait d'esprit, plaisanterie, absurde, ironie, imposeraient une typologie arbitraire, il devient ainsi possible de reconnaître l'existence d'un terreau ou d'un territoire ironique chez Resnais. Deux pôles se dessinent alors entre lesquels oscille [...]

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AIMER, BOIRE ET CHANTER (A. Resnais)

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  • René PRÉDAL
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Si, jusqu’à Mélo (1986, d’après Henry Bernstein), Alain Resnais n’avait jamais réalisé d’adaptations littéraires (d’Hiroshimamon amour à L’Amour à mort, dix longs-métrages en vingt-six ans), la seconde partie de sa filmographie (neuf longs-métrages en vingt-huit ans) ne com […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aimer-boire-et-chanter/#i_11821

ALAIN RESNAIS, LIAISONS SECRÈTES, ACCORDS VAGABONDS (S. Liandrat-Guigues et J.-L. Leutrat)

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HIROSHIMA MON AMOUR, film de Alain Resnais

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Lorsque Alain Resnais est pressenti pour réaliser un film sur le thème de la bombe atomique d'Hiroshima et des dangers du nucléaire, il est déjà un auteur de courts-métrages jouissant d'une notoriété internationale incontestable, en particulier grâce à Nuit et Brouillard (1955). Il a débuté sa carrière comme monteur et auteur de doc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hiroshima-mon-amour/#i_11821

NUIT ET BROUILLARD (A. Resnais)

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Nuit et brouillard, court-métrage d'Alain Resnais, est le premier film français à aborder de front les camps d'extermination et la « solution finale » de la question « juive », mise en œuvre par le régime nazi et symbolisée par Auschwitz. Il le fait en écartant d'emblée le recours exclusif a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nuit-et-brouillard/#i_11821

ARDITI PIERRE (1944- )

  • Écrit par 
  • René PRÉDAL
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Né en 1944, Pierre Arditi est, à partir de la fin des années 1960, partout à la fois, au théâtre, à la télévision et au cinéma. Lui-même revendique cette boulimie et le plaisir de figurer dans quatre à cinq films par an pourvu qu'il s'y montre à chaque fois différent. Pari audacieux pour ce comédien au physique de Monsieur Tout-le-Monde, à la diction aussi impeccable que la coiffure et au maintie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-arditi/#i_11821

AZÉMA SABINE (1949- )

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  • René PRÉDAL
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Née en 1949, ancienne élève d'Antoine Vitez au Conservatoire, Sabine Azéma commence sa carrière au théâtre de Boulevard. Remarquée à la Comédie des Champs-Élysées face à Louis de Funès dans La Valse des toréadors (Jean Anouilh), elle devient une actrice comique à succès à la fin des années 1970 et interprète des pièces de Claude Rich, Françoise Dorin, à nouveau J. Anouilh... […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sabine-azema/#i_11821

CAYROL JEAN (1911-2005)

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Écrivain français. Jean Cayrol est né à Bordeaux le 6 juin 1911. Après des études de droit et de lettres, il occupe un emploi de bibliothécaire. La poésie le requiert très tôt. Même si c'est la lecture des surréalistes qui le révèle à lui-même, il compose, à l'écart des esthétiques du temps, des poèmes qui, avec fièvre, interrogent l'unité d'un « je » lyrique écartelé entre ses possibles ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-cayrol/#i_11821

CENSURE

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Dans le chapitre « La survivance d'une censure politique »  : […] Le statut juridique du cinéma et de la télévision a par ailleurs favorisé la perpétuation d'une forme de censure gouvernementale animée par des considérations politiques. Dans la France d'après 1945 par exemple, on interdit Les statues meurent aussi d'Alain Resnais et Chris Marker, sur l'art d'Afrique noire et le colonialisme, en 1955, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/censure/#i_11821

CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

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Dans le chapitre « Le cinéma français »  : […] Dans l'espace occidental, il est le seul concurrent sérieux de son homologue américain. Le soutien étatique et le dynamisme de la production fondée sur la relation privilégiée avec la chaîne de télévision Canal Plus (qui s'est imposée comme le grand argentier du cinéma français) n'expliquent cependant pas tout. Si dans d'autres domaines la France a fait valoir, à tort ou à raison, la prépondéranc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-aspects-generaux-histoire/#i_11821

CINÉMA (Réalisation d'un film) - Montage

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Dans le chapitre « L'évolution du montage »  : […] Contrairement à ce que l'on pouvait attendre, le montage ne disparut pas avec la nouvelle vague, fille de Bazin et de Rossellini. Orson Welles, dans son film manifeste, Citizen Kane (1941) , utilisait déjà aussi bien le plan-séquence et la profondeur de champ mais aussi toutes les ressources anciennes et nouvelles du montage. Depuis la guerre, et plus encore depuis la fin d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-realisation-d-un-film-montage/#i_11821

DUSSOLLIER ANDRÉ (1946- )

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ÉROTISME

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GRUAULT JEAN (1924-2015)

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Acteur, metteur en scène de théâtre, auteur dramatique, romancier, librettiste d’opéra, Jean Gruault a marqué l’histoire du cinéma par son travail de scénariste. S’il avait écrit pour des réalisateurs tels que Robert Enrico ou Gavin Millar, il était surtout de la famille de la nouvelle vague (via Rossellini, Rivette, Truffaut) et, plus globalement, des « cinéastes de la modernité » des années 196 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-gruault/#i_11821

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ROMAN - Roman et cinéma

  • Écrit par 
  • Jean-Louis LEUTRAT
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Dans le chapitre « Le cas Resnais »  : […] Une rencontre particulièrement heureuse entre le roman et le cinéma s'effectue dans les années 1960. La plupart des cinéastes français importants de la fin des années 1950 entretiennent des relations avec la littérature. C'est l'époque où Louis Aragon publie La Semaine sainte et Raymond Queneau Zazie dans le métro , tandis que de nouveaux romanciers com […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roman-roman-et-cinema/#i_11821

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  • Raymond CHIRAT
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Fille du directeur du Service des antiquités au Liban, Delphine Seyrig est née à Beyrouth le 10 avril 1932. Très vite séduite par le théâtre, elle étudie sous les directions successives de Pierre Bertin, Roger Blin et Tania Balachova. Le Centre dramatique de l'Est l'accueille et l'affiche dans La Première Surprise de l'amour de Marivaux. Pour […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/delphine-seyrig/#i_11821

Pour citer l’article

Jean-Louis LEUTRAT, « RESNAIS ALAIN - (1922-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/resnais-alain/