RESNAIS ALAIN (1922-2014)

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Alain Resnais est, parmi les créateurs de formes cinématographiques, l'un des plus grands. Ses premiers longs-métrages, Hiroshima mon amour, L'Année dernière à Marienbad et Muriel, constituent des jalons essentiels de la modernité cinématographique des années 1960. Ils ont donné l'exemple d'expérimentations, sur le son ou sur la « déstructuration » du récit, montré d'autres manières de construire un personnage dans un film, proposé des images du temps inédites. Mais l'œuvre de Resnais ne s'est pas arrêtée à Muriel. Considérée dans son ensemble, elle fait de lui un cinéaste capable de tout remettre en question à chaque film : L'Amour à mort, Mélo, Smoking / No Smoking, Pas sur la bouche ou Vous n’avez encore rien vu sont venus prouver qu'il n'a nullement renoncé à tenter des expériences limites au sein des structures commerciales de l'industrie cinématographique. On pourrait dire de lui ce que Vladimir Jankélévitch écrit de Maurice Ravel : « On vérifie, en écoutant la musique de Ravel, que la France n'est pas toujours le pays de la modération, mais plus souvent celui de l'extrémisme passionné et du paradoxe aigu. Il s'agit d'éprouver tout ce que peut l'esprit dans une direction donnée, de tirer sans faiblir toutes les conséquences de certaines attitudes. »

Alain Resnais

Photographie : Alain Resnais

Photographie

Alain Resnais à la Mostra de Venise, en 2006. Il y présentait Cœurs, avec Sabine Azéma, Pierre Arditi et Lambert Wilson, ses acteurs fétiches, dans les principaux rôles. 

Crédits : Alessandra Benedetti/ CORBIS/ Corbis Entertainment/ Getty Images

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Le temps à l'œuvre

Alain Resnais est né le 3 juin 1922 à Vannes, dans le Morbihan. Très tôt, il se prend de passion pour le cinéma. Il filme, avec une caméra 8 mm achetée en 1935 dans une boutique du passage Pommeraye de Nantes, un Fantômas dont ses camarades sont les interprètes. Cette passion ne se démentira pas. La vidéothèque « idéale » qu'il compose soixante ans après pour la revue Vogue comporte des raretés connues des seuls amoureux fous du septième art. Son œuvre publique se déploie à partir du début des années 1950. Ses courts-métrages, dont Nuit et Brouillard, Toute la mémoire du monde et Le Chant du styrène (commentaire de Raymond Queneau), et ses premiers longs-métrages, Hiroshima mon amour, L'Année dernière à Marienbad, Muriel, ou le Temps d'un retour, dessinent [...]


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Pour citer l’article

Jean-Louis LEUTRAT, « RESNAIS ALAIN - (1922-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/resnais-alain/