TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

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Nom officielRépublique tchèque (CZ)
Chef de l'ÉtatMilos Zeman (depuis le 8 mars 2013)
Chef du gouvernementAndrej Babiš (depuis le 13 décembre 2017)
CapitalePrague
Langue officielletchèque
Unité monétairecouronne tchèque (CZK)
Population10 716 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)78 870

Histoire

La République tchèque est issue, comme la Slovaquie, de la dissolution de la Tchécoslovaquie le 1er janvier 1993. Elle comprend la Bohême, la Moravie, qui sont historiquement les Pays tchèques, et la Silésie tchèque rattachée à la Moravie.

Les premières formations étatiques des Tchèques remontent au ixe siècle. Le nom de la Bohême vient du latin Bohemia, le pays des Boïens. Les Boïens, qui étaient des Celtes, habitèrent jusqu'au vie siècle avant J.-C. un territoire s'étendant sur la Bohême et la Bavière actuelles. La langue tchèque ignore le mot « Bohême » et utilise, en fonction des périodes et des régions concernées, trois vocables ou expressions formés sur la racine Čech, qui a donné Tchèque en français. Le premier, České země, désigne les Pays tchèques, ensemble à la fois géographique, historique, politique et culturel. Le second, Čechy, se rapporte sur le plan géographique à la Bohême proprement dite. Sur le plan historique lui correspond, à partir de la fin du xiie siècle jusqu'en 1918, un troisième terme et une autre entité, České království, le royaume de Bohême, qui n'englobe pas stricto sensu la Moravie, et qui forma le cœur et le centre politique de la couronne de Bohême ou de saint Venceslas. Le roi de Bohême régnait comme margrave sur la Moravie et sur les autres parties de cette couronne, qui varièrent à travers le temps. De 1526 à 1918, les pays de la couronne de Bohême firent partie de la monarchie des Habsbourg d'Autriche. En 1918, ils s'unirent aux Slovaques des comitats de Haute-Hongrie et à la Ruthénie subcarpathique pour former un nouvel État, la Tchécoslovaquie, dissoute en 1993.

Les débuts. La Grande-Moravie

Après les Boïens arrivèrent les Suèves (ixe-vie siècles avant J.-C.) puis, au Ier siècle après J.-C., les Quades et les Marcomans. Ceux-ci se maintinrent sur le territoire de la Bohême au moins jusqu'au vie siècle. À cette époque, plusieurs tribus slaves, venant du sud et du nord du Danube, s'installent dans les Pays tchèques. Jusqu'au milieu du xviiie siècle, la tradition rapportait l'installation des Slaves à un fondateur éponyme légendaire, Čech (ou Bohemus, en latin, dans la plus ancienne chronique de l'histoire des Tchèques rédigée par un chanoine de Prague, Cosmas, au début du xie siècle). Au VIIe siècle, une source franque, la chronique de Frédégaire, mentionne l'existence d'un empire du marchand Samo (approximativement 625-658), lui même sans doute un Franc choisi comme roi par les habitants slaves de la Bohême dans leurs luttes contre les Avars. Samo aurait défait en 631 le roi Dagobert au siège de Wogatisburg, localité que les archéologues situent à l'ouest de la Bohême actuelle.

En Moravie se forme, au ixe siècle, ce que l'on nomme, d'après l'empereur byzantin Constantin Porphyrogénète, l'empire de Grande-Moravie, gouvernée vers 830 par le prince Mojmír Ier, qui vainc le prince de Nitra, Pribina, et annexe ses territoires. Pribina comme Mojmír avaient reçu le baptême. Des missions parties de Ratisbonne, de Passau et de Salzbourg opèrent en effet sur les territoires de Bohême, de Moravie et de la Slovaquie actuelle avant 850. Le prince Rostislav, en guerre vers 855 contre l'empereur Louis II le Germanique, demande l'appui politique et religieux du pape et de l'empereur d'Orient Michel III. Celui-ci lui envoie en 863 deux frères originaires de Salonique, Constantin, dit Cyrille, et Méthode. Le pape leur donne le droit d'user du slave dans la liturgie. Pour traduire une partie des Écritures saintes, Méthode forge un premier alphabet spécifique, dit glagolitique, qui sera remplacé au xe siècle par l'alphabet cyrillique. La mission de Byzance est chassée de Grande-Moravie par le prince Svatopluk après la mort de Méthode (885). La Grande-Moravie disparaît au début du xe siècle, à la suite de guerres avec l'empereur et de la conquête de la Pannonie par les Magyars.

Aux ixe et xe siècles, Bohême et Moravie connurent ainsi une double tradition liturgique chrétienne. Le rite latin l'emporte très rapidement sur le rite slave et, depuis le xe siècle, les seuls témoignages de la pré [...]

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Tchèque (République) : carte physique

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Tchèque (République) : drapeau

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Nouvelles adhésions à l'O.T.A.N., mars 1999

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Audience, V. Havel

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Écrit par :

  • : chargé d'études à la Documentation française, Paris
  • : directrice de recherche au C.N.R.S.
  • : directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
  • : chargé de cours (littérature tchèque, littérature comparée) à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Jaroslav BLAHA, Marie-Elizabeth DUCREUX, Marie-Claude MAUREL, Vladimir PESKA, « TCHÈQUE RÉPUBLIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/