TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

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Nom officielRépublique tchèque (CZ)
Chef de l'ÉtatMilos Zeman (depuis le 8 mars 2013)
Chef du gouvernementPetr Fiala (depuis le 17 décembre 2021)
CapitalePrague
Langue officielletchèque
Unité monétairecouronne tchèque (CZK)
Population10 535 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)78 871

La République tchèque indépendante

La partition tchéco-slovaque, entérinée sans consultation de la population, fut l'œuvre de deux hommes à la tête de partis sortis vainqueurs des élections législatives des 8 et 9 juin 1992, le Tchèque Václav Klaus, du Parti démocratique civique (O.D.S.), et le Slovaque Vladimir Mečiar, du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (H.Z.D.S.). Ils négocièrent une séparation « de velours », à bien des titres exemplaire, donnant naissance, le 1er janvier 1993, à deux États souverains. Quelques semaines plus tard, Václav Havel, président de la Fédération tchéco-slovaque de 1990 à 1992, devient le chef de la République tchèque (il le restera jusqu'en 2003) et affiche sa volonté d'intégrer les structures euro-atlantiques. Par ailleurs, la République tchèque bénéficiait, au regard de l'extérieur, d'un avantage symbolique, lié notamment à sa capitale, Prague, et à son drapeau, faisant d'elle l'État successeur de la Tchécoslovaquie.

Une transformation réussie mais coûteuse (1993-1997)

La tentation de faire cavalier seul

Pour Václav Klaus, Premier ministre de 1992 à 1997, à la tête d'une coalition de conservateurs, de libéraux et de chrétiens-démocrates, la République tchèque pouvait se permettre d'agir seule, une conviction qu'il traduisit immédiatement dans les faits en rompant unilatéralement l'union douanière avec la Slovaquie dès février 1993, et en prenant ses distances avec les pays voisins du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie), considéré comme un handicap pour l'ambitieuse politique extérieure tchèque. Mais cette attitude fut en fait mal perçue en dehors du pays. L'effort se porta donc sur la libéralisation des relations commerciales entre ces pays, dans le cadre de l'Accord de libre-échange centre-européen (A.L.E.C.E.), signé le 21 décembre 1992.

Par ailleurs, la partition de la Tchéco-slovaquie avait fait de la Pologne l'acteur stratégique régional, impliquant, pour la nouvelle République tchèque, un repositionnement dans la course à l'adhésion à l'O.T.A.N. Mais l'importance des pays tchèques pour l'Alliance atlantique était négligeable, en raison notamment des changements géopolitiques (les pays voisins sont tournés vers l'O.T.A.N.) et de l'obsolescence de leur armement. Il était donc difficile pour eux, dans les années 1990, de se doter d'une doctrine de défense, sans opérer de restructuration de leur industrie d'armement. En 1997-1998, la doctrine finalement élaborée identifiait deux menaces hypothétiques pour la stabilité de l'État tchèque, l'Autriche et la Slovaquie ! Avec cette dernière, le principal contentieux, mis à part des frictions sur le partage des biens culturels, portait sur la répartition entre la République tchèque et la Slovaquie des créances relatives aux aides qui avaient été octroyées aux entreprises par le gouvernement fédéral. Implicitement, les Tchèques trouvaient que la politique pro-russe du Premier ministre slovaque Mečiar visait à gêner leurs aspirations euro-atlantiques, notamment en voulant établir une frontière entre les deux États. Quant à la Russie, qui devait 2 milliards de dollars au titre de la dette soviétique à l'État, elle ne représentait plus une menace liée à l'impérialisme politique, mais elle inquiétait par la prolifération des activités liées au crime organisé, dans le contexte de l'ouverture des marchés. Moscou servait ainsi d'épouvantail aux nouvelles élites tchèques pour asseoir leur pouvoir.

De plus, dans les relations avec l'Allemagne d'Helmut Kohl, il fallait concilier deux positions contradictoires : voir un allié incontournable en vue d'une intégration dans l'Union européenne (U.E.), sans perdre de vue que, en Bavière, la C.S.U. (Union sociale-chrétienne) au pouvoir défendait âprement les Allemands des Sudètes expulsés en 1945, et se montrait opposée à l'entrée de la République tchèque dans l'U.E. Du côté tchèque, la prééminence des investissements allemands dans l'industrie nationale et dans les médias (notamment régionaux) apportait de l'eau au moulin du chauvinisme et du nationalisme.

Un capitalisme à reconstruire avec une nation d'actionnaires

En 1993, la petite privatisation de la distribution et de l'artisanat était achevée, les biens en partie restitués aux Églises et à la noblesse « patriotique » (celle qui était restée fidèle à la République en 1938) [...]

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Tchèque (République) : carte physique

Tchèque (République) : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tchèque (République) : drapeau

Tchèque (République) : drapeau
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Nouvelles adhésions à l'O.T.A.N., mars 1999

Nouvelles adhésions à l'O.T.A.N., mars 1999
Crédits : John Ruthroff/ AFP

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Écrit par :

  • : chargé d'études à la Documentation française, Paris
  • : directrice de recherche au C.N.R.S.
  • : directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
  • : chargé de cours (littérature tchèque, littérature comparée) à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Jaroslav BLAHA, Marie-Elizabeth DUCREUX, Marie-Claude MAUREL, Vladimir PESKA, « TCHÈQUE RÉPUBLIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/