TARANTINO QUENTIN (1963- )

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En l'espace de deux films, Reservoir Dogs (1992) et Pulp Fiction (1994), dont le retentissement tant critique que public et médiatique fut considérable, Quentin Tarantino s'est imposé comme un des cinéastes américains les plus talentueux, mais aussi comme le plus représentatif d'une relation nouvelle aux images, aux codes de la fiction et à la cinéphilie. Dans sa biographie, Quentin Tarantino, Shooting from the Hip (1995), Wensley Clarkson note que le cinéaste offre l'exemple unique d'une popularité digne d'une star du rock, et seulement comparable au phénomène que suscita la révélation du jeune Orson Welles.

Pulp Fiction, Q. Tarantino

Pulp Fiction, Q. Tarantino

Photographie

Pulp Fiction (1994), de Quentin Tarantino, avec John Travolta. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Le mélange des genres

C'est dans un vidéoclub de la banlieue de Los Angeles, où il trouva un poste de vendeur en 1981, que Quentin Tarantino, né en 1963 à Knoxville (Tennessee), a mûri son inspiration. Particulièrement riche en films peu diffusés ou devenus rares aux États-Unis, le magasin Video Archives devint le temple de la cinéphilie anticonformiste du futur cinéaste, fan de Stanley Kubrick, Brian de Palma, Martin Scorsese, mais aussi de Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Melville, ainsi que de cinéastes plus obscurs spécialisés dans les films d'action de série B ou Z. Outre son éclectisme débridé, la spécificité de cette culture vidéo, par le type même de visionnement qu'elle permet (repasser à loisir les mêmes scènes), marqua les qualités particulières du style de Tarantino. Celui-ci se caractérise avant tout par une parfaite connaissance des conventions du cinéma de genre, dont il joue avec une grande liberté, pour les détourner de façon ludique ou en exacerber le caractère légendaire : histoire d'un hold-up raté, Reservoir Dogs, son premier film, possède à la fois l'authenticité du cinéma classique dont il porte l'empreinte (L'Ultime Razzia de Kubrick en est un des modèles) et le brio caractéristique d'une reformulation théâtralisée du film noir. Sur un matériau romanesque [...]

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Pour citer l’article

Frédéric STRAUSS, « TARANTINO QUENTIN (1963- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/quentin-tarantino/