PORTRAIT, art grec

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Septime Sévère et sa famille, médaillon peint

Septime Sévère et sa famille, médaillon peint
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Portrait funéraire, Fayoum, Égypte

Portrait funéraire, Fayoum, Égypte
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

photographie

Portrait funéraire féminin, Fayoum, Égypte

Portrait funéraire féminin, Fayoum, Égypte
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

photographie


Que l'art grec, si exclusivement attaché à la représentation de la figure humaine, ait tardé à pratiquer le portrait, ce n'est un paradoxe qu'en apparence : durant toute la période archaïque et jusqu'au second classicisme du ~ ive siècle, les artistes grecs sont restés tributaires des types créés au ~ viie siècle pour des fins religieuses. Couroi et corés, quand bien même placés sur des tombes, sont fort peu individualisés. Ni Croïsos (couros trouvé à Anavyssos, Musée national d'Athènes), ni Phrasicléa (coré trouvée à Merenda, Musée national d'Athènes), dont les noms nous sont connus par l'inscription gravée sur la base, ne représentent le défunt : ils symbolisent l'être humain dans son fugace épanouissement. Un siècle plus tard, les statues de Polyclète conservent le même caractère d'idéalisation, bien qu'il s'agisse d'athlètes vainqueurs lors de concours panhelléniques : l'impersonnalité est de règle, le visage n'est pas plus important ici que le torse ou le genou ; seuls comptent les rapports entre les différentes parties du corps. Art inexpressif donc, dont le formalisme rigoureux est animé par une spiritualité qui fait de la figure humaine, ainsi abstraite de sa contingence historique, un modèle où le divin affleure.

Point de règle sans exceptions : dès l'archaïsme, quelques têtes donnent l'impression d'une individualité plus marquée. Ainsi le Cavalier Rampin (vers ~ 550 ; musées du Louvre et de l'Acropole) pourrait être l'un des fils de Pisistrate, la Tête Sabouroff (vers ~ 540 ; Staatliche Musen, Berlin) le portrait du tyran lui-même. Avec le ~ ve siècle, on sort des conjectures ; les copies du groupe des Tyrannoctones (~ 477-~ 476, musée de Naples) semblent conserver quelque chose de l'apparence réelle d'Harmodios et d'Aristogiton, et le buste inscrit de Thémistocle trouvé à Ostie est certainement la copie d'un portrait (vers ~ 460 ; musée d'Ostie) qu'il est cependant difficile de mettre en rapport avec les différentes statues de Thémisto [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : ancien membre de l'École française d'Athènes, professeur émérite d'archéologie grecque à l'université de Paris-X-Nanterre

Classification


Autres références

«  PORTRAIT, art grec  » est également traité dans :

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - Les arts de la Grèce

  • Écrit par 
  • Pierre DEVAMBEZ, 
  • Agnès ROUVERET
  •  • 18 509 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre «  Le second classicisme »  : […] Avec la chute d'Athènes vaincue par Sparte en 404 se termine la période qui, sous le nom de siècle de Périclès, passe aux yeux de beaucoup pour la plus brillante de l'histoire artistique de la Grèce ; et, de fait, ce « siècle » présente, plus nets, plus purs de tout mélange qu'ils ne le furent à nul moment, les caractères les plus typiques et les plus admirables de l'hellénisme. Un métier sûr de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-antique-civilisation-les-arts-de-la-grece/#i_80706

APELLE (IVe s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Adrien GOETZ
  •  • 2 448 mots

Dans le chapitre « Retrouver la « grâce » d'Apelle »  : […] Ces passages constants du champ rhétorique à celui des arts ne pouvaient que donner envie aux artistes de se mesurer à Apelle, c'est-à-dire peindre en concurrence avec des textes. Dans cette perspective, la série des œuvres d'Apelle mentionnée par Pline a pu servir de réserve de sujets. Apelle excellait dans tous les genres. Le premier des portraitistes officiels, il était le seul autorisé à repr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/apelle/#i_80706

GLYPTIQUE

  • Écrit par 
  • Mathilde AVISSEAU, 
  • Josèphe JACQUIOT
  •  • 5 314 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La glyptique en Grèce aux Ve et IVe siècles »  : […] Cette forme particulière de l'expression artistique connut un extraordinaire engouement, comme en témoignent les inventaires du trésor du Parthénon de l'an 400, dans lesquels il est mentionné un grand nombre d'intailles serties d'or et d'argent, montées en bagues, qui servaient de sceaux. Ce fut précisément sous l'impulsion de nombreux lithoglyphes que les intailles se transformèrent dans leur for […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/glyptique/#i_80706

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - Fonctions de l'image

  • Écrit par 
  • François LISSARRAGUE
  •  • 4 758 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Images et cités »  : […] La dimension religieuse est omniprésente dans la culture antique ; toutefois, certains usages de l'image sont moins exclusivement liés aux pratiques religieuses que ceux que l'on vient d'évoquer. Ainsi en est-il de la glyptique – les pierres gravées, souvent montées en bagues, portent un sujet de dimensions réduites et fonctionnent comme des sceaux destinés à imprimer la marque de leur propriétai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-antique-civilisation-fonctions-de-l-image/#i_80706

LYSIPPE (env. 390-env. 305 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Bernard HOLTZMANN
  •  • 849 mots
  •  • 2 médias

Dernier des grands sculpteurs grecs dont le nom nous soit parvenu, Lysippe est, comme ses prédécesseurs, mieux connu par les textes (P. Moreno, Testimonianze per la teoria artistica di Lisippo , éd. Canova, Trévise, 1973 ; Lisippo I , Dedalo Libri, Bari, 1974) que par ses œuvres, qui ne nous ont été transmises que par des copies (C. Picard, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lysippe/#i_80706

RÉALISME, art grec

  • Écrit par 
  • Bernard HOLTZMANN
  •  • 1 435 mots

Depuis la Renaissance jusqu'au milieu du xix e  siècle au moins, l'art grec a fourni aux artistes et aux penseurs de l'Occident le modèle de ce qu'ils ont appelé le « beau idéal » : un art où la réalité est épurée par la recherche d'une perfection formelle résultant d'une démarche intellectuelle. Cette perception de l'art grec, fondée avant tout s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/realisme-art-grec/#i_80706

GRECQUE SCULPTURE

  • Écrit par 
  • Bernard HOLTZMANN
  •  • 191 mots
  •  • 1 média

Un type athlétique, nouveau par ses proportions et son attitude, mis au point par Lysippe, le grand bronzier de Sicyone (Péloponnèse) ; des figures rêveuses, d'une sensualité inconnue jusque-là, créées par le maître athénien Praxitèle ; un retour au marbre suscité par l'énorme chantier du mausolée d'Halicarnasse, auquel participent Timothéos, vétéran du maniérisme, mais aussi Bryaxis, Léocharès et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/renouvellement-de-la-sculpture-grecque/#i_80706

Pour citer l’article

Bernard HOLTZMANN, « PORTRAIT, art grec », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/portrait-art-grec/