SOUS-MARINE PLONGÉE

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Les hommes ont depuis toujours cherché à explorer sous la surface de la mer. On retrouve des récits de ces entreprises audacieuses dans Hérodote, Pline, Aristote. Les premiers dessins d'équipement apparaissent au xvie siècle, mais on ignore s'ils ont donné lieu à des réalisations. C'est seulement au xixe siècle que les progrès de la science et de la technique ont permis à l'homme de s'aventurer sous la mer avec une certaine sécurité : 1819, scaphandre de Siebe, le véritable ancêtre du scaphandre moderne ; 1855, scaphandre de Cabirol ; 1865, premier appareil autonome réalisé par Rouqueyrol et Dénayrouse.

Au cours de la première moitié du xxe siècle, des entreprises brillantes mais épisodiques ont frappé les imaginations : récupération de l'or de quelques épaves célèbres, sauvetage des prisonniers du Squalus, etc. En 1930, des scaphandriers américains atteignent la profondeur de 100 mètres en utilisant un mélange respiratoire constitué d'hélium et d'oxygène. En 1945, Zeterström descend à 160 mètres avec un mélange hydrogène-oxygène ; il meurt à la remontée en raison d'un accident mécanique. C'est enfin la réussite exceptionnelle des scaphandres autonomes modernes (Le Prieur, Commeinhes, Cousteau-Gagnan), qui ouvrent au public un domaine qui était jusqu'alors réservé aux seuls professionnels. Il devient possible de pénétrer sous la mer avec une aisance accrue, mais sans pour autant que les limites d'action, c'est-à-dire de profondeur, en soient reculées.

C'est qu'en effet, malgré les progrès accomplis, la plongée sous-marine est restée pendant longtemps une activité marginale. Considérée sous l'angle professionnel, elle n'intéressait qu'une fraction restreinte de spécialistes confinés à des tâches sans gloire dans les fonds des ports et des rades ; et, devenue un sport, un passe-temps à la mode, elle ne touchait qu'une minorité privilégiée.

Sous la pression des besoins militaires, scientifiques et industriels, une évolution s'est rapidement dessinée. On s'est aperçu que la plongée ne se résumait pas à ces besognes pesantes de scaphandriers, mais qu'elle s'inscrivait dans l'avenir au rang d'une véritable discipline scientifique, comme le moyen essentiel et en pleine évolution d'une entreprise exaltante : la pénétration et la maîtrise par l'homme du domaine sous-marin.

Le 20 novembre 1992, un plongeur professionnel de la Comex (Compagnie maritime d'expertises), Théo Mavrostomos, atteignait, pour la première fois au monde, la profondeur de 701 mètres dans des caissons hyperbares, et cela grâce à un nouveau mélange gazeux respiratoire : l'hydréliox, composé d'hydrogène, d'hélium et d'oxygène. Il régnait alors dans les caissons une pression égale à soixante et onze fois la pression atmosphérique (71,1 bar, soit 7,11 MPa) ! Cette plongée d'essais record baptisée Hydra 10 était l'aboutissement de dix années de recherche sur l'hydrogène. Il était enfin démontré que, grâce à ce nouveau mélange gazeux qui permet de lutter efficacement contre les troubles produits par les hautes pressions, l'homme pourrait un jour travailler en toute sécurité dans la zone des 300-600 mètres de profondeur sur les chantiers pétroliers en mer (offshore).

Mais cette conquête est difficile. La mer est en effet un milieu terriblement hostile. Elle est froide, obscure, corrosive ; elle ne laisse pas passer les ondes radioélectriques ; elle est surtout un monde où les lois de la pression sont déterminantes. Physiologistes et ingénieurs s'emploient à composer avec elle.

Problèmes physiologiques

Parmi les nombreux problèmes que pose la plongée sous-marine, beaucoup ont été résolus depuis longtemps, d'autres sont en voie de résolution ou à l'étude, certains ont été simplement masqués ou esquivés par commodité. Quelques-uns enfin ne sont qu'envisagés, et leur solution relève d'un lointain futur.

L'élément fondamental est d'ordre physiologique. Il faut pouvoir vivre en profondeur, donc sous une pression ambiante supérieure à la normale, et ensuite il faut remonter à la surface. Vivre sous une pression ambiante supérieure à la normale implique au premier chef le maintien de la fonction respiratoire. Cela revient à fournir aux poumons du plongeur un mélange gazeux respirable, c'est-à-dire non toxique, à une pression qui équilibre très exactement celle qui s'exerce sur la paroi extérieure de la cage thoracique. L'équilibrage de pression [...]

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Écrit par :

  • : président-directeur général de la société COMEX
  • : inspecteur général de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer)

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Pour citer l’article

Henri DELAUZE, Claude RIFFAUD, « SOUS-MARINE PLONGÉE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/plongee-sous-marine/