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BERT PAUL (1833-1886)

Paul Bert - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Paul Bert

Licencié en droit (1856) et en sciences naturelles (1860), docteur en médecine, Paul Bert devient, en 1863, préparateur de Claude Bernard au Collège de France. En 1866-1867, il enseigne la zoologie et la physiologie à la faculté des sciences de Bordeaux. De retour à Paris l'année suivante, il remplace Flourens à la chaire de physiologie comparée au Muséum d'histoire naturelle. En 1869, il succède à Claude Bernard à la Sorbonne.

La guerre de 1870 l'oriente vers la politique. Nommé préfet du Nord par son ami Gambetta, il est élu député de l'Yonne (1872) et devient, en 1881-1882, ministre de l'Instruction publique dans le cabinet Gambetta. Il lutte pour défendre les lois de Jules Ferry sur l'enseignement primaire (laïque et obligatoire), sur l'admission des jeunes filles dans le secondaire et sur l'introduction des sciences dans l'enseignement. Il publie en 1881 L'Enseignement laïque, suivi de plusieurs manuels primaires et secondaires sur les sciences physiques et naturelles. Il édite La Revue scientifique, de 1879 à 1885. Par suite des difficultés rencontrées par la colonisation française en Indochine, Paul Bert est nommé en janvier 1886 gouverneur civil de l'Annam et du Tonkin. Il remplace les militaires par des administrateurs civils, fonde des écoles, négocie avec les autorités locales.

Sa vie scientifique n'a pas été éclipsée par sa carrière politique. En effet, après avoir publié, en 1866, Recherches sur les mouvements de la Sensitive (où il met en évidence le rôle du jour et de la nuit sur la croissance des végétaux), Recherches expérimentales pour servir à l'histoire de la vitalité propre des tissus animaux et De la greffe animale (résumé de ses expériences sur les transplantations d'organes), il étudie la respiration des vertébrés et des invertébrés (Leçons sur la physiologie comparée de la respiration, 1870) et celle de l'homme en haute altitude et en plongée. Le premier, il réalise en chambre pressurisée les conditions atmosphériques de la haute altitude, montre que le « mal des montagnes » s'explique par une variation de la pression d'oxygène, et applique ses recherches à l'acclimatation en haute altitude, aux modifications que les différences de pression font subir à l'organisme, à l'anesthésie, au rôle de l'air comprimé dans la fermentation. Il publie en 1878 son ouvrage magistral, La Pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentale, qui a été largement utilisé par les médecins de l'aéronautique durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans ce même ouvrage, Paul Bert décrit le phénomène de l'empoisonnement par l'oxygène. Il y démontre enfin que le mal des caissons, en plongée, est dû à la formation de bulles d'azote lors de la décompression et que le seul moyen d'empêcher ces redoutables accidents est de procéder à une décompression progressive des sujets, leur laissant le temps d'éliminer progressivement l'azote dissous en grande quantité pendant la plongée. Paul Bert a ainsi jeté les bases de la physiologie de l'altitude et celles de la plongée (hypobarie, hyperbarie).

— Jacqueline BROSSOLLET

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Pour citer cet article

Jacqueline BROSSOLLET. BERT PAUL (1833-1886) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Paul Bert - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Paul Bert

Autres références

  • SOUS-MARINE PLONGÉE

    • Écrit par et
    • 6 403 mots
    • 1 média
    Depuis la communication que fit Paul Bert à l'Académie des sciences en 1873, les effets de l'oxygène respiré sous pression sont bien connus, si leurs causes le sont moins.