PINTURICCHIO BERNARDINO DI BETTO dit (1454-1513)

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Pinturicchio travaillait à Pérouse avec Pérugin, lorsque Sixte IV, en 1481, appela celui-ci à participer au décor de la chapelle Sixtine, avec Luca Signorelli, Botticelli, Ghirlandaio, et Cosimo Rosselli, assisté de Piero di Cosimo. Pinturicchio y fait ses débuts sous la direction de son maître avec la Circoncision du fils de Moïse. Après l'achèvement de la chapelle, il demeure à Rome et peint l'Histoire de saint Bernardin dans l'église d'Aracœli (1484-1485) : le sens de l'équilibre spatial, l'accord des figures, du paysage et des architectures (Mort de saint Bernardin) montrent ce qu'il a retenu de sa collaboration avec Pérugin. Les couleurs fines, l'atmosphère poétique de la Glorification de saint Bernardin, sur un fond de collines bleutées, ont la même source. Pinturicchio travaille ensuite à Sainte-Marie-du-Peuple (1485-1489) et au palais du Belvédère où il peint, dans une loggia, des vues de villes italiennes « à la manière des Flamands » (détruites). En 1492, après des travaux à Orvieto (Docteurs et Évangélistes à la cathédrale), il commence pour Alexandre VI le célèbre décor des appartements Borgia, au Vatican. Pinturicchio y recourt à tous les moyens possibles pour éblouir et enchanter le spectateur : les paysages romantiques alternent avec des vues de Rome et de ses monuments antiques ; les somptueux costumes orientaux se mêlent à ceux des jolis pages de la cour pontificale, et peut-être Lucrèce Borgia est-elle représentée sous les traits de la blonde sainte Catherine ; l'or se répand en poudroiement féerique sur les horizons, rehausse les architectures, les vêtements, les stucs en relief des trônes, des couronnes, des turbans. Les scènes de l'Évangile et de la vie des saints — sous le plafond évoquant le mythe d'Isis et d'Osiris et l'adoration du bœuf Apis — prennent ainsi l'allure d'un conte de fées auquel ne manquent pas même les éléments mystérieux et inquiétants, les rochers surréalistes, les animaux fabuleux, les diablesses aux pieds fourchus. L'ensemble était achevé en 1495. Pinturicchio quitte Rome, achève les fresques d'Orvieto, décore en 1501 la chapelle des Baglioni à Sainte-Marie-Majeure de Spello, près d'Assise, où il multiplie les détails pittoresques et place son propre portrait, dans un cadre en trompe-l'œil, sous une nature morte « flamande ». En 1502, il entreprend, à la cathédrale de Sienne, le décor de la bibliothèque, où il évoque la vie — et les aventures — du pape Pie II (Aeneas Silvius Piccolomini). Les figures manquent sans doute de présence, les expressions sont conventionnelles mais l'ensemble garde une aisance narrative d'autant plus séduisante que Pinturicchio y retrouve un sens très sûr des espaces harmonisés par le rythme des architectures en perspective, ouvertes sur des paysages marins ou sur les horizons légers de l'Ombrie.

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«  PINTURICCHIO BERNARDINO DI BETTO dit (1454-1513)  » est également traité dans :

CARPACCIO VITTORE (1460 env.-1526)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 2 786 mots
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Dans le chapitre « Pérugin et Pinturicchio »  : […] Mais Carpaccio a connu d'autres expériences. Les problèmes de construction dans l'espace abordés d'abord par les peintres florentins sont devenus une préoccupation commune dans le dernier quart du Quattrocento et ont donné lieu à des réactions diverses. Celle de Carpaccio s'explique mieux si l'on tient compte, selon la suggestion de P. Zampetti, d'œuvres comme La Remise des clefs à saint Pierre , […] Lire la suite

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Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « PINTURICCHIO BERNARDINO DI BETTO dit (1454-1513) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pinturicchio/