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PIGMENTATION ANIMALE

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Les diverses cellules à pigments

Les pigments peuvent soit être intracellulaires, soit être déposés à demeure dans des structures extracellulaires, comme les poils, les plumes, la cuticule ou la coquille. Dans le second cas, les pigments sont élaborés par des cellules qui transfèrent ensuite leur contenu dans ces structures, qui jouent en quelque sorte un rôle d'« organes d'accumulation ». Nous n'envisagerons ici en détail que le cas des cellules pigmentées, qui peuvent se classer dans trois catégories distinctes : les chromatocytes sont des cellules épidermiques de forme fixe où la répartition spatiale des pigments est fixe ; les chromatophores sont des cellules dermiques (chez les Vertébrés) dont l'aspect peut varier par changement de la forme de la cellule ou de la répartition des pigments ; les cellules chromoépithéliales sont les constituants de base des épithéliums où la plupart des cellules sont pigmentées, comme chez les Insectes. Ces divers types cellulaires accumulent des pigments qu'ils synthétisent ou qu'ils puisent dans le milieu intérieur de l'animal.

Chromatophores dermiques - crédits : Encyclopædia Universalis France

Chromatophores dermiques

Chromatocytes et chromatophores sont classés en fonction de la couleur des pigments qu'ils contiennent. Parmi les chromatophores, on distingue ainsi des mélanophores (qui contiennent des pigments noirs, en l'occurrence des mélanines) des xanthophores (jaunes), des érythrophores (rouges)..., ainsi que des iridiophores (cellules remplies de petites plaquettes – souvent constituées de cristaux de guanine ou d'un composé voisin – qui diffractent la lumière). Selon la nature et les propriétés chimiques des pigments, ils peuvent se trouver soit à l'état dissous dans le cytosol (pigments hydrosolubles comme les pigments biliaires), dans des gouttelettes lipidiques (pigments liposolubles comme les caroténoïdes) soit fixés sur une matrice formant des granules de petite taille (composés peu ou pas solubles comme les mélanines, les ommochromes, les ptérines ou les purines). Ces granules sont appelés en fonction de la nature chimique des pigments qu'ils renferment : mélanosomes (à mélanine), ptérinosomes (à ptérines), etc. Le tégument coloré peut renfermer des cellules pigmentées isolées (poissons, crustacés) ou regroupées en structures complexes où voisinent des cellules de types différents (reptiles, amphibiens).

Couleurs des animaux et leur origine - crédits : Encyclopædia Universalis France

Couleurs des animaux et leur origine

L'origine métabolique des pigments est très variable. Certains, issus du catabolisme des aminoacides (mélanines, ommochromes) ou des acides nucléiques (ptérines, purines) sont synthétisés par les animaux eux-mêmes et, fréquemment, à l'intérieur même des cellules pigmentées. D'autres, en particulier les caroténoïdes, sont d'origine alimentaire (seuls les végétaux sont capables de synthétiser ces composés – parmi lesquels le carotène, ou provitamine A, précurseur du pourpre rétinien) et ne subissent que de petites transformations chimiques chez l'animal, qui les accumule. Cette accumulation est particulièrement facile à mettre en évidence ; elle est mise à profit pour rendre les canaris plus jaunes ou pour colorer en rose la chair des saumons d'élevage. Elle explique également la couleur dorée de la peau des bébés nourris avec des aliments contenant beaucoup de carotte.

Mélanocytes et kératinocytes de la peau humaine - crédits : Encyclopædia Universalis France

Mélanocytes et kératinocytes de la peau humaine

Les pigments formés par les chromatocytes n'y restent pas toujours accumulés. Dans un certain nombre de cas, ils peuvent être transférés dans les phanères, la cuticule ou les cellules épidermiques banales. Cela a été particulièrement bien étudié chez l'homme, pour le transfert des mélanosomes depuis les mélanocytes jusqu'aux kératinocytes (cellules épidermiques). Les grains de mélanine formés par transformation de la tyrosine migrent dans les dendrites du mélanocyte, puis passent dans les kératinocytes. Des facteurs génétiques contrôlent la quantité de mélanine formée, la taille et l'emballage des mélanosomes.[...]

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Écrit par

  • : agrégé de l'Université (sciences biologiques), docteur ès sciences, maître assistant des Universités
  • : professeur des Universités

Classification

Pour citer cet article

Alain BOUTHIER et René LAFONT. PIGMENTATION ANIMALE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Médias

Chromatophores dermiques - crédits : Encyclopædia Universalis France

Chromatophores dermiques

Couleurs des animaux et leur origine - crédits : Encyclopædia Universalis France

Couleurs des animaux et leur origine

Mélanocytes et kératinocytes de la peau humaine - crédits : Encyclopædia Universalis France

Mélanocytes et kératinocytes de la peau humaine

Autres références

  • ALBINISME

    • Écrit par
    • 193 mots

    Du latin albus signifiant « blanc ». L'albinisme est l'absence de pigmentation jaune, rouge, brune ou noire des yeux, de la peau, des écailles, des plumes ou des poils. Les animaux albinos résistent rarement à la vie sauvage, du fait de l'absence des pigments qui, fournissant...

  • DIMORPHISME

    • Écrit par
    • 1 030 mots

    Existence de deux formes distinctes pour une même espèce, animale ou végétale. Le dimorphisme représente un cas particulier du polymorphisme. Il affecte différents caractères et se présente sous divers aspects.

    Le dimorphisme sexuel permet de distinguer un individu mâle d'un individu...

  • DYSCHROMIES

    • Écrit par
    • 554 mots

    Modifications de la teinte normale des téguments. On peut qualifier d'hyperchromies l'apparition de teintes foncées au niveau de la peau. Les dyschromies sont dues au dépôt de substances étrangères introduites par voie externe (tatouage) ou par voie interne (or, argent). Elles peuvent...

  • EXCRÉTION

    • Écrit par
    • 5 271 mots
    • 8 médias
    ...l'épiderme et les cellules sous-jacentes. Les chloragocytes sont particulièrement développés chez les sangsues, où ils forment le tissu botryoïdal, riche en pigments biliaires provenant de la dégradation de l'hémoglobine ingérée par ces animaux hématophages (l'épiderme contient également de grandes quantités...
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