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PHILIPPE III LE BON (1396-1467) duc de Bourgogne (1419-1467)

Duc de Bourgogne (1419-1467) né le 31 juillet 1396 à Dijon, mort le 15 juin 1467 à Bruges.

Fils de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, Philippe devient duc de Bourgogne à vingt-trois ans. Son objectif premier est alors de se dégager aussi vite que possible des affaires qui ont conduit les Armagnacs à assassiner son père en 1419. Tenant le dauphin Charles (futur Charles VII) pour responsable du meurtre, il signe le traité de Troyes avec le roi d'Angleterre Henri V en 1420. Par cet accord, la reine de France Isabeau de Bavière (femme du roi Charles VI) nomme Henri V son héritier présomptif, partage son royaume entre l'Angleterre et la Bourgogne et déshérite son fils Charles.

Philippe préfère ne pas se lancer dans la conquête du royaume de France. Il maintient son alliance avec l'Angleterre, mais ne lui offre qu'un appui médiocre contre son ennemi français. Lors du traité d'Arras, en 1435, Charles VII se repent du meurtre de Jean sans Peur et, pour s'assurer de la neutralité de Philippe dans la guerre de Cent Ans, lui octroie de nombreux territoires français (comtés de Mâcon et d'Auxerre, villes de la Somme, Ponthieu, Boulogne-sur-Mer). En échange de ces concessions, le duc le reconnaît comme roi de France et fait dès lors tout pour être en bons termes avec lui. Il rompt ainsi l'alliance anglo-bourguignonne jusqu'en 1439, et tentera en vain de s'emparer de Calais. Ne s'immisçant pas en France, il cherche à étendre ses propres territoires ailleurs.

Derrière une façade de splendeur courtisane et de festivités chevaleresques, le duc Philippe le Bon est un opportuniste féroce qui, surtout pendant la première moitié de son règne ducal, se concentre sur la conquête de ses voisins plus petits. Il achète Namur en 1421, puis s'empare du Hainaut en 1427, du riche duché de Brabant en 1430 et enfin des comtés de Hollande et de Zélande au terme d'une longue série de guerres qu'il dirige personnellement entre 1424 et 1433. Sa politique d'expansion territoriale est parachevée par la conquête du duché de Luxembourg en 1443. Maître de la Bourgogne, de la Franche-Comté, de la Flandre, de l'Artois et des provinces belges, Philippe est désormais le plus puissant prince d'Occident.

C'est sous Philippe le Bon que la richesse de la vie de cour atteignent leur apogée dans l'Europe médiévale. Le duc de Bourgogne aime en effet à s'entourer de toute la pompe et de tout l'apparat alors imaginables. En 1430, il fonde l'ordre de la Toison d'Or, comptant au maximum 24 chevaliers, valeureux nobles de grande renommée. Il tient sa cour à Bruxelles, Bruges, Hesdin ou Lille.

Précurseur de la Renaissance, Philippe emploie les meilleurs artistes de l'époque pour peindre ses bannières et ses flammes, décorer ses palais et ses équipages, et enluminer de splendides manuscrits. Désireux de voir le visage de sa future épouse avant d'accepter l'union, il envoie le peintre Jan van Eyck au Portugal pour faire le portrait de la fille du roi, Isabelle.

Le duc de Bourgogne tient des banquets extrêmement raffinés, tel le célèbre banquet du Faisan, organisé à Lille en 1454 et ouvert au public. Pour l'occasion ont été dressés, sur des tables, des paysages où l'on peut admirer des navires et des châteaux miniatures, des plats exquis figurant divers animaux et de nombreuses autres merveilles. Philippe organise également de temps à autre des tournois de chevalerie.

Véritable fondateur du duché de Bourgogne, Philippe le Bon laisse à sa mort un État puissant qui rivalise avec le royaume de France au xve siècle

— Richard VAUGHAN

— Universalis

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Écrit par

  • : ancien professeur d'histoire à l'université de Hull, San Francisco
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • BEDFORD JEAN DE LANCASTRE duc de (1389-1435)

    • Écrit par Paul BENOÎT
    • 747 mots

    Troisième fils d'Henri IV d'Angleterre, Jean de Lancastre est fait duc de Bedford par son frère Henri V en 1414. Mêlé très jeune aux luttes politiques, il soutient son frère qui lui confie la lieutenance du royaume lors de ses expéditions en France. À ce titre, il prend Berwick aux Écossais...

  • BELGIQUE - Histoire

    • Écrit par Guido PEETERS
    • 20 670 mots
    • 16 médias
    ...sa famille et les Wittelsbach qui gouvernaient le Hainaut, la Hollande et la Zélande et réussit à acquérir pour sa maison la succession brabançonne. Ce fut son petit-fils, Philippe le Bon, qui en récolta les bénéfices ; grand-duc d'Occident, il devint prince de Hainaut, Hollande et Zélande (1428), de...
  • BOURGOGNE DUCHÉ DE

    • Écrit par Universalis, Jean RICHARD
    • 3 580 mots
    • 6 médias
    ...nécropole de sa lignée, celle-ci devint, grâce à des artistes appelés de Paris et des pays du Nord – tel Claus Sluter – un prodigieux foyer artistique. Philippe le Bon restait encore fidèle à la ville lorsqu'il fixa à la Sainte-Chapelle de Dijon le siège de l'ordre de la Toison d'or...
  • FAISAN VŒU DU (1454)

    • Écrit par Solange MARIN
    • 325 mots

    Prononcé à Lille pour la délivrance de Byzance, qui vient d'être prise par les armées de Mehmet II, le vœu du Faisan est resté célèbre par le faste qui l'entoura. Une coutume qui remontait aux temps barbares voulait que toute grande entreprise fût précédée d'un vœu prononcé sur un animal vivant ou...

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Voir aussi