DIJON

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Dijon, capitale de la région Bourgogne et chef-lieu de la Côte-d'Or, a été désignée en 2015 comme chef-lieu de la nouvelle grande région Bourgogne-Franche-Comté. La ville se situe à l'une des intersections entre les voies nord-sud unissant la Méditerranée à l'Europe du Nord et les voies sud-est - nord-ouest joignant l'Italie du Nord au Bassin parisien. Elle a donc bénéficié de certains atouts, mais a dû aussi se battre pour drainer vers elle les trafics et assurer sa place entre Paris et Lyon. À l'époque celtique, les deux voies se croisent à l'emplacement de Dijon, alors qu'à l'époque romaine, si la route de Lyon à Trèves y passe, celle qui va vers Lutèce coupe plus au sud. Au iiie siècle, la bourgade s'entoure d'une petite enceinte (le castrum) et, au vie siècle, Grégoire de Tours voit en Divio une ville florissante.

Bourgogne-Franche-Comté : carte administrative

Carte : Bourgogne-Franche-Comté : carte administrative

Carte administrative de la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Au xie siècle, le premier duc capétien de Bourgogne la choisit comme capitale, et ses successeurs y font construire une vaste enceinte et un palais. La cité connaît plus tard un siècle brillant avec les grands ducs d'Occident (1363-1477), qui transforment le palais ducal autour duquel s'élèvent des hôtels aristocratiques ; la ville compte alors 13 000 habitants.

Puits de Moïse, Chartreuse de Champmol, Dijon

Photographie : Puits de Moïse, Chartreuse de Champmol, Dijon

Au cœur du grand cloître de la Chartreuse de Champmol fondée par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, en 1385 a été édifié un puits hexagonal, autrefois surmonté d'une grande croix de pierre. Du calvaire aujourd'hui disparu ne subsistent que quelques fragments. À l'intérieur demeure la... 

Crédits : J.L. Duthu/ 2004, Inventaire Général

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Puits de Moïse, C. Sluter (5)

Photographie : Puits de Moïse, C. Sluter (5)

Claus Sluter, Puits de Moïse (détail), 1396-1405, marbre, grand cloître de la Chartreuse de Champmol, Dijon. Sous les ailes déployées des anges deuillants, les prophètes Daniel (à gauche) et Isaïe (à droite) s'opposent par leurs vêtements, ainsi que par leurs traits et leurs attitudes,... 

Crédits : J.L. Duthu/ 2004, Inventaire Général

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Le retour de la Bourgogne au royaume de France, en 1477, dote Dijon du Parlement et du Gouvernement de Bourgogne. Au xviie siècle, de nombreux couvents et églises sont édifiés et, au siècle suivant, la ville, qui compte alors 23 000 habitants et qui commence à s'aventurer hors les murs (faubourgs, parc de la Colombière), s'embellit (place Royale, palais des États, hôtels des parlementaires).

Avec la Révolution, la ville perd son rôle de capitale de province pour n'être plus qu'un chef-lieu de département. En revanche, en 1833, elle est desservie par le canal de Bourgogne et, en 1851, par la voie ferrée Paris-Lyon, grâce à l'obstination de l'ingénieur Henri Darcy et du maire Victor Dumay. La ville ne compte encore que 28 000 habitants, mais va bientôt devenir le deuxième carrefour ferroviaire de France.

Dijon connaît alors une phase d'industrialisation et d'urbanisation rapide, surtout sous le second Empire. De nouveaux quartiers poussent en dehors de l'enceinte, finalement détruite à la fin du xixe siècle ; facultés, lycée, halles, tramway, grands magasins donnent des airs haussmanniens à la ville, qui atteint 70 000 habitants vers 1900. Les deux guerres ralentissent cette croissance, mais Dijon compte 100 000 habitants en 1945.

Pendant les Trente Glorieuses, bien qu'à l'écart de l'autoroute (une simple bretelle la relie à Paris), la ville connaît une deuxième phase d'industrialisation, favorisée notamment par la création de vastes zones d'activités. Certaines entreprises locales disparaissent (biscuiterie Pernot), mais d'autres sont reprises (les motocycles Terrot par Peugeot) ou se développent (laboratoires pharmaceutiques Fournier), et des entreprises parisiennes (Thomson) et étrangères (Hoover) s'installent.

La vague des constructions déborde alors la ville elle-même pour se porter sur les communes voisines. L'ère des Z.U.P. (zones à urbaniser en priorité), puis des Z.A.C. (zones d'aménagement concerté) arrive : à Dijon même, les Grésilles, la Fontaine d'Ouche, et en banlieue, à Chenôve, Quetigny, Talant. La ville se dote de grands équipements : le centre hospitalier régional, le campus universitaire, les boulevards périphériques et un vaste plan d'eau artificiel (le lac Kir). En 1975, la ville compte 152 000 habitants et l'agglomération 217 000.

La crise de 1974 provoque la fin des grandes implantations d'entreprises et même une désindustrialisation : des établissements ferment (Seita), d'autres se délocalisent (Hoover). En revanche, l'agglomération va retrouver une position plus stratégique dans l'est de la France, en s'intégrant mieux au réseau de communication : l'A 31 la relie désormais à la Lorraine ; l'A 39 la raccorde à Dole et à l'Alsace ; elle n'est pas desservie par la ligne T.G.V. Sud-Est, mais de nombreuses rames la rapprochent de Paris ; en outre, le T.G.V. Rhin-Rhône lui redonne, depuis 2011, un rôle ferroviaire important.

Par ailleurs, une nouvelle politique urbaine est instaurée : sauvegarde du centre-ville, création de secteurs piétonniers et d'un réseau de bus performant ; puis transformation du quartier Clemenceau (Palais des Congrès, auditorium), création des quartiers de Pouilly-Toison-d'Or (logements, parc technologique, vaste ensemble commercial) ; enfin, en cours ou en projet en ce début du xxie siècle, réaménagement des casernes, salle de spectacles Zénith, piscine olympique, nouveau tramway, etc.

Bien que l'agglomération soit excentrée dans sa région et concurrencée par Paris et Lyon, le commerce et les services occupent 75 p. 100 des actifs, dont un quart dans la fonction publique ou para-publique. Le tertiaire supérieur s'y développe et l'Université (26 000 étudiants) exerce un fort pouvoir d'attraction. Le dynamisme du secteur tertiaire comble largement les baisses d'emplois dans le secteur secondaire. L'agglomération, qui reste cependant le premier centre industriel de la région, compte des entreprises principalement dans la pharmacie (Urgo, Sanofi-Aventis), l'agroalimentaire (Amora-Maille, Nestlé, Vitagora), l'industrie automobile (Koyo ex-Peugeot), les industries électriques et électroniques (TPC, Schneider Electric), le papier-carton (Tetrapak).

L'agglomération compte, en 2012, 251 000 habitants, dont 156 100 à Dijon. La modestie de sa croissance (19 000 habitants entre 1975 et 1999) est due en grande partie à l'installation de citadins dans les communes périurbaines. L'aire urbaine (agglomération et anneau périurbain) compte 338 000 habitants, soit près des deux tiers de la population de Côte-dOr.

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Bourgogne-Franche-Comté : carte administrative

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Puits de Moïse, Chartreuse de Champmol, Dijon

Puits de Moïse, Chartreuse de Champmol, Dijon
Crédits : J.L. Duthu/ 2004, Inventaire Général

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Puits de Moïse, C. Sluter (5)

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Robert CHAPUIS, « DIJON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dijon/