RUNGE PHILIPP OTTO (1777-1810)

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Le meilleur représentant avec Caspar David Friedrich du romantisme allemand en peinture. Runge s'est formé à l'Académie des beaux-arts de Copenhague (1799-1801), qui attirait à l'époque les jeunes talents de l'Allemagne du Nord, puis à Dresde (1801-1803), où il fit la connaissance de Ludwig Tieck. Il fut également lié à Goethe, après avoir participé au prix annuel de Weimar, organisé à l'instigation de celui-ci pour encourager l'art allemand. En 1803, Runge vient s'installer à Hambourg. Ne pouvant vivre de son art, trop personnel pour attirer les commandes, il fut aidé par son frère Daniel qui encouragea constamment sa vocation artistique, prit soin de son œuvre après sa mort prématurée et fit paraître en 1840-1841 un choix de ses écrits, document capital pour la connaissance du romantisme allemand (reproduction anastatique, 1965). La plus grande partie de ses tableaux et de ses dessins sont conservés à la Kunsthalle de Hambourg.

Sensibilité profondément religieuse, Runge, sans être attaché à un dogme particulier, découvre l'Être divin dans toutes les manifestations de la nature. Pour lui, le genre moderne par excellence est donc le paysage. Mais cette conception du monde visible et le poids d'une formation classicisante l'amènent à envisager le paysage comme une sorte de vaste allégorie peuplée de figures qui, pour avoir reçu une signification nouvelle, ne dérivent pas moins de la tradition. Ainsi Les Heures du jour (quatre dessins à la plume, 1803, Kunsthalle, Hambourg) sont-elles des compositions purement décoratives où chaque fleur et chaque angelot ont une signification précise. Elles devaient faire l'objet d'une transposition en peinture (du Matin existent deux versions peintes en 1808, la seconde réduite à l'état de fragment) où les couleurs auraient reçu un contenu symbolique. Comme Goethe, Runge a en effet élaboré une théorie des couleurs qui accorde une large place à leur valeur spirituelle (La Sphère des couleurs, 1810) : ainsi les trois couleurs fondamentales représentent-elles pour lui les trois personnes de la Trinité. La même conception du paysage se retrouve dans des œuvres comme Le Repos pendant la fuite en Égypte (1805-1806). De ses portraits, plus accessibles au profane parce que moins chargés d'intentions, où se reflète la profondeur de son sentiment familial, émane une intense chaleur humaine (Les Parents de l'artiste, 1806 ; Nous trois, 1805, brûlé en 1931).

Le Repos pendant la fuite en Égypte, P. O. Runge

Le Repos pendant la fuite en Égypte, P. O. Runge

photographie

Philipp Otto Runge, Le Repos pendant la fuite en Égypte. 1805-1806. Huile sur toile. Musée Goethe, Francfort, Allemagne. 

Crédits : Bridgeman Images

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—  Pierre VAISSE

Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Genève

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Pour citer l’article

Pierre VAISSE, « RUNGE PHILIPP OTTO - (1777-1810) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/philipp-otto-runge/