MAAG PETER (1919-2001)

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Pour donner vie à la musique de Mozart, il faut trouver un idéal dosage de précision et de grâce, d'humour et de tendresse, de sensualité et de pudeur. Elle n'est pas très longue la liste des chefs d'orchestre – Thomas Beecham, Bruno Walter, Karl Ristenpart, George Szell, Josef Krips, Ferenc Fricsay, Claudio Abbado – qui y sont parvenus. Le Suisse Peter Maag, dont la réputation s'est étendue au monde entier – à l'exception de la France, où il reste très injustement méconnu –, fait incontestablement partie de ces rares élus.

Maag triomphe, dans les années 1950 et 1960, dans un répertoire particulièrement exigeant, grâce à une accumulation de qualités qui n'ont que trop tendance à se perdre : intelligence du rubato, netteté de l'articulation, franchise des attaques, clarté des plans sonores, sveltesse du phrasé, vivacité rythmique, naturel de la respiration, justesse des tempos.

Si Mozart est au centre de son répertoire, Maag porte également un grand intérêt à la musique du xixe siècle (Meyerbeer, Mendelssohn, Gounod, Verdi...) et s'aventure souvent dans la musique de son temps avec des œuvres de Ernst Toch, Frank Martin, Paul Hindemith, Bohuslav Martinů, Gian Francesco Malipiero, Gian Carlo Menotti...

Ernst Peter Johannes Maag naît à Saint-Gall, en Suisse, le 10 mai 1919, dans une famille musicienne. Il étudie très jeune le piano et suit des cours de philosophie, de littérature et de théologie aux universités de Zurich, de Bâle et de Genève. Après avoir obtenu une maîtrise en théologie, il approfondit sa pratique du piano avec Czesław Marek, à Zurich ; à Paris, il bénéficie en privé des conseils d'Alfred Cortot. Il devient l'ami intime de Wilhelm Furtwängler, qui ne dédaigne pas d'être son partenaire dans les concertos pour piano de Beethoven. C'est le grand chef allemand qui le pousse vers une carrière de chef d'orchestre. Maag suivra scrupuleusement son conseil de prendre le temps nécessaire pour franchir une à une les étapes qui conduisent à l'excellence.

Il débute donc modestement, dans le petit théâtre municipal de Bienne-Solothurn (canton de Berne), où il entre en 1943 comme répétiteur et chef de chœur. Entre 1945 et 1951, il y gravit les échelons, devenant second puis premier chef d'un ensemble de 21 musiciens avec lequel il apprend son métier en dirigeant des opérettes. L'Opéra de Düsseldorf l'appelle de 1952 à 1955 comme chef principal ; à la tête d'une phalange de 85 instrumentistes, il se confronte alors à des partitions autrement redoutables : Aïda de Verdi, Salomé de Richard Strauss, Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg de Wagner. De 1954 à 1956, il est l'assistant d'Ernest Ansermet à l'Orchestre de la Suisse romande. Il occupe également les fonctions de directeur général de la musique à l'Opéra de Bonn (1955-1959).

L'opéra restera longtemps le domaine d'élection de Maag. En 1959, il débute au Covent Garden de Londres (La Flûte enchantée) et au festival de Glyndebourne (Les Noces de Figaro). En 1961, il dirige à la Piccola Scala de Milan un Così fan tutte qui rassemble Lisa Della Casa (Fiordiligi), Teresa Berganza (Dorabella), Graziella Sciutti (Despina), Rolando Panerai (Guglielmo), Luigi Alva (Ferrando) et Franco Calabrese (Don Alfonso) ; à la Scala, il dirigera Manon de Massenet en 1969 et 1970 (avec Mirella Freni dans le rôle-titre et Luciano Pavarotti dans le rôle du chevalier des Grieux), Lucia di Lammermoor de Donizetti en 1983 (avec Pavarotti dans le rôle d’Edgardo). Les grandes scènes lyriques américaines font appel à lui : le Lyric Opera de Chicago dès 1961 (Così fan tutte), le [...]

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Pierre BRETON, « MAAG PETER - (1919-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-maag/