PERSONNALISME

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De Max Scheler à Gabriel Marcel

Influencé par Nietzsche, Dilthey, Bergson et surtout Husserl, Max Scheler (1873-1928) appliqua les méthodes de la phénoménologie aux domaines de la valeur et du sentiment : repentir, pudeur, ressentiment, sympathie... Soucieux d'une anthropologie exhaustive, il a tôt reconnu la valeur non seulement des personnes singulières, mais aussi de ces personnes communes (Gesamtpersonen) que sont la nation, la totalité culturelle, etc. L'homme, en la vie psychique de qui s'étagent différents niveaux interdépendants, végétatif, instinctif, associatif, pragmatique, est aussi esprit. La personne est « la substance unitaire de tous les actes qu'un être effectue ». Ce centre d'activité libre ne subsiste que dans l'accomplissement des actes intentionnels, c'est-à-dire se référant aux valeurs. Elle est « l'image de valeur que l'amour divin [...] trace devant moi et offre à mon regard pour m'attirer vers elle » (Der Formalismus in der Ethik, VI).

Philosophe et dramaturge, Gabriel Marcel (1889-1973) part de l'expérience unique qu'a chaque conscience : celle de l'existence, inépuisable et donc inexprimable. Qui s'y saisit engagé la voit irréductible au concept : mystérieuse, elle s'oppose au problématique. Gabriel Marcel récuse la démarche cartésienne : puisque les autres n'y seront jamais que ma pensée des autres, elle condamne le sujet à l'insularité. En traitant l'autre comme un lui, et donc comme un absent, je manque à la fois son existence concrète et la mienne propre, qui lui est relative. L'homme ne se pose comme personne que dans le dialogue entre deux toi. Chez ce chrétien converti, l'amour entre personnes s'enracine dans la relation privilégiée unissant chaque centre personnel au Toi [...]

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Pour citer l’article

Lucien JERPHAGNON, « PERSONNALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/personnalisme/