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Persépolis

Persépolis

Avant l'unification de l'Iran par les Perses, le pays d'Élam était la seule entité historique des hautes terres qui dominent les plaines de Mésopotamie, de Turkménie et de l'Indus. Situé sur le flanc sud-ouest de ce vaste ensemble montagnard, l'Élam, ou « pays haut », était fondamentalement double. Il englobait la plaine susienne, prolongement de la Mésopotamie, et les vallées du rebord occidental du plateau dont la principale correspond au Fars actuel, appelé à devenir la terre d'élection des Perses. Cette dualité géographique était aussi ethnique et culturelle, car les gens de la plaine étaient des sémites comme leurs voisins de Mésopotamie, alors que les montagnards de langue élamite étaient apparentés à leurs voisins de l'immense arrière-pays, pauvre quant à l'agriculture, mais riche de métaux et de minéraux. Les déplacements associés aux transhumances de ces gens largement nomades les ont de tout temps conduits dans la plaine agricole de Susiane, carrefour indispensable de leurs itinéraires lointains. C'est ce qui s'exprima par la dualité des capitales : Anshân appelée à être remplacée par Persépolis, puis par Chiraz dans le haut pays, et Suse dans la plaine où se rencontrent les deux populations complémentaires qui lui ont donné ses deux noms actuels, Khuzistan en persan et Arabistan en arabe.

— Pierre AMIET

Après avoir brûlé Persépolis, Alexandre, nous dit la tradition, conçut le projet d'une union étroite entre Hellènes et Perses ; il ne resta de lui, dans le vaste domaine iranien, que quelques villes qui portèrent son nom. De même, c'est par la fondation de colonies gréco-macédoniennes que les Séleucides tentèrent d'assurer les bases de leur pouvoir et de faciliter la diffusion de l'hellénisme (Séleucie de l'Élaios-Suse, Laodicée-Nehavend...). Aucune de ces villes n'est connue avec précision ; des ruines clairsemées, des sculptures dispersées et quelques inscriptions en langue grecque témoignent encore de cet effort.

Très vite, la domination des Séleucides fut graduellement refoulée par les Parthes, une tribu des confins du Nord, sous la conduite des Arsacides (notamment Mithridate Ier, 171-139 ou 138, et Mithridate II, 123-87). Une nouvelle géographie politique et culturelle s'élabore entre 250 et 140. Les provinces orientales, la Bactriane et la Sogdiane (actuel Afghanistan), devinrent de petits royaumes plus fortement hellénisés que l'Iran proprement dit et évoluèrent en liaison avec l'Inde, à laquelle elles se trouvèrent unies dans l'empire des Koushans. Quant à l'Iran, il forma avec la Mésopotamie (fondation de Ctésiphon) l'Empire parthe dressé face au monde gréco-romain. C'est cet antagonisme politique et aussi culturel qui domine l'histoire du Proche-Orient pendant environ trois siècles, et au-delà, quand les Sassanides auront remplacé les Parthes. À une période d'expansion et de consolidation du nouvel empire (liquidation des Séleucides, défaite romaine à Carrhes en 53 av. J.-C.) succède une période de stagnation et de décadence (assauts réitérés des Romains, émiettement interne).

Il reste toujours difficile de se faire une image précise de ce que furent la civilisation séleucide et surtout celle des Parthes en Iran même ; il n'y existe guère de fouilles de grande envergure sur un site parthe ; les documents demeurent rares et sont ordinairement mal datés. L'art parthe, dont on a tant parlé, nous apparaît le mieux à travers les découvertes faites en Mésopotamie, à Séleucide du Tigre, Assour, Hatra, Doura, Palmyre et Édesse.

L'Élam et l'Iran avant la conquête d'Alexandre

La préhistoire

Parcouru depuis des temps immémoriaux comme le reste du monde par des chasseurs-cueilleurs paléolithiques, l'Iran occidental accueillit, dans le courant du VIII[...]

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Écrit par

  • : inspecteur général honoraire des Musées de France, ancien conservateur en chef du département des Antiquités orientales du musée du Louvre
  • : membre de l'Institut

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Persépolis

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Palais de Darius I<sup>er</sup> à Suse

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Portrait funéraire

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