OCÉAN ET MERS (Vie marine)Vie pélagique

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Le necton

Le necton, sensu lato, tel qu'il a été défini précédemment, représente un ensemble relativement composite. Si ses représentants les plus typiques sont ce qu'on pourrait appeler des « nageurs permanents » en pleine eau, d'autres ne nagent qu'au voisinage immédiat du fond, ou encore partagent leur activité entre le fond et la pleine eau (en général en fonction de l'alternance des jours et des nuits, mais parfois aussi suivant les différentes étapes du cycle biologique) ; ces deux dernières catégories sont groupées sous le nom de nectobenthos, par opposition au necton vrai, représenté par les nageurs permanents.

Composition

Le necton, au sens large, comporte des espèces appartenant à cinq groupes zoologiques : crustacés, céphalopodes (calmars et poulpes nageurs), poissons, reptiles et mammifères, les céphalopodes et les poissons étant les plus importants.

Les reptiles sont représentés principalement par des tortues dont les plus connues sont la tortue caret, autrefois recherchée pour son écaille, et la tortue verte, chassée pour sa chair et surtout pour la préparation, à partir des cartilages du plastron, de la soupe à la tortue ; ces tortues des zones intertropicales ne sont en réalité que partiellement marines, puisque leur reproduction a lieu sur la partie émergée des plages. Quelques ophidiens, au venin redoutable, comme les Pelamis, se rencontrent dans les régions intertropicales de l'océan Indien et du Pacifique.

Tortue verte

Photographie : Tortue verte

Tortue verte (Chelonia mydas), espèce herbivore se nourrissant d'algues et peuplant les eaux tropicales de l'Atlantique et du Pacifique. 

Crédits : Mike Severns/ The Image Bank/ Getty Images

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Les crustacés nectoniques sont essentiellement constitués par des crevettes.

Parmi les mammifères, seuls les cétacés seront étudiés ici, les siréniens (dugongs et lamantins), les phoques, les morses et les otaries étant des animaux très côtiers et plus amphibies que réellement aquatiques, surtout les trois derniers.

Adaptations

Les animaux nectoniques présentent des adaptations qu'on peut ranger sous trois rubriques : modifications morphologiques visant à rendre la nage rapide et plus économique sur le plan énergétique, formation de bancs (ou schools) et migrations (cf. migrations animales).

Chez les crevettes nectoniques, les modifications morphologiques sont peu prononcées ; en revanche, chez les céphalopodes, les poissons et les cétacés, l'amélioration de l'hydrodynamisme est très marquée. Leur corps est fusiforme, souvent plus épais en avant (thons, rorquals) ; les nageoires, lorsqu'elles existent, sont bien développées. Chez les cétacés, les nageoires résultent d'une adaptation remarquable des membres antérieurs des autres mammifères, avec réduction du bras et de l'avant-bras et allongement extrême des doigts par multiplication des phalanges, de façon à former une puissante palette natatoire (cf. membres) ; si les membres postérieurs ont disparu, la nécessité de posséder à la fois un gouvernail et un propulseur a fait apparaître une queue rappelant celle d'un poisson, mais qui s'étale horizontalement.

La formation de bancs a surtout été étudiée chez les poissons, quoiqu'elle existe aussi chez les crevettes et les céphalopodes. Un banc est constitué par un nombre variable d'individus nageant ensemble dans la même direction. Les bancs peuvent être permanents ou non et plus ou moins bien organisés ; d'une façon générale, le degré d'organisation est souvent plus faible la nuit que le jour, plus faible également chez les jeunes individus que chez les adultes. On admet généralement que la vie en bancs correspond, pour une espèce, à une diminution du taux de mortalité dû aux prédateurs vivant à ses dépens. Elle assure peut-être aussi une fonction de régulation génétique, car les espèces qui forment constamment des bancs sont des espèces très prolifiques à large répartition géographique et se déplaçant par migrations.

Le processus migratoire (cf. migrations animales) est le plus souvent interprété comme une adaptation à l'abondance des populations (fig. 4). Si les aires de ponte d'une espèce sont, en effet, strictement limitées par les conditions ambiantes nécessaires à l'émission des produits sexuels, à la fécondation et à la survie des œufs et des jeunes fraîchement éclos, le fait qu'une espèce ait une fécondité élevée implique évidemment que les individus devront, pour disposer d'une nourriture plus abondante, se répartir sur une aire océanique beaucoup plu [...]

Hareng : migrations

Dessin : Hareng : migrations

Migrations saisonnières du hareng dans la région de Mourmansk. Ces migrations semblent liées au cycle de reproduction et à l'abondance des ressources nutritives. Il s'y superpose à certaines périodes une migration verticale journalière (d'après Manteufel et Marty). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Oikopleura et Calanus : collecte de la nourriture

Oikopleura et Calanus : collecte de la nourriture
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Copépode Metridia lucens : migrations verticales

Copépode Metridia lucens : migrations verticales
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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de la Méditerranée, Marseille
  • : membre de l'Institut de France, commandeur de la Légion d'honneur, professeur émérite de l'université de la méditerranée Aix-Marseille-II

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Pour citer l’article

Lucien LAUBIER, Jean-Marie PÉRÈS, « OCÉAN ET MERS (Vie marine) - Vie pélagique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ocean-et-mers-vie-marine-vie-pelagique/