NATURE WRITING, littérature

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Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon
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Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole

Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole
Crédits : The New York Historical Society/ Getty Images

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A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt

A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt
Crédits : Geoffrey Clements/ Corbis Historical/ VCG via Getty Images

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La prise de conscience croissante, par le grand public et par les politiques, de l’urgence de la crise climatique et écologique qui menace notre planète nourrit un intérêt croissant pour les « écrivains de la nature », soit en anglais, puisque cette tradition nous vient principalement des États-Unis, pour le genre du nature writing. Ce dernier, dont le prototype le plus connu est sans doute Walden, ou la Vie dans les bois (1854) de Henry David Thoreau, rassemble des ouvrages tournés vers l’observation de la nature, notamment mais non exclusivement la nature sauvage (wilderness), et la méditation de ses enseignements. La nature n’y figure pas seulement, comme c’est le cas dans le roman réaliste, comme le décor ou le ressort dramatique d’une intrigue centrée sur des péripéties humaines, ni, comme c’est le cas dans la tradition romantique, comme le reflet des sentiments ou des émotions – deux traditions qu’on dira centrées sur l’humain, ou anthropocentrées. Elle y apparaît comme méritant l’attention pour elle-même, car douée d’une valeur « intrinsèque » (Thoreau), d’une sensibilité, d’une capacité d’action et d’organisation (agency), d’une aptitude à se comporter en sujet qui lui sont propres, lui conférant un droit moral à exister et prospérer indépendamment des intérêts de l’homme – celui de la modernité occidentale, qui l’a généralement réduite à l’état de matière première ou de marchandise. Plutôt que de façonner une nature imaginaire à l’image des besoins de celui-ci, les nature writers vont se mettre à l’écoute de la nature pour faire place, dans le langage et le monde de l’homme, aux voix et aux voies de la nature. Cette volonté de décentrage oriente donc leur écriture vers la plus radicale des altérités.

Écologie de surface et écologie profonde

Ce faisant, les écrivains de la nature souscrivent implicitement à la distinction établie par Arne Naess, l’un d [...]

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Yves-Charles GRANDJEAT, « NATURE WRITING, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-writing-litterature/