NATURE WRITING, littérature

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon
Crédits : AKG-Images

photographie

Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole

Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole
Crédits : The New York Historical Society/ Getty Images

photographie

A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt

A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt
Crédits : Geoffrey Clements/ Corbis Historical/ VCG via Getty Images

photographie


Un mythe de l’origine

Si les écrivains de la nature sont particulièrement visibles et notables aux États-Unis, c’est que leur travail s’inscrit dans une riche tradition et dans la perspective longue des aléas d’une pensée de la nature sauvage (wilderness), dont l’historien Roderick F. Nash a montré, dans son excellente synthèse Wilderness and the American Mind (1967), qu’elle fut centrale pour la construction d’une identité nationale : « La wilderness fut le principal ingrédient de la culture américaine. La wilderness fournit aux Américains les matières premières physiques de leur civilisation. L’idée de wilderness leur permit de donner à cette civilisation son identité et son sens. »

Perçue par les Pères pèlerins (Pilgrim Fathers), premiers puritains venus d’Europe en 1620, comme un espace infernal – « étendue sauvage immense et hideuse, peuplée de bêtes et d’hommes sauvages » (William Bradford), où Satan s’ingéniait à éprouver la foi des pèlerins –, la wilderness fut d’abord un territoire à conquérir, à défricher et à cultiver, donc à détruire. Les Lettres d’un cultivateur américain (1784) de Hector Saint-John de Crèvecœur, jalon incontournable de la construction d’une identité nationale à l’aube de l’indépendance, opposent aussi la forêt sauvage, lieu de régression irrationnelle à l’anarchie primitive, à la ville et aux champs plaisamment ordonnés, témoignant des bienfaits de la civilisation. Dans la première moitié du xixe siècle pourtant, le besoin de s’affirmer contre une Europe perçue comme un vieux continent épuisé par l’urbanisation et l’industrialisation, idée confortée par l’essor de la pensée romantique, va pousser les intellectuels américains à chercher dans la wilderness la source d’une jouvence et d’une vertu physique, morale, sociale, politique propre à l’Amérique. Un sentiment qui nourrira les notions d’exception et de « destinée manifeste » américaines.

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon

Photographie

Dessinées de 1808 à 1838, les 435 planches de The Birds of America se situent dans la lignée des grandes entreprises encyclopédiques du siècle des Lumières. Elles contribuent puissamment à la constitution d'un imaginaire américain. John James Audubon, « Oiseau Anhinga-Anhinga », in The... 

Crédits : AKG-Images

Afficher

La meilleure expression de ce revirement nationaliste se trouve peut-être dans la peinture, avec l’avènement de la Hudson [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Yves-Charles GRANDJEAT, « NATURE WRITING, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-writing-litterature/