MORPHINE

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Robert Robinson

Robert Robinson
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La Morphine, S. Rusiñol

La Morphine, S. Rusiñol
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Dérivés

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Les propriétés narcotiques du pavot somnifère et de l'opium (latex desséché obtenu par incision de ses capsules) ont été reconnues dès la plus lointaine Antiquité. Mais l'isolement de leur principe actif principal, la morphine, date seulement du début du xixe siècle. Deux pharmaciens français, F. Derosne (1803) et A. Seguin (1804), ont alors étudié les constituants de l'opium, et c'est à F. W. Sertürner, pharmacien allemand, que revient le mérite (dans ses travaux publiés en 1805-1806 et 1817) d'avoir vu que la substance cristallisée isolée était un « alcali végétal » (alcaloïde), combiné dans la drogue à l'acide méconique. Ayant vérifié ses propriétés narcotiques, il lui donna le nom de morphium (de Morphée, dieu grec des Songes). L'étude physico-chimique de la morphine devait aboutir, en 1925, à l'établissement de sa formule spatiale par J. M. Gulland, R. Robinson et C. Schöpf. Sa synthèse totale, réalisée en 1952 par M. Gates et G. Tschudi, demeure d'un intérêt purement théorique : la morphine est toujours extraite de l'opium ou des capsules des variétés améliorées du pavot somnifère.

Robert Robinson

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Le chimiste britannique Robert Robinson (1886-1975). Il reçut le prix Nobel de chimie en 1947 pour sa synthèse de la pénicilline. 

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Les propriétés physiologiques de la morphine ont fait l'objet de très nombreux travaux. Analgésique remarquable, et de ce fait précieux médicament, la morphine est malheureusement aussi un stupéfiant (tableau B des substances vénéneuses) provoquant des toxicomanies.

La connaissance du mécanisme d'action et l'étude des relations structure-activité ont abouti à la découverte de nombreux analogues ou morphiniques de synthèse qui présentent encore certains inconvénients de la morphine elle-même, notamment l'accoutumance et la dépendance.

Origine

La morphine se rencontre uniquement dans les différentes variétés (album, nigrum, setigerum...) d'une plante annuelle originaire de la Méditerranée orientale, le Papaver somniferum (Papavéracées). Cette plante est pourvue d'un appareil sécréteur constitué de laticifères en réseau, présents dans tous les organes, sauf la graine, et par [...]

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Écrit par :

  • : docteur en pharmacie, ancienne assistante à la faculté de pharmacie de Paris
  • : professeur à l'université de Paris-XI, Orsay, professeur de pharmacologie à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry
  • : professeur émérite de la faculté de pharmacie de Paris, ancien directeur au laboratoire national de la santé publique, Paris, membre de l'Académie nationale de pharmacie

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Pour citer l’article

Hélène MOYSE, Michel PARIS, René Raymond PARIS, « MORPHINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/morphine/