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PICCOLI MICHEL (1925- )

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« Admirable Michel Piccoli. » Ce compliment serait plutôt banal s’il ne figurait dans une critique des Cahiers du cinéma d’avril 1958, quelques mois avant les premiers feux de la nouvelle vague, à propos d’un film « attachant » Rafles sur la ville, d’un cinéaste chevronné, Pierre Chenal. Et cette critique était signée de Jean-Luc Godard. Elle distinguait donc un jeune acteur qui n'avait pourtant rien d'un débutant. Michel Piccoli considéra plus tard que ce film (et cet éloge) fut à l'origine de sa « fulgurante » carrière cinématographique. En tout cas, il se sentira parfaitement à l'aise dans les deux courants qui se confronteront à partir de ces années 1960. D'un côté, Godard (Le Mépris, 1963 ; Passion, 1981), Chabrol (La Décade prodigieuse, 1971 ; Les Noces rouges, 1972...), Demy (Les Demoiselles de Rochefort, 1966 ; Une chambre en ville, 1982), Varda (Salut les Cubains, 1963 ; Les Créatures, 1965), Rivette (La Belle Noiseuse, 1991 ; Ne touchez pas la hache, 2007), Resnais (La guerre est finie, 1965), Doillon (La Fille prodigue, 1980), Bellocchio (Le Saut dans le vide, 1979, qui lui vaudra le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes, 1980), Bonitzer (Rien sur Robert, 1999), Moretti (Habemus Papam, 2011), entre autres, trouveront en lui un appui solide pour des expériences parfois risquées. De l'autre, il assurera la continuité avec la tradition des meilleurs acteurs des années 1930 et 1940 sous la direction de René Clément (Le Jour et l'heure, 1962), Costa-Gavras (Compartiment tueurs, 1965), Yves Boisset (L'Attentat, 1972), Michel Deville (Benjamin ou les mémoires d'un puceau, 1967 ; Le Paltoquet, 1986...), Francis Girod (Le Trio infernal, 1974), Jacques Rouffio (La Passante du Sans-Souci, 1982), Pierre Granier-Deferre (Une étrange affaire, 1981)... Il participera tout autant à des [...]


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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « PICCOLI MICHEL (1925- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-piccoli/