DURAS MARGUERITE (1914-1996)

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Marguerite Duras

Marguerite Duras
Crédits : Hulton Getty

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Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada

Hiroshima mon amour, d'A. Resnais, 1959 : E. Riva et Eiji Okada
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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« Elle écrit, Marguerite Duras, oui, M. D., elle écrit. Elle a des crayons, des stylos et elle écrit. C'est ça. C'est ça et rien d'autre. » L'écriture est la seule identité que Marguerite Duras se concède. L'écrit a pris possession de tout, du théâtre comme du cinéma. Il parcourt tout, le corps comme le plus courant de la vie. Il finit par tenir lieu de tout, de l'alcool – refuge contre l'absence de Dieu –, de l'histoire personnelle comme de celle de l'univers – « Que le monde aille à sa perte, c'est la seule politique. » Écrire ne sauve de rien, et surtout pas de la mort, et surtout pas de l'amour. Écrire est une occupation tragique plongeant au fond d'un inconnu de soi, dans cette zone indéfinissable que Marguerite Duras appelle « l'ombre interne », nourrie par la mémoire et l'oubli, proche de l'inconscient mais aussi de cet état de folie à la limite de laquelle se tient l'auteur. Elle est fascinée par la mendiante des bords du Gange – dont le chant lancinant parcourt India Song –, par Lol V. Stein – dont Le Ravissement s'exprime dans le silence ou dans le cri –, par Émily L., femme poète dont le personnage lui a été suggéré par une malade d'un asile psychiatrique.

Marguerite Duras

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Marguerite Duras (1914-1996), romancière et cinéaste française, photographiée ici en 1961. 

Crédits : Hulton Getty

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L'histoire de la vie n'existe pas : « Le roman de ma vie, de nos vies, oui ; mais pas l'histoire. » Pourtant, c'est de la vie que se nourrit entièrement l'écrit, à distance d'abord, jusqu'en 1984, jusqu'à l'aveu autobiographique que représente L'Amant. Marguerite Duras se laisse alors porter par ce qu'elle a appelé « l'écriture courante », qui suit le mouvement quotidien et poétique de l'existence. L'écriture devient alors celle de tous, et l'auteur peut parler au nom de tous. Atteignant à une notoriété populaire, nationale et internationale, rarement égalée, elle suscite des polémiques violentes par ses prises de position dans des affaires judiciaires à scandale (le meurtre du petit Grégory Villemin) et par son désir de tout dire, dans ses romans, dans ses films, dans ses pièces de théâtre ou dans des formes ordinairement considérées, avec mépris, comme de la p [...]

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Pour citer l’article

Aliette ARMEL, « DURAS MARGUERITE - (1914-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marguerite-duras/