LIGURIE

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L'école de peinture des XVIIe et XVIIIe siècles

Au début du xviie siècle, les peintres génois sont encore tributaires de l'expérience nettement maniériste du siècle précédent ; cela est si vrai que Domenico Fiasella, l'un des plus notoires artistes du xviie siècle, ne sut enrichir sa manière que de traits d'ornementation superficiels, à la suite de son voyage romain, pendant lequel il eut moins de regards pour les œuvres des Carrache et du Caravage que pour celles qui appartiennent à ce qu'il est convenu de désigner par second maniérisme. À cette époque-là, un peintre raffiné et recherché comme Antoine van Dyck ne pouvait que jouir d'une grande faveur à Gênes, où il séjourne presque sans interruption entre 1621 et 1627, devenant le portraitiste attitré de l'aristocratie. En revanche, le dynamisme pictural de la Circoncision de Rubens, installée en 1605 dans l'église du Gesù, ne fut pas compris.

Cette source fondamentale de la peinture baroque ne fut appréciée que pour ses savantes recherches d'effets chromatiques dans une matière picturale rendue brillante par ses vifs accords. Cependant, le milieu artistique génois est travaillé durant ces mêmes années par l'activité de Orazio Gentileschi, le vulgarisateur de la réforme caravagesque, par la présence du Lombard Giulio Cesare Procaccini et de nombreux peintres nordiques, tels Cornelio de Wael, Giovanni Roos, Goffredo Wals, qui furent autant de spécialistes des scènes de genre. Une des plus fécondes écoles de peinture de l'Italie de ce temps naît alors de la convergence des cultures latine et flamande. Ses plus notoires représentants sont Bernardo Strozzi, influencé par les œuvres génoises de Rubens, où il trouve le sens du coloris dense et brillant ; Giovanni Andrea de Ferrari, dont la couleur et le dessin vont à l'expression d'un sentiment chaleureux de la vie ; Gioacchino Assereto, qui compose au contraire sa vision figurative à un niveau intensément dramatique ; Sinibaldo Scorza, Antonio Travi et Anton Maria Vassalo, inspirés par la peinture de genre flamande, qui produisirent des images attachantes et bien enlevées d'animaux, de natures mortes et de paysages ; Giovanni Battista Castiglione, qui appartient à la même tradition naturaliste flamande, prend prétexte d'épisodes bibliques pour composer de sémillantes réunions de pâtres et d'animaux.

À la même époque fleurit une génération de fresquistes dont les compositions font éclater fantastiquement l'espace intérieur des palais. Les plus importants furent Valerio Castello, Giovanni Battista Gaulli et, à l'orée du xviiie siècle, Domenico Piola, Gregorio de Ferrari et Bartolomeo Guidobono, dont l'inspiration relève de l'univers de Corrège, créant un baroque tout différent du baroque romain, et donnant naissance, dans leur métier transparent et léger, à des formes picturales qui préludent à l'art français du xviiie siècle.

La tradition qu'ils ont instituée se poursuit dans la première moitié du Settecento avec Domenico Parodi et Lorenzo de Ferrari, qui donnent dans une manière de plus en plus décorative. Alessandro Magnasco (1667-1749) se détache radicalement de cette tendance ; formé dans le milieu réaliste lombard, le plus grand peintre génois du Settecento se recommande par une vision artistique toute personnelle, qu'il exprime par un jeu impromptu de touches brisées, tout en prenant pour thèmes les aspects les plus déconcertants de la vie de ses contemporains.

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Pour citer l’article

Michel ROUX, Giovanna TERMINIELLO ROTONDI, « LIGURIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ligurie/