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ROTHSCHILD LES

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Les Rothschild ont joué un rôle essentiel dans la constitution du patrimoine culturel européen au xixe siècle. En un siècle, ils ont offert en effet plus de 65 000 œuvres d'art aux musées français, ce qui donne la mesure de leur mécénat, sans parler des demeures données à l'État, ou à la collectivité, l'hôtel de la rue Berryer à Paris en 1922, la villa Ephrussi-Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat en 1934, le château de Laversine (Oise) en 1948, le château de Ferrières en Seine-et-Marne (œuvre de l'architecte Joseph Paxton), en 1975, le château de Waddesdon (architecte G.-H. Destailleur) et la demeure d'Ascott donnés au National Trust en Angleterre.

<it>Portrait d'une noble génoise</it>, A. Van Dyck - crédits :  Bridgeman Images

Portrait d'une noble génoise, A. Van Dyck

En 1990, l'exceptionnelle dation d'Edmond de Rothschild faite au musée du Louvre en paiement de droits de succession a enrichi d'œuvres majeures les collections nationales. En 1993, la famille Rothschild a fêté à Francfort le deux cent cinquantième anniversaire de son plus illustre ancêtre Meyer Amschel. En 1994, à l'occasion de la commémoration des mille deux cents ans de la ville de Francfort, le musée d'histoire juive de la ville, qui occupe une ancienne demeure de Carl Rothschild, a consacré une exposition à l'histoire et au rayonnement économique, politique, intellectuel et artistique de cette famille en Europe. La même année en Angleterre, Waddesdon Manor (Buckinghamshire), édifié pour Ferdinand de Rothschild entre 1874 et 1889, et devenu propriété du National Trust depuis 1957, rouvre ses portes au public après quatre années de restauration. La première tranche de travaux s'est achevée en 1994 ; elle a permis de terminer le gros œuvre, de réaménager les collections et de redonner au parc son dessin originel. Avec la seconde terminée en 1995, le château a été à nouveau ouvert au public qui peut visiter un musée de porcelaine de Sèvres, un musée consacré à l'histoire de la famille et voir les panneaux commandés à Léon Bakst. Peints de 1913 à 1923 pour la demeure londonienne de James de Rothschild, ils représentent, sous le thème de la Belle au bois dormant, les membres et les proches de la famille.

Permanence d'une tradition

Fascinés par toutes les formes d'art, les Rothschild ont tout collectionné (sauf peut-être les objets égyptiens) avec démesure et passion. À la fin du xviiie siècle, Meyer Amschel Rothschild (1743-1812), modeste changeur de la Judengasse, à Francfort, vend les plus belles pièces de sa collection de monnaies et de gravures anciennes à Guillaume IX de Hesse, numismate et fervent collectionneur. Il est vraisemblable que le goût pour les œuvres d'art qui se manifestera dans toutes les branches de la famille a commencé avec l'activité marginale du patriarche. Si les cinq frères (Amschel, Salomon, Nathan, Carl et James), établis comme banquiers dans cinq capitales européennes, constituent des collections de qualité, essentiellement tournées vers l'art ancien, ce seront cependant les générations suivantes qui accroîtront de façon importante les collections nationales. La caractéristique principale des Rothschild est leur cosmopolitisme : ils sont européens avant d'être allemands, anglais, italiens ou français. Ils s'installent souvent dans un pays différent de celui dont ils sont originaires. La branche autrichienne vient s'établir en France vers 1830, puis en Angleterre vers 1870. Une partie de la branche anglaise ira s'installer en France vers 1850.

Amie de peintres, peintre elle-même, grande voyageuse et collectionneuse éclectique, Charlotte de Rothschild (1825-1899), fille aînée de James (1792-1868) – chef de la branche française – légua en 1899 une grande partie de sa collection à plusieurs musées, le Louvre, les Arts décoratifs et Cluny. Elle rapporta des nombreux voyages qu'elle effectua en Italie entre 1870 et 1885 une collection de primitifs[...]

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Écrit par

  • : docteur en histoire de l'art, maître de conférence à l'université Blaise Pascal-Clermont-Ferrand

Classification

Pour citer cet article

Pauline PREVOST-MARCILHACY. ROTHSCHILD LES [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 10/02/2009

Média

<it>Portrait d'une noble génoise</it>, A. Van Dyck - crédits :  Bridgeman Images

Portrait d'une noble génoise, A. Van Dyck

Autres références

  • COLLECTIONNISME

    • Écrit par
    • 11 945 mots
    • 23 médias
    ...l'industriel anglais Francis Cook ou, une génération plus tard, les premiers grands collectionneurs américains (Henry Frick, Isabella Stewart Gardner). Les branches française puis anglaise des Rothschild se mettent à collectionner à partir de 1840 ; ils s'intéressent peu aux primitifs italiens, pour des...
  • PRESSE - Les différentes formes de presse

    • Écrit par
    • 9 344 mots
    • 4 médias
    ...spécialisé dans les télécommunications et les réseaux, propriétaire de SFR et Numericable, a succédé en 2014 comme actionnaire de référence de Libération à Édouard de Rothschild, qui lui-même avait succédé au groupe Pathé. Altice poursuit ainsi une stratégie de convergence entre les « tuyaux » (contenants)...
  • URBANISME - L'urbanisme en France au XXe siècle

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    • 3 médias
    ...l'essentiel, qu'après 1945. Dès le début du xxe siècle, les fondations philanthropiques entament le combat pour la construction de logements sains. À l'initiative de la fondation Rothschild, un concours est organisé en 1905 sur un îlot du XIIe arrondissement, rue de Prague. Deux propositions...