LEE HELTON JACKSON dit SPIKE (1957- )

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Spike Lee a sorti, dans les années 1980, le cinéma des Noirs américains du ghetto, tout en s'octroyant une place de choix dans l'industrie hollywoodienne. Il est le premier, et probablement le seul, metteur en scène afro-américain à gérer et concevoir une œuvre personnelle de grande audience, sans faire de concessions majeures au système des studios, grâce à sa maison de production, Forty Acres and a Mule Filmworks. C'est aussi un cinéaste de la modernité, à l'instar d'un Jim Jarmusch ou d'un Quentin Tarantino. Il se différencie tout à la fois des filmmakers indépendants noirs des années 1970, comme Charles Burnett ou Haile Gerima, que des promoteurs de la Blaxploitation dont les créations sont trop manichéennes. Très sensible à la pop culture (James Bond, les Beatles, les joueurs de basket, le jazz puis le rap, les cartoons), Spike Lee sait l'utiliser pour concevoir une esthétique reconnaissable dès les premiers plans : stylisation des décors et des extérieurs, génériques aux couleurs saturées, longs travellings, adresse directe au public, typage des personnages à mi-chemin de Broadway et de Brecht, artificialité revendiquée, souvent dans un but didactique, de l'intrigue et des situations.

Lorsque l'auteur de Jungle Fever (1991) fait ses premiers pas, le contexte politique est en pleine mutation, la contre-culture est loin, la lutte des classes également. Le jeune artiste se situe dans la continuité des mouvements intégrationnistes qui ont marqué la communauté noire avec des personnalités comme le pionnier des années 1920 à 1940, Oscar Micheaux, ou Martin Luther King Jr. Conscient de la pérennité du racisme, il va faire de la quête identitaire, déclinée sous divers angles, son cheval de bataille. Une veine autobiogra [...]

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Pour citer l’article

Raphaël BASSAN, « LEE HELTON JACKSON dit SPIKE (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lee-helton-jackson-dit-spike/