LANGAGE (notions de base)

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La philosophie a du mal à trouver un juste équilibre dans son rapport au langage. Soit elle oublie d’interroger sa place et néglige son importance, prenant alors la forme d’une pensée qui oublie qu’elle se dit, soit elle sombre dans l’obsession du langage, renonçant à ce qu’elle est pour laisser le champ libre à un langage qui oublie qu’il peut se penser et qu’il pense. Gilbert Hottois a ainsi intitulé L’Inflation du langage dans la philosophie contemporaine son premier ouvrage, publié en 1979. Fuyant ces deux travers, la philosophie se doit donc d’intégrer le fait que la pensée peut se dire et que le langage peut se penser.

Si l’on veut recourir à la terminologie des linguistes, on pourrait dire que le rapport entre le langage et la pensée est beaucoup plus complexe qu’un simple rapport entre un signifiant (terme qui désigne le plus souvent le mot dans sa matérialité d’« image acoustique ») et un signifié (ce à quoi renvoie ce mot). Car le langage peut se prendre lui-même pour objet, le signifiant devenant alors signifié. Ce renversement n’a rien d’accidentel, il caractérise au contraire le langage en son essence même. Une véritable unité rassemble « la paille des mots et le grain des choses », ainsi que l’exprimait G. W. Leibniz (1646-1716).


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Écrit par :

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur de khâgne

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Pour citer l’article

Philippe GRANAROLO, « LANGAGE (notions de base) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/langage-notions-de-base/