JONES ELVIN RAY dit ELVIN (1927-2004)

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La superposition de rythmes distincts mais parfaitement coordonnés constitue un des apports fondamentaux des batteurs bop. Cette polyrythmie, qui repose sur une totale indépendance des quatre membres, trouve son origine dans le jeu de quelques grands batteurs de l'ère swing (Dave Tough, Cozy Cole, Tiny Kahn...), se développe au milieu des années 1940 avec Kenny Clarke et Max Roach, et culmine dans les années 1950 et 1960 avec Art Blakey, Tony Williams et Elvin Jones. « Apparemment, son accompagnement consiste en un solo ininterrompu, buriné avec une violence incroyable. Cette „sauvagerie“ ne doit cependant pas faire illusion. Sous des dehors brutaux, cette percussion est la plus subtile que le jazz ait connue depuis Chick Webb, le maître de la batterie classique » (Alain Gerber).

Ascension

Dans l'univers du jazz, Elvin Jones a été précédé par ses deux frères : Hank (1918-2010), remarquable pianiste, et Thad (1923-1986), qui fut tout à la fois trompettiste, joueur de trombone mais aussi compositeur et arrangeur d'une grande habileté. Né à Pontiac (Michigan) le 9 septembre 1927, Elvin Ray Jones jette son dévolu sur la batterie. Sans véritable maître, il commence à jouer très jeune dans des formations de sa ville natale et de Detroit. Libéré de ses obligations militaires en 1949, il hante les clubs de Detroit, et notamment le Bluebird, où il remplace Art Mardigan au sein du quintette de Billy Mitchell. Durant l'été de 1955, il appartient au quartette de Charlie Mingus (aux côtés du saxophoniste J. R. Monterose et du vibraphoniste Teddy Charles), formation avec laquelle il fait une apparition remarquée au festival de Newport. En 1956, il s'installe à New York. Jusqu'en 1960, il va se produire avec de nombreux musiciens : Bud Powell, J. J. Johnson, Art Farmer, Kenny Burrell, Sonny Rollins, Tommy Flanagan, Paul Chambers, Mal Waldron, Steve Lacy, Donald Byrd, Tyree Glenn, Harry « Sweets » Edison, Gil Evans...

En octobre 1960, John Coltrane appelle Elvin Jones dans la formation qu'il vient de constituer pour fuir les sortilèges du magicien Miles Davis. Pendant cinq ans, ce fabuleux quartette – avec McCoy Tyner au piano et, à la contrebasse, successivement Steve Davis, Reggie Workman et Jimmy Garrison – va écrire l'une des plus aventureuses pages de l'histoire du jazz. Ce parcours est jalonné par une série d'albums phares : My Favorite Things (1960), Coltrane Plays the Blues (1960), Africa/Brass (1961), Olé Coltrane (1961), Impressions (1961), A Love Supreme (1964), Ascension (1965) ; au côté de Coltrane, il faut aussi mentionner Coltrane « Live » at the Village Vanguard (1961), Coltrane (1962), Coltrane Live at Birdland (1963), Kulu se Mama (1965), Om (1965), Meditations (1965)... Mais, en 1965, Elvin Jones quitte le groupe, ne supportant pas l'adjonction d'un second batteur voulu par Coltrane, Rashied Ali, dont le style plus impressionniste lui paraît incompatible avec le sien. L'échec d'une tentative de réconciliation au début de 1966 marque la fin d'une période qui constitue sans conteste le sommet de la carrière du musicien.

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Pierre BRETON, « JONES ELVIN RAY dit ELVIN - (1927-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jones-elvin-ray-dit-elvin/