BACH JEAN-SÉBASTIEN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La symbolique de Bach

Les symboles qui nourrissent la musique de Bach ont soulevé beaucoup de controverses. Certains voudraient ramener à l'étroite musique ce qui, précisément, tend à la dépasser et à la pousser jusqu'au chiffre sonore d'une idée, d'un phénomène ou d'un état psychique. Mais, là encore, en dépit des gloses, c'est l'œuvre qu'il faut consulter, et la présence d'une symbolique dans la musique de Bach ne peut pas être mise en doute. Pourrait l'être seulement la conscience claire que Bach en eut ; mais, quand on connaît le goût du temps pour la numérologie, les phénomènes oniriques – qui compensent singulièrement la tendance rationaliste du siècle –, le symbolisme par quoi l'on tend à des équivalences de synthèse entre toutes les manifestations naturelles ou surnaturelles – rapports des sons, des nombres et des couleurs, rapports des tonalités et des états d'âme, personnification par un graphisme musical d'un être ou d'un objet, ou d'une de leurs propriétés –, on ne peut douter que Bach, qui aimait ces « franges d'ombre », n'ait eu un goût délibéré pour ces correspondances où il allait puiser de quoi enrichir sa musique. Il ne faut pas confondre, néanmoins, symbole et description : une ondulation d'arpèges peut figurer chez Bach les vagues du Jourdain, mais le dessin prévaut sur le résultat sonore. Souvent le symbole se voit plus qu'il ne s'entend, et la conjonction entre la vue et l'ouïe ne s'accomplit que si l'on a connaissance de la chose exprimée. Aussi bien, jamais Bach, qui fit pourtant grand usage de la description (comme la plupart des musiciens de son temps et de tous les temps), ne laisse celle-ci prévaloir sur l'équilibre de la forme et l'unité du style. Son monothématisme à lui seul le démontre. La polyphonie, du simple fait de sa nature, voile le dessin symbolique qui peut y être inclus. Mais celui-ci détermine souvent son caractère. Ce chiffre symbolique se présente alors comme une sorte de germe donnant cours à toute une prolifération arborescente. Partant de là, l'interprétation doit refaire, en quelque sorte, le même parcours. Bach attac [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages



Médias de l’article

Jean-Sébastien Bach

Jean-Sébastien Bach
Crédits : Rischgitz/ Hulton Archive/ Getty Images

photographie

La famille Bach, Rosenthal

La famille Bach, Rosenthal
Crédits : Bettmann/ Getty Images

photographie





Écrit par :

  • : compositeur, inspecteur principal de la musique au ministère de la Culture, Paris

Classification


Autres références

«  BACH JEAN-SÉBASTIEN (1685-1750)  » est également traité dans :

BACH JEAN-SÉBASTIEN - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 584 mots
  •  • 25 médias

21 mars 1685 Jean-Sébastien Bach (Johann Sebastian Bach) naît à Eisenach, en Thuringe. Georg Friedrich Haendel était né un mois avant, le 23 février.9 août 1703 Bach est nommé organiste de la Neue Kirche d'Arnstadt (ancienne […] Lire la suite

MORT DE JEAN-SÉBASTIEN BACH

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 183 mots
  •  • 1 média

Le 28 juillet 1750, Jean-Sébastien Bach meurt à Leipzig. Musicien universel, il est considéré comme un point de départ auquel se référeront tous ses successeurs. Son approche de la musique, essentiellement polyphonique – sa maîtrise de la fugue n'a jamais été égalée – met un point final à l'expression […] Lire la suite

ARRANGEMENT, musique

  • Écrit par 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 4 322 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'arrangement considéré comme une adaptation »  : […] La vogue grandissante des musiques dites baroques a suscité la construction de fac-similés d' instruments anciens. Certains musiciens et une partie du public ont donc maintenant l'impression, d'ailleurs contestable, de pouvoir jouer et entendre de la musique des siècles passés dans une version originale, donc sans arrangement d'aucune sorte. Mais il arrive que les instruments pour lesquels une œuv […] Lire la suite

ATONALITÉ

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES, 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 4 385 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La dissolution du système tonal classique »  : […] Le système modal (ancien) et le système tonal (classique) sont fondés sur une véritable hiérarchie des degrés de la gamme, hiérarchie dans laquelle la note dite tonique (celle qui donne son nom au ton) joue le rôle principal. Une autre note, le cinquième degré de la gamme (par exemple, sol dans la tonalité d' ut ), dite dominante, était également très importante. L'enchaînement de l'accord const […] Lire la suite

BACH CARL PHILIPP EMANUEL (1714-1788)

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 971 mots

Le deuxième des quatre fils musiciens de Jean-Sébastien Bach, Carl Philipp Emanuel, naît à Weimar, mais n'a pas dix ans lorsque sa famille s'installe à Leipzig. Il y est externe à l'école Saint-Thomas, mais il reconnaîtra volontiers n'avoir eu comme professeur, en matière de musique, que son père . À dix-sept ans, il grave lui-même son premier menuet. Après de sérieuses études juridiques à Leipzig […] Lire la suite

BACH JOHANN CHRISTOPH FRIEDRICH (1732-1795)

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 802 mots

Neuvième enfant de Jean-Sébastien Bach et fils aîné de ses secondes noces avec Anna Magdalena, troisième des quatre fils musiciens de Jean-Sébastien, il aura, contrairement à ses frères, une carrière assez modeste et peu agitée. Il vient de s'inscrire à la faculté de droit de Leipzig, sa ville natale, lorsque l'occasion se présente d'un engagement comme musicien de chambre à la cour du comte de Sc […] Lire la suite

BACH WILHELM FRIEDEMANN (1710-1784)

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 980 mots

Deuxième enfant et l'aîné des quatre fils musiciens de Jean-Sébastien Bach, Wilhelm Friedemann naît à Weimar et commence par suivre une voie toute normale : éducation musicale auprès de son père qui le considère comme son enfant le plus doué et écrit pour lui le fameux Klavierbüchlein « commencé à Coethen le 22 janvier 1720 » ; études de droit à Leipzig à partir de 1729 ; la même année, voyage à […] Lire la suite

BANCQUART ALAIN (1934- )

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 1 735 mots

Dans le chapitre « Pères spirituels  »  : […] Le souci premier d'Alain Bancquart est la grande forme : en d'autres termes, l'expansion temporelle libérée de la contrainte de la pulsation métrique traditionnelle, grâce à des processus d'écriture fondés sur ceux des compositeurs qui ont nourri sa réflexion : Bach, Beethoven, Schubert, Bruckner, Messiaen et Stockhausen. Bach, parce qu'il a conçu la trame contrapuntique de telle manière que les r […] Lire la suite

BONPORTI FRANCESCO ANTONIO (1672 env.-1749)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 324 mots

L' Italien Francesco Antonio Bonporti compte parmi les plus importants compositeurs de musique instrumentale de la première moitié du xviii e  siècle. Ses Invenzioni da camera , courtes suites instrumentales d'une grande originalité, ont fort probablement servi de modèle à Jean-Sébastien Bach pour ses quinze Inventions pour clavier, BWV 772-786. Baptisé le 11 juin 1672 à Trente, Francesco Antonio […] Lire la suite

CANTATE

  • Écrit par 
  • PIERRE-PETIT
  •  • 1 894 mots

Dans le chapitre « La cantate sacrée »  : […] La cantate, au xviii e siècle, connaît, dans le champ de la musique sacrée, un avatar important : il s'agit de la cantate d'église du culte luthérien, celle-là même qu'illustrera avec tant de bonheur J.-S. Bach. On connaît la part prépondérante que tient, dans la liturgie luthérienne, l'assemblée des fidèles. Ces derniers ont à chanter ensemble des morceaux destinés à la méditation commune, le […] Lire la suite

CHORAL

  • Écrit par 
  • Jacques CHAILLEY
  •  • 2 554 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les harmonisations de chorals »  : […] Dès l'époque de Luther, les musiciens qui entouraient celui-ci, et principalement Johann Walther et Ludwig Senfl, commencèrent à harmoniser les cantiques, soit à une voix avec orgue, soit à quatre voix pour la maîtrise, ou encore pour « l'usage domestique », ce qui autorisait un syllabisme moins strict que pour le culte. Il en fut très vite de même pour les psaumes français qu'harmonisèrent Loys […] Lire la suite

CHROMATISME, musique

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 934 mots

En musique, le terme « chromatisme » recouvre deux acceptions. La plus simple indique l'altération d'un demi-ton – vers le grave ou vers l'aigu – d'un degré diatonique ; dans ce cas, le chromatisme implique l'adoption d'une échelle de référence, l'échelle heptatonique naturelle, dernier stade du diatonisme. C'est sur cette échelle de sept sons diatonique qu'est fondée la musique dite tonale ; c […] Lire la suite

CLAVECIN, en bref

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 748 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Styles musicaux »  : […] En plus de son rôle de soutien harmonique dans la musique d'ensemble, d'église, de chambre et de théâtre, le clavecin acquiert un répertoire propre à partir du xvi e  siècle, avec les Anglais William Byrd (vers 1540-1623) et Thomas Morley (1557 ou 1558-1602), qui cultivent plus particulièrement les suites de danse, puis, aux xvii e et xviii e  siècles, avec les Français Jacques Champion de Chambo […] Lire la suite

CLAVECIN

  • Écrit par 
  • Josiane BRAN-RICCI, 
  • Robert VEYRON-LACROIX
  •  • 4 760 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « En Allemagne : Bach »  : […] Le premier compositeur allemand qui ait écrit des œuvres significatives pour le clavecin est Samuel Scheidt (1587-1654), élève de Sweelinck. Un nom beaucoup plus important apparaît dans la génération suivante : Johan Jacob Froberger (1616-1667). Il fit des séjours dans toutes les capitales du clavecin ; à Rome, il travailla avec Frescobaldi, il connut à Paris Couperin et Chambonnières, alla à Vie […] Lire la suite

CONCERTO

  • Écrit par 
  • Ida GOTKOVSKY
  •  • 1 179 mots

Dans le chapitre « Le concerto de soliste »  : […] Le concerto de soliste est né tout naturellement du concerto grosso en réduisant le concertino à un seul instrument. Antonio Vivaldi ne fut sans doute pas le premier à écrire des concertos de soliste, mais il n'en apparaît pas moins comme le véritable fondateur. C'est avec lui que le concerto prend son architecture définitive en trois parties, avec un mouvement lent encadré par deux mouvements v […] Lire la suite

CONTREPOINT

  • Écrit par 
  • Henry BARRAUD
  •  • 4 645 mots

Dans le chapitre « Le style de Bach »  : […] Est-ce à dire que le style contrapuntique ne survivra pas à cette mutation ? Bien au contraire. Nous allons le voir refleurir à la fin du xvii e  siècle et dans la première moitié du xviii e , puis s'élever avec Jean-Sébastien Bach à une perfection qui semble lui interdire les voies de l'avenir. Mais ce n'est plus le même contrepoint. Il n'a plus le caractère aéré de l'écriture d'un Josquin des […] Lire la suite

CORELLI ARCANGELO

  • Écrit par 
  • Marc PINCHERLE
  •  • 2 917 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « En Allemagne et en Italie »  : […] Corelli a eu de nombreux disciples directs. Parmi les plus remarquables, on peut citer Francesco Gasparini, connu surtout comme l'auteur de l' Armonico pratico al cembalo , qui avait travaillé avec le maître pendant cinq ans, et qui transmit ses principes à Gaetano Pugnani et à Felice de Giardini. Figurent également parmi les disciples de Corelli : Pietro Antonio Locatelli, Pietro Castrucci, Carbo […] Lire la suite

DREYFUS HUGUETTE (1928-2016)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 714 mots

Entre les rares pionniers du xx e  siècle commençant et la foisonnante génération des interprètes contemporains, Huguette Dreyfus occupe une place essentielle dans la renaissance du clavecin en France. Partenaire à la fois des tenants d’une nouvelle approche de la musique baroque et des partisans du maintien des conceptions traditionnelles, elle impose sa personnalité avec un classicisme discret […] Lire la suite

L'ESTRO ARMONICO (A. Vivaldi)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 281 mots
  •  • 1 média

À la fin du xvii e  siècle, Arcangelo Corelli fixe la forme du concerto grosso, dans lequel un petit ensemble de solistes, le concertino , s'oppose à la masse de l'orchestre. Le concerto de soliste va naître de ce concerto grosso par réduction de l'effectif du concertino. S'il n'en est pas l'inventeur, Antonio Vivaldi en impose la forme avec L'Estro armonico , publié en 1711. Ce prestigieux recuei […] Lire la suite

Pour citer l’article

Luc-André MARCEL, « BACH JEAN-SÉBASTIEN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-sebastien-bach/