BOEHME JAKOB (1575-1624)

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Ami des « amis de Dieu »

On commence à chuchoter que maître Jakob ferait mieux de s'occuper de son atelier. Le conseil municipal intervient et, dimanche après dimanche, en présence de l'intéressé lui-même, le prédicant Richter l'accuse publiquement d'hérésie et de sorcellerie, faisant courir de surcroît le bruit que Boehme pratiquerait l'usure. Pour le sauver, il faudra l'intervention d'amis appartenant à la noblesse locale. Menacé cependant d'expulsion, Jakob se résout au silence ; pendant sept ans il n'écrira plus rien, et c'est pour lui un long « sabbat » de sécheresse ; il se sent forclos et sait pourtant qu'il n'a pas encore délivré son message. Mais Dieu se tait et c'est la période où le maître cordonnier cherche avec le plus de zèle quelque lumière chez Paracelse et chez Weigel, dont les œuvres, mélangées à de nombreux apocryphes, commencent à se répandre en Silésie. Il lit aussi Schwenckfeld, « ami de Dieu » silésien, qui, devenu luthérien en 1519, s'était écarté du réformateur huit ans plus tard pour n'obéir qu'à la parole intérieure. Sans jamais devenir le disciple d'aucun de ces maîtres, Boehme leur emprunte une partie du matériel imaginatif et conceptuel qui lui permettra de systématiser ce qui restait encore ébauché.


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Pour citer l’article

Maurice de GANDILLAC, « BOEHME JAKOB - (1575-1624) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jakob-boehme/