BOEHME JAKOB (1575-1624)

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La colère et l'amour de Dieu

Le thème essentiel est ici la dualité d'aspects que revêt, en toute chose créée, la présence ambiguë de Dieu : colère et amour. Le mal est moins attitude morale de l'homme que, d'abord, tout ce qui se présente, dans les êtres de la nature, comme dur, opaque, réfractaire à la diffusion de la lumière. Mais il n'est aucune créature qui ne recèle, en même temps, en son « centre » (ou en son « cœur »), une source ignée capable d'éclairer et de purifier. La chute de Lucifer, telle que l'enseignent les théologiens, suffit-elle à expliquer cette juxtaposition de forces adverses ? Au temps de L'Aurore, Boehme n'a pas encore assez élaboré la notion centrale de « sans-fond » pour oser situer dans une source unique la dualité angoissante que manichéens et cathares tendent à définir comme éternelle présence de deux principes adverses, tandis qu'une théodicée traditionnelle réduit le mal au moindre bien tout en condamnant le pécheur opiniâtre à des supplices sans fin.


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Pour citer l’article

Maurice de GANDILLAC, « BOEHME JAKOB - (1575-1624) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jakob-boehme/