ROSSINI GIOACCHINO

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La maturité

Elisabetta, regina d'Inghilterra (1815) est un triomphe. Rossini complète sa réforme de l'opera seria. Fêté, admiré, aimé, Rossini se rend à Rome où l'attend la composition de deux ouvrages : l'un sérieux, l'autre bouffe. Torvaldo e Dorliska (1815) y fit une carrière éphémère, et, assigné par un contrat draconien qui en dit long sur la condition du compositeur à cette époque, Rossini entreprend d'écrire Le Barbier de Séville. Treize jours lui suffisent pour qu'en un véritable accès de fièvre et de délire – en empruntant néanmoins quelques pages à des ouvrages antérieurs, notamment l'ouverture à Elisabetta, regina d'Inghilterra – naisse ce chef-d'œuvre (1816). Inspiré par Beaumarchais, Rossini le dépasse. Au faîte de son art, il maîtrise, épure, discipline son inspiration mélodique. Son chant orné se justifie : les défauts disparaissent, le style devient original. Coup sur coup, il produit quatre de ses œuvres maîtresses dans des genres différents : la comédie du Barbier, la tragédie d'Otello (1816), le conte de La Cenerentola (1817) et le mélodrame de La Gazza ladra (1817).

Quand paraît Armida (1817), œuvre à grand spectacle, célèbre par son trio pour voix de ténor, Rossini semble vouloir rajeunir son talent. Mais Mosè in Egitto (1818) subit l'influence allemande. En réaction, avec Adelaide di Borgogna, Adina o il Califfo di Bagdad, Ricciardo e Zoraide (1818), le compositeur développe les ornements du chant.

En 1820, il part pour Vienne soucieux de rencontrer Beethoven, emmenant la cantatrice Isabelle Colbrand qu'il venait d'épouser. Déçu par la situation de l'auteur de Fidelio, il retourne à Venise où il allait couronner sa carrière italienne par Semiramide (1823). Les Vénitiens, attardés, ne comprirent pas cet ouvrage étonnant, à notre goût le plus accompli de tout le théâtre rossinien, et le musicien prit définitivement la résolution de ne plus écrire une seule note pour ses compatriotes. Fidèle à cette résolution qu'il suivit de façon inexorable, il décida de quitter l'Italie.

Riche, marié, instable, Rossini, épicurien de nature, avait le désir de voya [...]

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Pour citer l’article

Jean-Louis CAUSSOU, Alain PÂRIS, « ROSSINI GIOACCHINO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gioacchino-rossini/