LE BARBIER DE SÉVILLE (G. Rossini)

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Le 20 février 1816, au Teatro Argentina de Rome, la création du Barbier de Séville, opéra bouffe (commedia) en deux actes de Gioacchino Rossini sur un livret de Cesare Sterbini d'après Beaumarchais, est un four. Et pourtant, l'œuvre passera à la postérité non seulement comme la plus populaire de son auteur, mais aussi comme l'archétype de l'opéra bouffe. Sans doute cet ouvrage de transition, qui occupe une position charnière dans l'histoire du genre, déconcerta-t-il un public qui attendait autre chose. Héritier du bel canto baroque, Rossini ne se contente pas d'en exploiter les recettes. Avec Le Barbier de Séville, nous quittons le xviiie siècle pour entrer dans le chant romantique. Les voix sont charnues et corsées, la virtuosité, immense, n'est plus ostentatoire mais canalisée – toutes les fioritures sont soigneusement écrites et non pas laissées à la discrétion de l'interprète –, l'orchestre n'est pas accompagnateur mais protagoniste. Et surtout, le réalisme social et psychologique du texte de Beaumarchais conduit Rossini à abandonner les facilités de la farce au profit d'une ironie plus amère dont il n'allait plus se départir.

Henriette Sontag

Henriette Sontag

photographie

La soprano allemande Henriette Sontag (1806-1854) dans le rôle de Rosine du Barbier de Séville de Rossini, lors d'une représentation de l'œuvre au Théâtre-Italien, à Paris. 

Crédits : AKG

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—  Christian MERLIN

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, maître de conférences à l'université de Lille-III-Charles-de-Gaulle, critique musical

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Pour citer l’article

Christian MERLIN, « LE BARBIER DE SÉVILLE (G. Rossini) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-barbier-de-seville/