GÉRONTOLOGIE

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La gérontologie est la science du vieillissement. Son objet est l'étude des modalités et des causes des modifications que l'âge imprime au fonctionnement des êtres vivants, sur tous les plans (biologique, psychologique et social) et à tous les niveaux de complexité (molécule, cellule, organe, organisme et population). Il s'agit donc là d'une approche particulière des problèmes de la vie plutôt que d'une discipline autonome : toutes les techniques des sciences biologiques et des sciences humaines peuvent et doivent contribuer aux progrès de la gérontologie. Aucun institut, ni aucun spécialiste, ne peut prétendre en dominer tous les aspects.

En pratique d'ailleurs, on distingue la gérontologie biologique (parfois qualifiée d'expérimentale), la gérontologie clinique (ou gériatrie), à laquelle on peut rattacher l'approche psychologique, et la gérontologie sociale. La première essaye d'identifier les raisons des altérations que le temps apporte aux structures vivantes ; elle mesure la baisse des performances physiologiques et psychologiques, et tente de faire la part de l'hérédité et du milieu dans les différences de vitesse de vieillissement constatées d'un individu à l'autre. La deuxième étudie les rapports entre le vieillissement physiologique et les affections intercurrentes, concentre ses efforts sur les maladies des personnes âgées et tente d'en perfectionner le traitement. L'approche psychologique prend en compte les modifications mentales ou effectives et les troubles psychiatriques propres aux personnes âgées. La gérontologie sociale s'intéresse à tous les changements que l'âge provoque dans les relations sociales de l'homme, ainsi qu'aux incidences économiques de la retraite et de l'invalidité progressive des grands vieillards.

Gérontologie biologique

Le temps exerce son effet sur tous les types d'êtres vivants. Seuls quelques Végétaux, Protistes et Invertébrés se reproduisant par voie végétative paraissent échapper, dans une certaine mesure, au vieillissement. Encore faut-il ici distinguer individus et populations. L'individu qui, par marcottage, bouturage ou scissiparité, donne naissance au cours de sa vie à d'autres individus-fils, n'en vieillit pas moins et disparaît un jour ou l'autre ; c'est alors le clone qui est potentiellement immortel. Une telle immortalité peut être toute relative : certains clones de Protozoaires ne peuvent, par exemple, se maintenir en vie au-delà d'un certain nombre de divisions, ce qui implique une sénescence progressive de la souche.

C'est cependant chez les Vertébrés que les phénomènes de vieillissement sont le plus nets et c'est aussi chez eux qu'ils ont été le mieux étudiés. D'une façon générale, on peut dire qu'ils sont d'autant plus accentués que ces Vertébrés ont une période de croissance plus limitée et une homéothermie plus parfaite.

Les Vertébrés poïkilothermes (Poissons, Amphibiens et Reptiles) connaissent, pour la plupart, une croissance qui se poursuit pendant la majeure partie de la vie des individus : plus l'animal devient vieux, plus il est gros et plus il est fécond. Par ailleurs la taille maximale et la durée potentielle de vie dépendent surtout des conditions ambiantes. Si l'on met à part le cas des petites espèces « annuelles », on peut considérer que plus la température sera élevée et les aliments abondants, plus la croissance et la maturité des Vertébrés à sang froid seront rapides et leur longévité réduite. Si les ressources alimentaires se font rares ou si le milieu se refroidit, ces animaux entrent en vie ralentie, ce qui arrête temporairement leur développement et prolonge leur durée de vie. Chez les individus les plus vieux, cependant, l'augmentation de la taille et du poids se ralentit puis cesse, et la fécondité diminue. Mais cette phase subterminale de leur cycle vital est toujours très courte.

La situation est différente chez les Vertébrés homéothermes (Oiseaux et Mammifères), dont la croissance est limitée au premier tiers, voire au premier quart de la vie. Sitôt atteinte la taille adulte, débute une lente « décroissance » morphologique et fonctionnelle qui est la plus nette manifestation de la sénescence. Cette involution a surtout été étudiée chez l'Homme, mais on l'a mise en évidence dans toutes les autres espèces de Mammifères et d'Oiseaux chez qui on l'a recherchée.

Sénescence morphologique

C'est entre dix-huit et vingt et un ans que l'organisme humain atteint sa taille adulte, un peu plus tôt chez la femme que chez l'homme. Dès la troisième décennie de la vie humaine, la masse des tissus métaboliquement les plus actifs diminue (muscles, foie, rein). Ce phénomène s'accentue par la suite. Parallèlement les dépôts graisseux augmentent, ce qui masque la diminution des tissus nobles et donne l'illusion d'une phase de stabilité (la « maturité »). Passé la cinquantaine ou la soixantaine cependant, les pertes l'emportent sur les gains, la peau s'amincit et se ride, le squelette se « tasse » progressivement et l'individu s'achemine peu à peu vers le « troisième âge », la vieillesse. La précocité et la régularité de la diminution de la « masse maigre » de l'organisme peuvent être mises en évidence in vivo par des techniques telles que la mesure du potassium total ou celle du métabolisme de base.

Sénescence physiologique

La mise au point de tests fonctionnels de vieillissement a permis de mesurer, avec beaucoup plus de précision que ne le faisaient les méthodes anatomiques, l'importance et la vitesse des processus de sénescence au niveau des principaux organes dont certains paraissent plus sensibles que d'autres aux effets de l'âge. C'est le cas, en particulier, de l'appareil locomoteur, de l'appareil respiratoire et des récepteurs sensoriels. Le maximum de la force musculaire, quel que soit le muscle envisagé, se situe entre vingt et trente ans ; il est suivi par un affaiblissement continu, s'accélérant au fur et à mesure que l'on avance en âge. La diminution de la densité osseuse est régulière de vingt à soixante-dix ans. La baisse des performances ventilatoires est aussi très accentuée : les valeurs de la capacité vitale et de la ventilation maximale par minute diminuent respectivement de 40 et de 60 p. 100 entre trente et quatre-vingt-dix ans. L'œil est un des organes les plus précocement touchés : l'amplitude d'accommodation du cristallin se réduit dès la deuxième décennie et devient pratiquement nulle à la soixantaine ; l'adaptation aux faibles éclairements décline régulièrement dès la vingtième année, tout comme le temps de récupération après éblouissement et la fréquence critique du papill [...]

Homme : fonction physiologiques et âge

Dessin : Homme : fonction physiologiques et âge

Involution de diverses fonctions physiologiques chez l'homme en fonction de l'âge. Les performances aux différentes épreuves fonctionnelles sont exprimées, pour chaque décennie, en pourcentage des valeurs normales de l'adulte jeune (100 % à 20-29 ans). 

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Écrit par :

  • : psychiatre des Hopitaux, médecin-chef du Centre médico-psychologique régional, Maison d'arret de Varc Isére)
  • : professeur à la faculté de médecine de Paris.
  • : diplômée de l'Institut de psychologie de Paris, responsable d'un centre de traitement de jour pour personnes âgées.
  • : docteur en droit, maître de recherche chef du département de démographie sociale à l'institut national d'études démographiques, conseiller scien- tifique de la fondation national gérontologie.
  • : professeur honoraire à la faculté de médecine de Paris, médecin honoraire des hôpitaux de Paris

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Pour citer l’article

Claude BALIER, François BOURLIÈRE, Martine DRUENNE-FERRY, Paul PAILLAT, Henri PÉQUIGNOT, « GÉRONTOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gerontologie/