GENRES LITTÉRAIRES

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Un acte de communication

De tout ce qui précède, il ressort que les catégories génériques relèvent pour l'essentiel de la dimension pragmatique de la littérature, c'est-à-dire de la dynamique communicationnelle des œuvres. Une œuvre littéraire n'est jamais uniquement une réalité textuelle (qu'elle soit écrite ou orale), mais aussi un acte, une interaction verbale socialement réglée entre un auteur et un public. Quel que soit le contenu ou la forme de l'œuvre que l'auteur veut communiquer à ses lecteurs ou à son auditoire, il faut aussi et d'abord qu'il réussisse à faire reconnaître son œuvre comme acte communicationnel spécifique. Ainsi tout texte littéraire s'inscrit dans un cadre pragmatique ou intentionnel dont les normes le contraignent absolument : il présuppose certains choix initiaux, par exemple celui qui instaure sa structure énonciative (qui parle ? s'agit-il d'une fiction ou d'un énoncé factuel ? quel est le contexte énonciatif pertinent ? etc.), celui qui « positionne » son destinataire (le destinataire est-il déterminé ou indéterminé, fictif ou réel ? l'auditeur ou le lecteur effectif est-il le destinataire visé par l'œuvre ? etc.), ou encore celui qui détermine la nature de l'acte communicationnel qu'il réalise (s'agit-il d'une description, d'une demande, d'une menace, d'une exhortation ? etc.). Toutes ces déterminations, qui permettent au récepteur d'identifier l'œuvre comme exemple d'un type d'acte communicationnel spécifique (ou, dans le cas d'une œuvre fictive, comme imitation ludique d'un tel type), relèvent de conventions constituantes, en ce sens qu'en leur absence il n'y a pas de communication : elles instaurent l'œuvre comme signe verbal et sont l'objet d'un choix obligatoire en amont de la réalité textuelle proprement dite. Bien entendu, ces choix peuvent donner lieu à des marqueurs syntaxiques (ainsi la question est liée en français à l'inversion syntaxique ou à l'usage de « est-ce que »), de même qu'ils peuvent prescrire certains traits sémantiques (l'épithalame qui est défini par son contexte foncti [...]


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Avant d'être une notion problématique, inscrite dans une histoire et lourde d'enjeux esthétiques, les genres littéraires sont, pour la plupart d'entre nous, une réalité éditoriale, indissociable de notre expérience concrète : ils circonscrivent des territoires (le rayon « poésie » d'une librairie ou d'une bibliothèque), définissent des spécialités […] Lire la suite

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Une première conception de l'allégorie provient de la rhétorique (Cicéron, Quintilien) : elle définit comme une « métaphore continuée » cette manière de parler qui désigne une chose par une autre (du grec allos , « autre », et agoreuein , « parler en public »). La métaphore, ou transposition, est une figure d'analogie : une comparaison implicite entre deux termes, suivant un rapport de ressemblan […] Lire la suite

FRANÇAISE LITTÉRATURE, XIXe s.

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  • Marie-Ève THÉRENTY
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Dans le chapitre « La littérature redéfinie »  : […] Le champ de la littérature se réduit au cours du xviii e  siècle. Une acception dorénavant restrictive du terme, compris comme « art de penser et de s’exprimer », est établie dès l’essai de Germaine de Staël , De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800) et ce périmètre va encore diminuer avec l’entrée dans la modernité. Mais l’affaiblissement potentiel de […] Lire la suite

ALLÉGORIE

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Dans le chapitre « L'art du XIIIe siècle »  : […] Si l'allégorie devient le mode d'expression privilégié au xiii e  siècle, c'est parce qu'elle répond à un mode de représentation en accord avec les tendances intellectualistes de l'époque. L'art symbolique de l'âge roman cède en effet la place à une esthétique plus systématique, plus lumineuse. On passe de l'ambiguïté des signes symboliques à un code stabilisé. La recherche et l'invention portent […] Lire la suite

APHORISME, genre littéraire

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
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L'aphorisme est un genre spéculaire par excellence : sa brièveté, la précision du geste vers laquelle tend l'auteur attirent son regard sur le mouvement de sa propre pensée, comme l'éclair s'insinue dans l'œil. Spéculaire, l'aphorisme l'est aussi par sa situation ambiguë qui fait « réfléchir » (au sens optique et au sens intellectuel du mot). Musil, lui-même aphoriste, cite Nietzsche : « De beaux […] Lire la suite

AUBE CHANSON D'

  • Écrit par 
  • Jean FRAPPIER
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Deux amants, dont la nuit a favorisé la rencontre, déplorent l'approche du jour, venu trop tôt à leur gré : tel est le thème de la « chanson d'aube », genre lyrique des xii e et xiii e  siècles, ou simplement « aube », d'après la transposition française du mot alba qui désigne le genre dans la poésie provençale, où il est plus richement représenté que dans celle du Nord. S'il est un thème répand […] Lire la suite

AUTOBIOGRAPHIE

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Dans le chapitre « Difficulté d'une définition »  : […] Peut-on définir l'autobiographie ? Aucun critère purement linguistique ne semble pertinent. Rien ne distingue a priori autobiographie et roman à la première personne. Le je n'a de référence actuelle qu'à l'intérieur du discours : il renvoie à l'énonciateur, que celui-ci soit fictif ou réel (attesté par l'état civil). Le je n'est d'ailleurs nullement la marque exclusive de l'autobiographie : le […] Lire la suite

AUTOFICTION

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Avec le début des années 1980, on a assisté à l'étonnante aventure d'un néologisme dont on ne sait encore s'il correspond à un nouveau genre littéraire ou à un effet spécial d'affichage, aussi séduisant que trompeur. En 1977, le mot fut inventé par Serge Doubrovsky pour qualifier son livre intitulé Fils, roman , glosé à l'intérieur du texte romanesque qui en raconte l'invention, mais aussi le jus […] Lire la suite

BALLADE

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Par son étymologie (ancien provençal ballada ), la ballade est, comme le rondeau, une des formes lyriques associées à la danse. La structure la plus typique, qui l'a fait ranger parmi les formes fixes, comporte trois strophes sur les mêmes rimes terminées par un refrain, et un envoi comptant la moitié des vers de la strophe et reprenant les rimes finales et le refrain. L'idéal recherché est la str […] Lire la suite

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La narration d'une anecdote à personnages animaux, ou parfois végétaux, agissant et parlant comme les humains et, le cas échéant, en leur compagnie, a toujours servi à illustrer des leçons de prudence ou de morale pour les hommes. Le genre, préexistant à la notion de genre, plonge ses racines à la fois dans la nuit des temps et dans l'infralittérature. Tout éternel qu'il paraisse, il présente en o […] Lire la suite

BIOGRAPHIE

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La biographie constitue une forme textuelle essentielle de l'Occident. Certes, ce genre ne jouit pas du plus haut prestige et l'histoire le regarde avec quelque suspicion. Mais, abondant depuis plus de deux millénaires, longtemps sollicité comme modèle culturel, avec Plutarque et ses Vies parallèles , et s'étendant des usages les plus triviaux aux élaborations les plus littéraires, il a valeur exe […] Lire la suite

BIOGRAPHIES D'ARTISTES

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La vie d'artiste est un genre littéraire d'une grande ancienneté, abondamment illustré depuis la Renaissance. On en fait remonter l'origine aux commentateurs de Dante qui ont élucidé et développé la mention lapidaire des noms de Cimabue et de Giotto insérée dans la Divine Comédie . C'est à Florence, en effet, qu'apparaissent chez les chroniqueurs, dès le début du xv e  siècle, les premières notice […] Lire la suite

BRUNETIÈRE FERDINAND (1849-1906)

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Historien de la littérature et critique français, Ferdinand Brunetière poursuit une brillante carrière universitaire en enseignant d'abord à l'École normale supérieure, puis à la Sorbonne à partir de 1886. Dans le même temps, il collabore à La Revue des Deux Mondes , dont il devient directeur en 1893. Il critique sans aucune complaisance ses contemporains et, en 1883, dans Le Roman naturaliste , i […] Lire la suite

BUTOR MICHEL (1926-2016)

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Dans le chapitre « À la frontière »  : […] L'intention de Michel Butor de faire de l'espace romanesque le lieu de résolution du conflit entre l'écriture poétique et la réflexion philosophique mettait déjà en cause la notion de genre, et valorisait les interactions. La critique et la fiction entretiennent des rapports plus étroits que ne le disent les histoires littéraires. La fiction réfléchit son système et donne à lire sa construction. L […] Lire la suite

CANCIONEROS

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La poésie lyrique espagnole de la fin du Moyen Âge nous a été conservée dans de nombreux chansonniers, véritables collections ou anthologies de poèmes. On y a vu à la fois une source précieuse d'information sur de nombreux poètes, un témoignage important sur toute une civilisation, le champ où s'affrontent et s'harmonisent des influences étrangères (françaises et italiennes) et la tradition pénin […] Lire la suite

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Littéralement, « complainte lyrique ». Cette forme élémentaire de chant profane monodique, sorte d'hymne en langue romane, à caractère lyrique ou épique, en se développant jusqu'au x e siècle aurait donné naissance à la chanson de geste (théorie de Gaston Paris, rejetée par Joseph Bédier, mais reprise récemment avec modifications par Jacques Chailley). L'improvisation y a tenu sans doute beaucoup […] Lire la suite

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Acte rhétorique par lequel on établit la supériorité de quelqu'un ou de quelque chose. Réelle ou imaginaire, cette supériorité est exprimée dans des termes propres à propager le sentiment d'élévation. Parmi les trois genres du discours répertoriés par Aristote, la célébration (avec le blâme) appartient au genre épidictique (ou démonstratif), codifié déjà par Gorgias de Leontium qui en détermine l […] Lire la suite

CHANSON À BOIRE

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Les manuscrits du xiii e  siècle contiennent, parmi toutes les pièces lyriques qui ne relèvent pas des grands genres courtois, un certain nombre de chansons à boire. Celles-ci sont dans une large mesure la transposition en langue vulgaire des chansons goliardiques. Elles développent cependant quelques aspects propres au lyrisme roman. Plus souvent, en effet, que le simple éloge du vin ou de la cer […] Lire la suite

CHANSON DE FEMMES

  • Écrit par 
  • Daniel POIRION
  •  • 512 mots

Les plus anciens poèmes lyriques en langue romane intégralement conservés sont les premières chansons courtoises des troubadours (début du xii e s.). Mais la poésie courtoise, expression d'une nouvelle doctrine de l'amour, subtile, agressivement aristocratique, n'a rien de populaire et n'est pas l'héritière directe de la poésie orale antérieure, sur l'existence de laquelle on possède des témoigna […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Marie SCHAEFFER, « GENRES LITTÉRAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/genres-litteraires/