GAMBIE

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Nom officielRépublique de Gambie (GM)
Chef de l'État et du gouvernementAdama Barrow (depuis le 19 janvier 2017)
CapitaleBanjul
Langue officielleanglais
Unité monétairedalasi (GMD)
Population2 286 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)10 689

L'histoire : des royaumes mandingues à la république moderne

Les royaumes locaux et la pénétration européenne

Les régions riveraines du fleuve Gambie ont été entre le xive et le xviie siècle liées à l'empire du Mali, sans que cela ait empêché la constitution d'entités politiques relativement autonomes. D'importantes migrations eurent lieu au cours de cette période, qui modifièrent la configuration humaine et politique de la région. De petits États mandingues virent le jour, comme ceux de Niumi, Baddibu, Haut-Niami, Bas-Niami et Wuli sur la rive nord ; et Kombo, Foni, Kiang, Jarra, Niamina, Eropina, Jamira, Tomani et Kantora sur la rive sud. Chacun de ces États avait à sa tête un roi (mansa) choisi par un conseil dans un lignage donné.

Les premiers contacts avec les Européens remontent au xive siècle, sous l'impulsion du Portugal. En 1455, le Vénitien Cadamosto, agissant pour le compte de Henri le Navigateur, explora l'embouchure du fleuve. Il signa un traité avec le chef du Baddibu et acquit de l'or et des esclaves. Pendant plus d'un siècle, les Portugais entretinrent des relations suivies avec la Basse-Gambie. Par la suite, les Anglais et les Français pénétrèrent à leur tour le pays, attirés par la perspective de richesses aurifères légendaires. En 1620-1621, l'Anglais Richard Jobson remonta la Gambie jusqu'au royaume de Tenda. Cependant, le premier établissement européen permanent fut fondé sur une île de l'embouchure par des citoyens de la petite principauté balte de Courlande (Lettonie) en 1651. Ils en furent chassés dix ans plus tard par des membres de la compagnie des Royal Adventures Trading in Africa qui nommèrent l'île St. James, du nom du roi anglais de l'époque. De leur côté, les Français établirent un comptoir à Albréda, sur la rive nord, en 1681. Pendant un siècle, ce fut la traite des esclaves qui constitua l'essentiel des activités commerciales européennes. En 1783, le traité de Versailles attribua la Gambie à l'Angleterre ; mais celle-ci ne s'intéressa guère à son territoire. Cependant, lorsque les Britanniques décidèrent d'abolir la traite négrière (1807), ils installèrent dans l'île de St. Mary, noyau de la future Bathurst, une base pour déjouer le trafic illégal d'esclaves.

L'administration britannique

En 1821, la Gambie devint colonie de la Couronne ; mais, jusqu'en 1843, celle-ci fut administrée par le gouverneur de Freetown en Sierra Leone. En 1857, la France céda aux Anglais le comptoir d'Albréda, contre celui de Portendick en Mauritanie. Dans la seconde moitié du xixe siècle, l'histoire de la Gambie fut traversée par un important renouveau religieux islamique qui prit les autorités traditionnelles pour cible. Ce mouvement posa de graves problèmes au pouvoir colonial. Ces conflits sont connus sous le nom de guerres Soninkés-Marabouts : le premier terme désignant les princes mandingues et le second les réformateurs musulmans. Dans le royaume de Kombo, l'action des marabouts Fode Kabba et Fode Silla fut un facteur de troubles pendant plusieurs années. Fode Silla fut vaincu en 1894. Fode Kabba, lui, se réfugia en Casamance, d'où il faisait des incursions en territoire britannique. Il fut tué en 1901.

De son côté, Alfa Molloh, disciple peul de la Tijaniyya, s'attaqua aux royaumes de Jimara et de Tomani et fonda le royaume de Fuladu. À sa mort, en 1881, sa succession fut cause de divisions entre membres de sa famille. Mais la tentative la plus sérieuse d'établir une théocratie musulmane fut celle de Ma Bâ. Celui-ci appartenait aussi à la Tijaniyya et avait pris le pouvoir au Baddibu en 1861. Rapidement, il soumit le Niumi et attaqua Kiang. Il mourut en 1867 lors d'une bataille décisive contre le royaume du Sine. Cette défaite et les querelles qui surgirent entre ses successeurs interdirent la poursuite d'un projet ambitieux qui aurait pu changer la configuration politique de la région.

Par la suite, les Britanniques divisèrent le territoire en deux parties : la région de Bathurst qui avait le statut de colonie et le reste du pays qui était un protectorat. Ce dernier comprenait quatre circonscriptions (Ouest, Centre, MacCarthy, Haute-Gambie) administrées par des district com [...]

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Gambie : carte physique

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Pour citer l’article

Christian COULON, « GAMBIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gambie/