GAMBIE

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Gambie (GM)
Chef de l'État et du gouvernementAdama Barrow (depuis le 19 janvier 2017)
CapitaleBanjul
Langue officielleanglais
Unité monétairedalasi (GMD)
Population2 785 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)10 689

Une démocratie fragile

Cette stabilité politique constitua un phénomène particulièrement remarquable dans une Afrique agitée par de fréquents coups d'État. La Gambie était l'un des rares pays africains à avoir échappé à cette spirale infernale. Elle faisait ainsi figure d'îlot de paix, dans un continent divisé par d'innombrables combats. De plus, la démocratie y semblait solidement installée, si bien que ce minuscule pays s'avérait être un exemple à l'échelle du continent à une époque où il était beaucoup question en Afrique de libéralisation politique, face à l'usure des régimes autoritaires.

Le président Jawara et ses opposants

En effet, le président Jawara et son parti, le P.P.P., tout en gardant les commandes de l'État, n'ont jamais cherché à établir un régime de parti unique, y compris à l'époque où cette formule politique était à la mode en Afrique. Sous la présidence Jawara, les élections se sont toujours déroulées en Gambie dans une atmosphère de liberté d'expression et n'ont jamais été entachées de pratiques frauduleuses marquées. L'opposition a toujours été présente au Parlement, même si le mode de scrutin (majoritaire à un tour) ne favorisait pas la représentation des minorités. Ainsi, lors des élections législatives d'avril 1992, l'opposition a obtenu, avec 45,7 p. 100 des suffrages exprimés, onze sièges : six pour le National Convention Party (N.C.P.) de Sheriff Dibba, fondé en 1976, deux pour le Gambia People's Party (G.P.P.), créé en 1986 par d'anciens responsables du P.P.P., et trois pour des candidats indépendants. Le parti gouvernemental, lui, a conquis vingt-cinq sièges. Le même jour, à l'issue de l'élection présidentielle, D. Jawara était élu avec 58,5 p. 100 des suffrages exprimés, contre 22,2 p. 100 à son principal opposant, S. Dibba.

Si l'audience du président semblait demeurer relativement stable, il n'en allait pas de même pour son parti, qui avait perdu un nombre important de voix au fil des consultations électorales (69,5 p. 100 en 1977, 63 p. 100 en 1982, 57,5 p. 100 en 1987, 54,3 p. 100 en 1992).

On vit bien cette fragilité lorsque D. Jawara annonça, quelque temps avant le scrutin de 1992, son désir de se retirer de la vie politique. Son parti fut pris de panique et, pendant quelques semaines, il connut des luttes particulièrement vives entre clans opposés, jusqu'à ce que D. Jawara se ravisât, devant les risques d'éclatement de son mouvement. C'est ainsi que le président sortant fut réélu en avril 1992 tandis que le P.P.P. s'assurait une large majorité de sièges au Parlement.

Malaise social et crises politiques

Cependant, cette vie politique, avec ses rites et ses traditions apparemment bien établis, semblait quelque peu décalée par rapport aux difficultés de la vie quotidienne des Gambiens, comme si le pays légal n'évoluait pas dans le même univers que le pays réel. D'où un état de crise latent qui, périodiquement, s'est manifesté sur le plan politique.

Ce malaise était d'abord manifeste au niveau économique et social. Après avoir connu une période relativement favorable au début des années 1970, la Gambie s'est enfoncée ensuite dans la crise. Les mauvaises récoltes d'arachide, la flambée des prix des produits de première nécessité et l'augmentation du déficit de la balance des paiements (liés aux demandes de produits d'exportation d'une population urbaine croissante et d'une bureaucratie dévorante) soulignaient la fragilité des structures économiques et financières du pays. Devant ces difficultés, le gouvernement gambien, comme bien d'autres gouvernements africains, dut adopter (en 1985), sous le contrôle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, un programme de redressement (Economic Recovery Programme), suivi en 1990 d'un programme de soutien (Programme for Sustained Recovery) destiné à compléter et à parfaire les réformes précédentes. Les remèdes proposés (libération des prix, taux de change flottant, réforme ou privatisation de nombreuses entreprises publiques, meilleur contrôle des dépenses publiques, politique fiscale plus rigoureuse), s'ils permirent le rétablissement des comptes publics et des indicateurs économiques, se traduisirent par un coût social douloureux pour les populations, favorisant ainsi l'émergence de mouvements de protestation parfois violents.

Ce contexte économique et social de crise suscit [...]

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Gambie : carte physique

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Pour citer l’article

Christian COULON, « GAMBIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gambie/