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FLEUR

La fleur n'est pas un organe morphologiquement défini. Chez les Angiospermes les moins évoluées, la fleur est évidemment, comme Goethe lui-même l'avait découvert, un rameau feuillé (système d'axes foliarisés) très contracté, dans le prolongement de dispositifs déjà réalisés chez des Végétaux vasculaires archaïques (Coniférophytes, Cycadophytes et même Cryptogames vasculaires) ; chez les Angiospermes les plus évoluées, la fleur se présente comme un organe sui generis, profondément différent, dans son ontogenèse et sa morphologie, de la tige feuillée. Les recherches sur la morphologie florale comparée des Végétaux vasculaires et fossiles, d'une part, les études de tératologie et de morphologie expérimentale (perturbations naturelles ou provoquées du développement floral), d'autre part, ont mis en évidence les procédés, exprimés sous des formes extrêmement variées, par lesquels les états floraux les moins différenciés ont évolué jusqu'aux états les plus spécialisés : des rameaux feuillés et sporangifères diffus sont devenus des systèmes floraux primitifs ; ces premières fleurs se sont condensées et associées de plus en plus étroitement jusqu'à ressusciter des systèmes ressemblant à des fleurs primitives, mais de signification morphologique très différente.

Grains de pollen - crédits : Sci-Ryt/ Shutterstock

Grains de pollen

La seule définition simple qu'il est possible de donner de la fleur est fonctionnelle  : quelles que soient son origine phylogénique et sa signification morphologique, la fleur est un système dans lequel sont produits, par réduction de moitié du nombre chromosomique, les tétraspores, puis les prothalles (gamétophytes) mâles (grains de pollen) et femelles (sous forme de « sac embryonnaire » chez les Angiospermes), et aussi un système assurant la pollinisation, c'est-à-dire le transport des grains de pollen sur les organes femelles (ovules chez les Gymnospermes ; pistils chez les Angiospermes). Cette définition fonctionnelle recouvre, surtout en ce qui concerne la pollinisation, des mécanismes extrêmement divers, mais dont on ne peut donner une explication simple et générale : au cours de l'évolution, la sélection naturelle a constamment favorisé et développé les systèmes floraux permettant ou même imposant l' allogamie, c'est-à-dire, par le transport des produits sexuels d'un individu à un autre individu, le mélange des génotypes et leur remaniement continu. De nombreuses structures florales compliquées, les différences dans les dates de maturation des éléments mâles et femelles à l'intérieur d'une même fleur, la tendance à l'unisexualité des systèmes floraux, la résistance du pollen aux intempéries (grâce à la paroi imperméable des grains de pollen), la dispersion du pollen par les animaux et par le vent sont autant de manifestations de cette convergence de mécanismes variés vers une allogamie de plus en plus efficace, avantageuse dans la lutte pour la vie parce que génératrice d'organismes toujours plus divers, plus rigoureux et mieux adaptés.

Un phénomène essentiel dans la vie de toute plante, phénomène unique précédant la mort ou, plus généralement, phénomène répété suivant un rythme continu ou discontinu, est la transformation des bourgeons végétatifs en bourgeons floraux, c'est-à-dire la floraison : le méristème végétatif, massif de cellules embryonnaires indifférenciées, dissimulé dans le bourgeon et dont la prolifération détermine la croissance de la tige feuillée, se transforme en un autre méristème, différemment conformé, qui va produire le système floral. Ce passage de l'état végétatif à l'état sexualisé est soumis à un déterminisme complexe, dans lequel interfèrent des facteurs internes, liés aux modalités spécifiques du métabolisme, et des facteurs externes (température et, surtout, durées respectives des jours et des nuits). Connaître ce déterminisme au[...]

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Pour citer cet article

Louis EMBERGER, Michel FAVRE-DUCHARTRE, Georges MANGENOT et Paul ROLLIN. FLEUR [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

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Grains de pollen - crédits : Sci-Ryt/ Shutterstock

Grains de pollen

Angiospermes (structure florale) - crédits : Encyclopædia Universalis France

Angiospermes (structure florale)

Fleurs de la passion - crédits : Schafer & Hill/ Getty Images

Fleurs de la passion

Autres références

  • ACTINOMORPHIE

    • Écrit par
    • 187 mots

    Type de symétrie florale dans lequel les pièces sont agencées symétriquement par rapport à l'axe de la fleur. Par opposition aux fleurs zygomorphes, les fleurs sont alors appelées actinomorphes ou régulières. Cette symétrie radiale existe, par exemple, chez les mauves et la pomme de terre...

  • ALLOGAMIE

    • Écrit par
    • 148 mots

    Ce terme est synonyme, pour les plantes à fleurs, de pollinisation croisée ou allopollinisation, qui se trouve assurée par blocage de l'autopollinisation, grâce à des barrières d'autostérilité d'origine génique, parfois renforcées par des dispositifs spéciaux tels que l'hétérostylie. Ainsi, chez...

  • ANGIOSPERMES

    • Écrit par et
    • 6 132 mots
    • 8 médias
    Si l’ordre d’insertion des pièces florales sur le réceptacle (de l’extérieur vers l’intérieur : calice, corolle, androcée et gynécée) est quasi immuable pour toutes les Angiospermes, à l’exception du genre Lacandonia qui présente une inversion de position entre le gynécée et l’androcée...
  • ARISTOLOCHIALES

    • Écrit par et
    • 1 479 mots
    • 2 médias
    La fleur, précédée d'une seule préfeuille, comprend un périanthe tubuleux, constitué de trois pièces soudées (les sépales et les pétales étant indifférenciés) ; l'intérieur, dans la région médiane, est tapissé de poils orientés vers la base. Au fond du tube, les étamines et le pistil sont soudés en une...
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